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RAPPORT du

Consul suisse à Philadelphie (Mr. R. Koradi, de Thurgovie), pour Tannée 1870.

(Du 24 Février 1871.)

Au haut Conseil fédéral suisse.

Tit., Ce pays n'a qu'à se louer des résultats de l'année dernière, abstraction faite de l'état de paix dont il a joui pendant que l'Europe était témoin des tristes événements de la guerre. On ne s'est pas laissé aller aux espérances exagérées qu'on avait nourries pour l'année 1869, et ou s'en est bien trouvé. Les circonstances du pays se sont améliorées, et si le Sud n'est pas encore rentré dans sa voie normale de prospérité, l'apaisement des esprits y a fait de grands progrès. Le Président et le Congrès ont réalisé le programme qu'ils avaient fait connaître ; l'économie sévère dans les dépenses, le bon choix et la surveillance dos fonctionnaires ont donné des résultats qui inspirent une confiance qui ne rognait pas au môme point dans le passé. Les finances nationales s'améliorent et l'opinion publique en est venue, devant la rapidité avec laquelle la dette diminue, à se demander s'il no serait pas temps d'alléger un peu le poids des impôts qui pèsent sur le commerce surtout. Cependant on ne peut prévoir de grandes réductions ; l'impôt seul sur le revenu, qui a été modifié au point de ne plus peser sur les classes qui ont peu de ressources et sur les classes ouvrières et qui ne forme plus guère que le 3 ou 4% du revenu de l'Etat, est vive-

897 ment attaqué et sera probablement supprimé dans la prochaine session du Congrès ou dans la suivante. Cet impôt n'est pas populaire, parce qu'il exige une organisation assez compliquée de fonctionnaires et parce que son caractère inquisitorial répugne aux Américains. La valeur de notre papier-monnaie a suivi l'amélioration de nos finances et s'est élevée de 19 5/8 de perte à 11 seulement à la fin de l'année. Il n'y a eu que quelques oscillations dans cette marche progressive causées par le contre-coup de la guerre franco-allemande et les manoeuvres de la spéculation.

La position de notre detto nationale est maintenant assurée.

Les difficultés de prépondérance entre le Président et les Chambres des représentants et du Sénat, qui avaient un moment menacé do prendre un caractère fâcheux, se sont heureusement apaisées. La fermeté avec laquelle le Président sait résister à la pression des partis et taire sentir son influence là où la grandeur et le bien du pays le demandent, lui attire la reconnaissance de la majeure partie de la population. La proposition de l'annexion de San Domingo, soutenue par le Président, combattue par l'habile homme d'Etat Sumner et qui a fini par l'emporter dans la Commission, était soulevée par des vues d'intérêt exclusivement national. Il est à prévoir que, si la Commission qui s'occupe de cette question fait un rapport favorable, on verra le reste de l'île annexioné par des moyens loyaux aux Etats-Unis, auxquels il convient comme station navale et comme étant, mieux que tout autre pays, en état de faire valoir ses richesses. Il y a lieu de se réjouir de ce que, à quelques petites exceptions près, l'antagonisme des races blanche et noire a cessé. Non-seulement les noirs ont repris les travaux chez leurs anciens maîtres à titre de travailleurs libres, mais, à la suite des lois votées par le Congrès qui les assimile aux blancs, on en voit déjà un certain nombre occuper dans le Sud des emplois publics, et il en a même été envoyés au Congrès par les électeurs^ Les Indiens sont devenus moins aggressifs depuis que le Président a confié aux Quakers la conduite des négociations avec eux ; ils ont cessé leurs attaques. A la suite des conférences auxquelles leurs chefs ont assisté à Washington, ils ont employé leur influence à faire cesser un état de guerre qui devait conduire à la destruction complète des restes de leurs tribus. Il a été fait, sur l'initiative même des chefs, une proposition de constituer uu territoire spécial pour les Indiens, dans la forme régulière des Etats fédérés, et cette proposition a fait l'objet d'un message du Président ; ou peut espérer que cette combinaison sera réalisée et quo l'on parviendra à procurer les bienfaits de la civilisation aux restes des races indigènes. La question de l'introduction des Chinois et de leur emploi est aussi- très-importante. -La crainte qu'a notre

898 population ouvrière, de les voir envahir en masso la pays, n'est pas, encore justifiée par les faits, et l'habitude qu'ont les Chinois d>; retourner dans leur pays lorsqu'ils ont amassé une petite somme, diminue leur nombre. Cependant le bon parti qu'on a tiré de leurs services dans la construction des chemins de t'er et dans d'autres travaux est de nature à l'aire tolérer leur émigration, et les lois qui ont été faites dans l'intérêt des coolies indiens contribuent a leur protection. Une autre question sociale est celle de la position des femmes au point de vue politique ut professionnel, quo la liberté des institutions du pays favorisait particulièrement ; leur admission à certains travaux et emplois publics a satisfait aux plus sérieuses prétentions de leur parti. On ost allé jusqu'à provoquer à Washington une réunion pour leur accorder le droit de suffrag« -électoral, mais il y a peu de probabilité qu'on admette cette proposition.

Les Etats-Unis, conséquents avec leurs principes, se sont abstenus de se mêler dos événements de l'année dernière. Le soulèvement dans l'île de Cuba a pris trop peu d'importance pour qutf notre Gouvernement eût à s'écarter de ce principe ; il en a été de même des opérations tentées par les Eenians. Les exportations du pays ont été favorisées par la guerre en Europe, l'abondance da notre récolte en céréales et autres produits, et surtout eu coton, les ont maintenues à peu près au chiffre ordinaire.- Comme les céréales et le coton ne sont arrivés sur nos marchés qu'à la fin de l'année, on peut s'attendre à ce que le retour des capitaux qui ont été envoyés dans l'Ouest et le Sud pour les payer, amènera une grande» activité dans les affaires. Il règne en attendant une grande activité industrielle et les projets de chemins de fer et de canaux, ainsi que tons les autres moyens de communication abondent. La diminution du l'émigration, causée par la guerre, a été favorable à nos classes ouvrières et rendra plus facile la position des emigrante qui arriveront cette année.

La proposition faite par la ville de Philadelphie de célébrer en 1876 l'anniversaire centenaire de la proclamation de l'indépendance des Etats-Unis par une fête, et une exposition industrielle universelle a été acceptée avec satisfaction par l'opinion et appuyée par le Congrès.

Situation générale et législation commerciale.

Le dernier rapport concernant l'instruction publique dans l'Etat de Pensylvanie indique l'existence de 14,212 écoles, 17,612 insti-

899 tuteurs et 828,891 élèves, dont 555,941, soit 6 8 % , sont présents on moyenne. Les dépenses se sont élevées à $ 7,771,761. Les bâtiments et matériel valent $ 15,837,183 ; enfin il est payé mensuellement $ 40. 66 cents en moyenne aux instituteurs et $ 32.

39 cents aux institutrices. Pour la ville de Philadelphie, ces Chiffren sont 380 écoles, 1515 instituteurs, 133,839 écoliers réguliers, $ 3,022,280 la valeur des bâtiments et mobiliers. On a dépensé en 1870 $ 1,297,744, et le traitement moyen des instituteurs est de $ 135. 98 cents et celui des institutrices de $ 43. 61 cents.

L'enseignement est excellent dans les écoles de Philadelphie ; en 1866, un état statistique des élèves a appris que, sur 142,51-7 enfants, 101,000 fréquentaient les écoles publiques ou privées, 21,000 travaillaient et 20,500 seulement ne fréquentaient pas les écoles et n'étaient pas occupés. Il est maintenant question à l'Assemblée des représentants à Harrisbourg de décider que les enfants de 6 à 11 ans seront tenus de fréquenter les écoles.

On discute dans ce moment à Harrisbourg sur une réforme de la Constitution de l'Etat; il est probable qu'elle sera votée. On s'occupe aussi à Washington de propositions de changements pour la Constitution fédérale.

Il a été construit à Philadelphie, en 1870, 5237 maisons et,.

en 1869, 4878; à New-York, il n'a été construit que 2189 maisons en 1870 et 2348 en 1869. Les habitants de Philadelphie sont beaucoup plus largement logés que ceux de New-York et la ville est pins étendue.

Il a été créé à Philadelphie, en Avril 1869, une Commission d'Etat pour les secours publics de bienfaisance, dont l'action s'étend à toute la Pensylvanie, et il s'est aussi constitué une association de femmes pour favoriser les conditions de la nourriture et des habitations. La maison de mendicité contient dans ce moment 3818 personnes, et la moyenne de 1870 a été de 3274. On y a joint un hôpital et une maison de fous, et ou s'occupe de la création d'une maison de correction et de travail, , dont le besoin se fait sentir depuis longtemps. Enfin on a créé, à l'imitation de l'Angleterre^ une Société de science sociale destinée à l'étude des questions de cette nature et à présenter des propositions au Congrès.

L'institution des pompiers volontaires, qui s'était longtemps maintenue et avait rendu de grands services, va être remplacée par un corps de pompiers soldés, la discorde s'étant glissée parmi eux et ayant amené des querelles sanglantes dans les derniers temps.

^ qui avait déjà une étendue de 2991 Le parc de Philadelphie, après, vient d?être agrandi de 600 acres; c'est un ornement san»

-900 rival de notre ville ; il est planté de végétaux rares et arrosé par la rivière le Schuylkill. New-York possède un parc de 843 acres que l'art a embelli de ses inventions les plus modernes, mais le parc do Philadelphie a plus de beautés naturelles.

Il est mort à Philadelphie, eu 1870, 16,750 personnes, dont 7925 adultes et 8825 enfants; 1891 morts causées par la phtisie.

Il y a eu 17,194 naissances et 6421 mariages. New-York a compté, un 1869, 24,601 morts et en 1870 27,196.

Les tarifs de la douane qui ont été modifiés en 1870 lie concernaient que les produits qui n'appartiennent pas à l'industrie du pays ou ceux qui lui sont indispensables et qui étaient taxés trop haut. On a bien voté la loi qui permet de faire transiter directement de nos ports sur les douanes de l'intérieur les marchandées qui leur sont destinées, mais elle est inexécutable et pour le moment on reste à l'ancien régime.

Sur la proposition du Ministre des finances, on a porté de 300 millions à 500 la somme de l'emprunt en obligations (Bonds) 5 % à émettre et on a proposé d'en placer la majeure partie en Europe.

.

Les concessions de nouvelles lignes de chemins de fer ne sont pas inoins nombreuses en 1870 qu'elles ne l'avaient été en 1869.

On projette une ligne au Nord pour le Pacifique, qui irait de Minesota au détroit de Puget, et une ligne au Midi de Marshall (Texas), 32 degrés de latitude à San Diego (vieille Californie). Ces ·deux lignes, devant relier entre eux de riches territoires, ont l'espoir d'un grand succès. L'une et l'antre sont appuyées par le Gouvernement, et si elles- viennent à exécution, comme on ne peut pas en douter, elles ouvriront un nouveau champ à l'activité des Américains en mettant à leur portée des pays fertiles et peu exploités.

Produits de l'agriculture et de l'industrie.

La récolte de coton de 1870 aux Etats-Unis a été très-abondante, et malgré une température défavorable à la fin de l'année, elle a été comme quantité de. 12 % et comme qualité de 18% au-dessus de celle do 1869. L'exportation a été très-importante, mais les prix n'ont pas été aussi hauts que la qualité des cotona récoltés l'eut mérité, aussi les planteurs n'ont pu se louer du résultat doleur travail. Le rapport du Département de l'agriculture indique pour là récolté de 1870' un minimum de 3,500,000 balles, il aurait pu dire 3,800,000 ; le prix était de 15 cents par U au

901

28 Décembre. Il a été amené dans les ports de l'Union, jusqu'au 10 Février 1871, 2,510,651 balles contre 1,933,844 balles l'année précédente.

Lo rapport de la Société des fabricants de coton indique qu'il existait, en Octobre 1870, 847 filatures, dont 738 dans le Nord, 109 dans le Sud, avec 7,114,000 broches qui ont employé 881,564 balles.;, en 1869, à la même date, il existait 844 filatures, avec 6,763,557 broches qui ont employé 864,254 balles. En total, l'année dernière a été favorable> et la quantité de céréales livrée à l'exportation considérable. Sans la guerre en Europe, qui a soutenu les prix, nous eussions eu les vivres à des prix bien inférieurs comparativement aux prix payés pendant la guerre de sécession. La Pensylvanie tient le premier rang pour la production du seigle, de l'avoine et du blé sarrasin et vient après New-York pour les pommes de terre ; quant au froment et au maïs, les Etats de l'Ouest ont le premier rang.

La farine s'est vendue, en Janvier 1871, $ 5. 50 le tonneau de 200 % pour la qualité moyenne et $ 6. 25 pour la qualité supérieure ; les ventes à la consommation se font encore n ß 8 à 9, la farine de seigle a valu de $ 4 à $ 5. 50.

On a exporté de la' Pensylvanie, en 1870, en pétrole, un des produits les plu? importants, 141,208,155 gallons contre 102,748,604 en 1869, représentant une valeur de $ 35,000,000, au bas prix de 14 cents pour brut, 18 '/a cents en tonneau et 26 cents raffiné.

La naphte ,a valu 10 cents par gallon. Il faut augmenter cette somme de l'importante consommation du pays. L'augmentation de la consommation serait considérable, s'il était vrai qu'on ait trouvé un moyen de l'employer sans danger au chauffage des moteurs à vapeur.

La production de houille de la Pensylvanie s'est élevée en 1870, malgré la grève des mineurs, à un total de 21 */2 millions de tonnes, avec un tiers d'augmentation sur celle de 1869, représentant une valeur de 100 .millions de dollars environ.

La Pensylvanie a produit, en 1870, en fer laminé 1,030,000 tonnes contre 872,000 en 1869, plus 256,000 tonnes de fer d'autre forme, 320,000 tonnes de rails contre 280,000 en 1869.

La production de l'argent est venue récemment s'ajouter à celle de l'or, elle a son siège surtout à Nevada.

La production manufacturière clé Philadelphie s'est élevée en 1870 à ^ 251,663,921 dans 6090 établissements, avec un capital «ngagé de $ 205,564,238 ; elle occupe 119,500 ouvriers dont le

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salaire annuel s'élève à $ 52,236,026. La matière première employée peut être évaluée à $ 132,618,873.

Il y a 10 ans, le capital engagé dans les manufactures était de $ 73,318,885, elles employaient 98,983 ouvrier, la production était de $ 135,379,177. Il faut remarquer non-seulement le développement de l'industrie depuis la guerre, mais l'augmentation do la valeur générale des produits. Il y a des fonderies de fer, constructions de machines, filatures de laine et de lin, fabriques de papier, de vêtements, de souliers, de produits chimiques et (Je verre.

Il y a eu en 1870 aux Etats-Unis 3551 faillites au passif do $ 88,242,000, en 1869 le passif avait été de 75,054,000 ; NewYork seule a eu 430 faillites, passif $ 20,573,000 ; eu 1869, 418 faillites, passif $ 21,370,000, et toute la Pensylvanie, en 1870, 418 faillites avec É 10,982,000, en 1869 306 faillites au passif de $ 7,844,000.

Total de l'importation et de l'importation.

Voici quelques chiffres qui présentent de l'intérêt pour l'année 1870 : Excédant des importations (durant 11 mois), de Janvier à fin Novembre .

.

.

.

Importation à New-York, valeur en or dont e n or, métal .

.

.

Importation en soieries .

.

Importation en soieries, déclaré en transit .

Importation en toutes espèces de tissus Importation en montres .

.

»' » fromage .

.

Total des exportations de NewYork, valeur en or .

. · .

ou valeur en papier .

.

sur lesquels le fromage figure pour .

.

.

.

.

1870.

§

1869.

15,910,116

ê 75,515,610

» 315,200,022 » 11,864,644 » 23,529,017

» 306,357,673 » 15,697,871 » 19,438,850

*

5,336,401 »

4,829,441

» 108,055,016 » 2,808,557 » 309,609

» 94,726,417 » 2,380,586 » . 281,906

» 230,085,992 » 254,137,208

» 180,734,991 » 227,335,154

% 61,000,000 U 56,000,000

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Exportation d'or métallique.

. $ 58,191,475 $ 32,013,569 Droits perçus par la douane de New-York . » 135,370,995 » 125,019,718 Exportation du coton de tous les ports balles 1,504,993 balles 1,037,914 Armes disponibles exportées en France $ 10,000,000 ·$ -- Importations à Philadelphie.

. » 15,996,265 » 16,417,255 Exportations de » . » 16,694,478 » -- Droits perçus à » .

. '» 7,831,928 » 8,369,994 Les importations de la Suisse pour notre marché se fout par New-York. Cet état de choses cessera prochainement par la création d'une ligne de bateaux à vapeur, décidée à l'assemblée des représentants à Harrisbourg et pour laquelle le capital est souscrit.

Elle est appuyée par la Compagnie des chemins de fer de la Pensylvanie et sera probablement suivie de la création d'une ligne nous reliant avec l'Allemagne.

Les exportations du pétrole de la Pensylvanie se sont faites par les ports suivants : par New-York » Philadelphie » Boston .

»

Baltimore

1870.

1869.

.

.

.

. gallons 87,667,299 gallons 65,933,690 .

» 49,414,844 » 33,445,552 .

» 1,790,271 » 2,117,939

.

.

»

1,731,321

»

1,251,493

Total de l'exportation des Etats-Unis .

.

.

» 141,208,155 » 102,748,604 Exportation de tabac par Baltimore .

.

. hogshead 32,519 hogshead 44,494 Importation à Boston .

| 48,500,802 Exportation à » » 12,092,043 La Suisse ne fait pas d'opérations directes d'importation ou d'exportation avec Philadelphie.

On peut énoncer d'une manière générale que la différence entre l'exportation et l'importation tend à s'effacer par l'augmentation de l'exportation.

Changements dans les tarifs de la donane.

Comme il l'a été dit plus -haut, les changements réalisés n'intéressent pas la Suisse. Il est probable qu'un abaissement des droits sur les produits fabriqués, que du reste on n'attend pas, n'aurait pas grande influence sur les affaires.

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Chemins de Ter et moyens de communication.

Il a été terminé aux Etats-Unis 5574 milles clé chemins de fer, qui ont coûté $ 224,916,390. L'industrie des chemins de fer est très-florissante. Le chemin du Pacifique paraît prospérer ; la ligne entre Salt-lake et San Francisco a laissé, en 1870, après déduction des frais d'exploitation, une somme nette de $ 3,860,146.

La ligne Dower et Kansas-Pacifique doit aussi, d'après les rapports des commissaires de l'Etat, donner de bons résultats. La fusion du chemin de fer South-Pacific du Missouri avec le chemin Atlantic-Pacific, qui a été décidée en Décembre, assure le succès de cette entreprise.

La Commission chargée d'étudier la communication par canal entre l'Atlantique et |le Pacifique a déclaré inexécutables tous les projets, à l'exception des lignes de Tehuantepec et Darien. La première, qui relierait le golfe de Mexico avec l'Océan pacifique, a été concédée le 13 Décembre 1870 par le Congrès mexicain. La seconde est en ce moment l'objet d'études.

Les propositions qui, de temps à, autre, sont faites au Congrès pour relever l'activité de la navigation américaine qui a beaucoup diminué à la suite de la guerre, sont restées sans résultats. La mesure prise par le Président d'autoriser les navires étrangers à so faire enregistrer comme américains a été peu mise à profit.

Une proposition présentée au Sénat par le sénateur Conkling de faire construire avec des matériaux du pays vingt bateaux à vapeur de première classe, en émettant des obligations à trente ans d'échéance, dont les intérêts seraient garantis par l'Etat, et qui feraient le service de transport des postes, des titres, des espèces, des agents diplomatiques, et seraient affranchis d'impôt, a peu de chances d'être adoptée, car elle ne serait qu'une concurrence fâcheuse à ce qui existe.

Il a péri, en 1870, 471 navires valant $ 20,000,000 ; en 1869, 396 navires valant ft 16,000,000 ; dans les 7 dernières années, il a péri 3356 navires valant $ 150,000,000.

Le Congrès est très-favorable à la création d'une nouvelle ligne de télégraphe transatlantique qui aboutirait en Belgique.

L'introduction des cartes de correspondance est recommandée par le Directeur général des postes.

905

Banques.

Il existait au 1er Janvier 1871 : En espèces métalliques au trésor des Etats-Unis . § 107,802,280 Dont déposés à, New-York » 66,684,459 Encaisse des banques à New-York .

.

. » 20,820,846 » » » Philadelphie .

.

. » 1,000,000 Nombre des banques aux Etats-Unis .

.

.

1,731 Billets en circulation .

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.

.

.

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396,096,175 Dont en petites coupures .

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.

.

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40,000,000 Les $ 304,956,849 en billets de banque en circulation sont garantis par un dépôt de $ 346,000,000 en obligations des EtatsUnis.

Les obligations des Etats-Unis qui étaient en circulation au 1er Septembre 1865 pour une somme do $ 980,000,000 se trouvaient, réduites, au 1er Janvier 1871, à $ 701,000,000.

Les caisses d'épargne de New-York, au nombre de 42, comptaient, au 31 Décembre 1870, 387,118 déposants créanciers de j 119.870,595; en 1869, $ 105.679,472. La Banque allemande américaine de New-York, simple banque d'escompte et dépôts, qui a commencé le 1er Août 1870 avec un capital versé de $ 1,000,000, donne les meilleures espérances.

Il s'est fondé une banque qui fera toutes ses opérations eu or, la Kidder National Goldbank de Boston, au capital de $ 300,000 ; il s'en crée en Californie. La banque prospère en général et les actionnaires touchent habituellement le 10 °/0 annuellement de leurs titres.

Intérêt et escompte.

L'agio sur l'or a varié de 19 6/g & 11% dans ^e courant de l'année. La proposition faite -à Harrisbourg de porter do 6 à 7 °/0 le taux do l'intérêt légal n'a pas été votée,- mais dans les transactions commerciales on tient peu de compte du taux légal. L'escompte n'a jamais été bien élevé clans le courant de l'année, parce que les emplois avantageux du capital ont fait défaut.

Fiuille fédérale »uitse. Année XX111. Voi. 111.

62

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Assurances.

Les pertes par incendies ayant eu une marche décroissante, les Compagnies ont en général fait de bonnes affaires. On peut évaluer les sinistres à 60 °/0 des primes payées, il resterait donc uu bénéfice de 40 °/0. Les incendies à New-York ont été au nombre de 964 et les pertes se sont élevées à j 2,120,212. A Philadelphie elles ont atteint $ 2,018,271. Le service contre le feu dans cette ville se compose de 84 compagnies de volontaires, 44 pompes à vapeur, 86 i bras, 112 voitures à tuyaux, 10,331 membres payants et 2553 membres actifs.

Inventions.

Les demandes de patentes ont été au nombre de 19,171 et les patentes créées au nombre de 13,321. Le bureau des patentes a perçu $ 669,454 et ses dépenses ont été de $ 557,147. Les deux inventions qui paraissent avoir le plus d'avenir sont : les locomotives pour les mines et l'appareil à brûler le pétrole pour lea chauffages industriels.

Émigration.

Il est arrivé en 1870 aux Etats-Unis 354,169 personne* émigrantes, contre 385,287 en 1869. La guerre a réduit les arrivants à New-York de 258,989 en 1869, dont 101,571 Allemands, à 211,190, dont 72,368 Allemands. Les Suisses, qui étaient au nombre de 2999 en 1869, ont été réduits à 537 en 1870. Il est arrivé à New-York, depuis 1861, 22,519 Suisses et 1,837,351 personnes d'autres nations. Philadelphie a reçu, en 1870, 1006 personnes.

Sociétés suisses.

Le nombre des Sociétés n'a pas changé en 1870. La Société du Grlitli (caisse pour secours aux malades et funérailles), fondée

907

i3D 1849, compte 244 membres suisses. Elle possède $ 2895 ; elle a payé en 1870 aux malades $ 1056, pour funérailles $ 380; elle a reçu 19 membres et en a perdu 6 par décès et 10 par exclusion.

La Société du Eütli (aussi une caisse de malades), fondée en 1858, reçoit une contribution mensuelle de ses membres de 25 cents ·et leur paie en cas de maladie $ 4 par semaine et $ 50 pour les funérailles; elle compte 66 membres, dont 37 Suisses, et possède $ 800.

La Société suisse de secours, fondée en 1860, compte 131 membres, dont les 2/s sont Suisses, et possédait à fin Décembre 1870 ft 1141 et a payé $ '551. 65 cette année' à ses membres.

La Société suisse de chant, fondée en 1864, compte 60 membres, dont 15 actifs, et possède $ 550.

Le seul journal suisse qui paraisse aux Etats-Unis, l'Helvétia, est publié dans mon arrondissement consulaire ; il .est en allemand et rédigé par Mr. Jean Schleepfer.

RAPPORTS concernant la p e s t © toovime.

(Continuation.)

lettre de la Légation suisse à Vienne, eu 22 Novembre 1871.

Le rapport qui m'a été communiqué aujourd'hui de la part du Ministère [. R. de l'Intérieur porte ce qui suit ; Dans la B;isse-Autriche, la peste bovine règne dans les localités de Poisdorf, Palterndorf, Kotzelsdorf, Oberthemenau et Unterthemenau, district, de Mistelbaeh, ainsi qu'à Untertneidling, Ftinfhaus et Gaudenzdorf, district de Sechshaus.

En Moravie sont atteintes les localités de Bilowitz, district de Göding, de Wolspitz, district de Wisch.ui, puis à Mallenowitz, Tetschowitz et Napiijedl, district de Hvadis.

En Gallicie, la contagion s'est déclarée à Sudol et à Bosulow, district de Craeovie, et à Husiatyn, diâtricfc-da mîme nom.

Les autres pays de la Monarchie austro-hongroise sont exempts de la. maladie.

%

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RAPPORT du Consul suisse à Philadelphie (Mr. R. Koradi, de Thurgovie), pour l'année 1870. (Du 24 février 1871.)

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25.11.1871

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896-907

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