361

# S T #

RAPPORT de la

Commission fédérale d'estimation pour les dommages causés par les inondations.

1868.

IIIe section (Canton des Grisons), division ».

La Section qui était chargée seule de procéder aux estimations des dommages causés dans le Canton des Grisons par les récentes inondations a laissé les communes et les cercles suivants à l'examen de la division b, appelée le 6 Novembre par le Conseil fédéral à fonctionner dans ce Canton: I. Le cercle de Misocco, comprenant la commune de Misocco.

II. Le cercle de Calanca, comprenant les communes de Santa Domenica, Cauco, Augia, Eossa.

III. Le cercle de Rheinwald, comprenant les communes de Sufers, Splügen, Medels, Nufenen, Hinterrhein.

IV. Le cercle de Schams, comprenant les communes de Donath, Mathon, Pazzen-Pardun, Kasti, Pignieu, Zillis, Andeer.

V. Le cercle d'Avers, comprenant la commune d'Avers.

VI. Le cercle de Lugnetz, comprenant les communes de Pitasch, de Peiden, de Villa, de Furth, de St. Martin, de Vais et d'Oberkastels.

Le Comité de secours de Coire a indiqué ultérieurement les communes de Vrin, dans le cercle de Lugnetz, et de Mastrils près

362

d'Untervatz, et la Commission a reçu directement les demandes des communes de Wergenstein, de Reischen dans le cercle de Schams, d'Uebernolla près de Thusis, de Grono, de Lostallo et de Roveredo dans la .vallée de Misocco.

La IIe section a, sans retard, donné connaissance au Gouvernement du haut Etat des Grisons du mandat dont elle était chargée, et l'autorité cantonale désigna pour l'accompagner dans les cercles de Misocco et de Calanca Mr. le forestier d'arrondissement Zarro, de Zoazza, et dans les cercles de Rheinwald, de Schams et de Lugnetz Mr. le juge d'instruction Capeder, de Coire. La section exprime à ces deux personnes les sentiments bien mérités de sa gratitude pour leur bienveillante intervention auprès des populations qui ont eu à souffrir du désastre.

La section avait décidé de commencer ses travaux d'estimation par la commune de Vais, qui a été fortement éprouvée ; mais dans l'intervalle (le 7 Novembre) le temps devint très-mauvais. Une neige abondante couvrit les montagnes; il neiga môme |à Coire.

Cette circonstance contraignit la section à modifier son itinéraire et à partir pour le St. Bernardin afin de procéder aux estimations dans les vallées méridionales de Misocco et de Calanca.

Elle demanda au Conseil fédéral comment elle devait s'y prendre dans les hautes vallées couvertes de neige, et le Département fédéral de l'Intérieur lui donna pour instructions d'évaluer les dommages d'après les renseignements fournis par les intéressés dans les localités où l'on ne pouvait inspecter les lieux, en faisant vérifier ces données par les autorités locales et en les comparant avec les dommages du même genre dont on avait pu faire l'estimation en d'axitres endroits. Dans un certain nombre de communes où la neige empêchait une inspection des lieux et où d'ailleurs les dégâts étaient de peu d'importance, la Commission, s'en rapportant à ces instructions complémentaires, a basé ses appréciations sur un rapport détaillé de l'autorité locale et sur la comparaison avec les renseignements obtenus dans les localités où les commissaires avaient pu procéder eux-mêmes à la vérification; mais partout où les circonstances ont permis cette vérification, la section s'en est tenue ponctuellement aux prescriptions contenues dans les instructions imprimées du Conseil fédéral.

I. Cercle de Misocco et Roveredo.

La Moesa traverse la vallée de Misocco sur une longueur de 7 lieues ; son cours n'a été régularisé que d'une manière très-défec-

363

tueuse: le plus souvent on ne rencontre pour protéger les villages que quelques digues insuffisantes ; partout ailleurs, les eaux se déversent librement dans la vallée, et près de Gabiolo, de Lostallo, de Grono, le lit de la rivière a jusqu'à 2000 pieds de largeur. La Moesa charrie peu de galets, de sorte que ses débordements occasionnent moins de dégâts que ceux des torrents qui viennent des vallées latérales et accumulent à l'endroit où ils se jettent dans la rivière des éboulis considérables dont l'effet est d'arrêter les eaux.

La chronique de Misoceo signale un grand nombre d'inondations, dont les plus importantes sont celles de 1799, de 1829, de 1834 et de 1848. Les dégâts causés par la Moesa en 1868 ont peu de gravité en comparaison des désastres considérables occasionnés par les inondations précédentes et des désastres signalés cette année dans les contrées qu'arrosent le Rhin, le Rhône, le Tessin et d'autres rivières.

Dans les quinze derniers jours de Septembre, une pluie abondante est tombée presque sans interruption; pendant la nuit du 27 cette pluie formait de véritables trombes. Après minuit on a sonné le tocsin en plusieurs endroits; bon nombre d'habitants,' réveillés en sursaut et effrayés, se sont enfuis de leurs demeures.

Tous les dommages qu'ont subis les terres, les digues et les routes de la vallée proviennent de cette nuit ; mais, fort heureusement, les pertes qu'on a constatées le matin ont été moins considérables que ne l'auraient fait supposer les terreurs de la nuit. Le 28 au matin, le niveau de l'eau baissa, mais la pluie recommençant a tomber presque sans interruption, les eaux de la Moesa et de ses affluents reprirent, le 4 Octobre, le niveau qu'elles avaient le 27 Septembre. Dès le 4 Octobre le danger cessa et depuis ce moment l'eau baissa constamment et avec beaucoup de rapidité.

Quant au moment où a commencé la pluie, à sa durée et à la succession des phénomènes atmosphériques si menaçants du 27 Septembre et du 4 Octobre, les observations des habitants du Rheinwald et de la vallée de Calanca sont conformes à celles qu'on a faites à Misoceo ; mais on peut conclure de la comparaison des dégâts causés sur les deux penchants de la montagne, que les orages, qui paraissent avoir eu leur point culminant au Rheinwaldhorn, ont sévi avec moins de force du côté de l'est. Un certain nombre de personnes pensent que si la Moesa a produit moins de ravages, cela provient des forêts qui, depuis une vingtaine d'années, ont fait des progrès dans la vallée de Misoceo. On n'a pas observé que de la grêle soit tombée à Misoceo et à Calanca dans les journées d'orage de Septembre et d'Octobre.

364

  1. Commune de Misocco. 1204 âmes, fr. 175,000 de fonds communal. La Moesa a débordé dans la nuit du 27 au 28 Septembre, a causé des dégâts à la route du St. Bernardin et au pont près de St. Bernhardino, a couvert de galets la route de cette petite localité et a détruit une partie des promenades attenant aux établissements de bains.

Le Canton fait dans cette commune une perte de fr. 1,600 la commune une perte de .

.

.

» 485 fr. 2,085 2. Commune de Soaeea.

Les digues établies par le Canton ont subi des , dommages pour .

.

.

.

.

.

.

.

. 800 3. Commune de Lostallo. 361 habitants, fr. 176,000 de fonds communal.

Les dégâts causés aux digues appartenant au Canton peuvent être évalués à .

.

.

. fr. 800 l a commune a perdu .

.

.

.

.

. 1,753 32 particuliers ont fait ensemble une perte de » 1,622 » 4,175 4. Commune de Grono. 493 habitants, fr. 7,600 de fonds communal. Grono est situé entre la Moesa et la Calancasca; il est fortement menacé par ce dernier cours d'eau. Toutes les fois que les eaux deviennent hautes les habitants de la partie inférieure du village s'enfuient; pendant la semaine du 27 Septembre au 4 Octobre ils ont vécu dans la crainte constante de voir leurs maisons entraînées par les eaux. A la suite de l'inondation de 1834, cette commune a reçu de la Société suisse d'utilité publique un subside de fr. 20,000, qui, avec les sacrifices considérables que les habitants ont dû s'imposer, a été consacrée à l'endiguement de la Calancasca. Mais au bout de peu d'années la digue en pierres s'est écroulée sur une grande longueur et les murs qui forment l'unique défense du village contre les hautes eaux ont été, en Septembre dernier, fortement endommagés par la Calancasca.

Les pertes en constructions hydrauliques et en terrain communal s'élèvent pour la commune de Grono à » 5,800 A reorter

fr.

12,860

365 Report fr. 12,860 5. Commune de Roveredo.

Sur la demande personnelle du président de la commune, la section a examiné l'état des travaux de défense contre la Moesa. Les eaux n'ont pas exercé de ravages dans cette commune. Le village est situé dans la partie convexe de la courbe que la rivière fait en cet endroit et se trouve protégé par de hautes berges construites après l'année 1834; toutefois ces berges ne s'étendent pas assez loin en amont pour qu'on puisse considérer le village comme étant absolument garanti.

Vis-à-vis de leur extrémité supérieure, la Traversagna afflue dans la Moesa, et, par de forts atterrissements, repousse de plus en plus celle-ci du côté du village et contre l'extrémité de la berge, de sorte que si, d'une part, cette dernière résiste à l'action du torrent, il est à craindre, d'autre part, que le terrain en amont ne soit peu à peu enlevé et que la rivière ne se fraie un chemin derrière la berge du côté du village.

La Commission est d'avis que le moyen le plus efficace de provenir ce danger serait d'endiguer dans le val Traversagna afin d'y retenir les galets. Ce travail aurait pour effet d'empêcher tout empiétement ultérieur du lit de la Moesa, dont le cours se trouverait régularisé en même temps par une combinaison rationnelle des pentes. Du reste, eu égard à l'état actuel du lit de la rivière, il est nécessaire de protéger la rive en amont de l'extrémité du mur existant: à cet effet, ce qu'il y aurait de préférable serait d'établir un pavage solide avec des talus en pente douce, le tout réuni convenablement au mur actuel. Nous n'avons pas inspecté d'une manière bien précise l'état de ce mur ; mais il paraît assez vraisemblable que l'abaissement du lit de la rivière a miné les fondements de ces constructions presque verticales et préparé ainsi leur chute, comme on le remarque fréquemment aux digues de cette contrée. Pour plus de sûreté il serait bon d'établir un talus pavé ou un enrochement lé long de la rivière.

Total des dommages causés dans la vallée de Misocco fr. 12,860

366

»

II. Cercle de Calanca.

Parallèlement à la vallée de Misocco et séparée d'elle par de nautes montagnes, la vallée de Calanea se développe du nord au sud depuis le glacier de Zapport ; elle est arrosée sur une longueur de 6 lieues par la fougueuse Calancasca. Cette vallée est, dans son plus grand développement, un ravin encaissé entre des montagnes aux parois abruptes, ça et là verticales, et sur à peu près 3 kilomètres de longueur seulement elle a un lit étroit d'environ 1000 pieds de largeur. Le cours rapide de la Calancasca est arrêté en cet endroit par une pente modérée; lors de la dernière inondation elle a fait invasion sur la rive et a causé quelques dégâts entre les localités d'Augio et de Cauco. Les dommages occasionnés par la rivière sont de peu d'importance ; ceux qui proviennent du fait des ravines et des glissements de terrain sont plus considérables.

Chacun des villages de cette vallée étroite est menacé d'otre atteint au moins par une ravine ; c'est à cela qu'on doit attribuer la plus grande partie des dommages portés sur les tableaux. Il serait fort à désirer pour la sécurité des villages et des terres dans la vallée de Calanca qu'on endiguât ces ravines autant que faire se peut; c'est ce que comprennent fort bien les habitants.

La population de la vallée de Oalanca est peu considérable, bien que la propriété y soit morcelée comme on ne le voit nulle part ailleurs (la section a mesuré des champs ayant une superficie de 36 pieds carrés) ; elle n'est que de 1800 âmes, formant de petites communautés de 100 à 200 personnes. La population masculine est la plus grande partie de l'année à l'étranger, où elle gagne sa vie en exerçant les professions de vitrier ambulant, de plâtrier, de colporteur ; ce sont les femmes qui s'occupent des travaux de la campagne. La vallée de Calanca possède des alpages fertiles et très-étendus, mais les prairies basses et les quelques pâturages situés sur les penchants des montagnes sont bien loin de rapporter autant; c'est évidemment à cela qu'il faut attribuer le fait que les hommes sont obligés de chercher au dehors les moyens d'entretenir leurs familles.

Les communes de la vallée de Calanca sont à peine en état de se protéger elles-mêmes contre les ravines qui les menacent ; mais la vallée possède une grande fortune en alpages et en forêts -- ces dernières sont évaluées à fr. 1,200,000 -- et l'on pourrait trouver dans ce fonds commun les ressources nécessaires pour les travaux d'endiguemeut destinés à protéger d'une manière durable les localités ainsi que les terres qui leur appartiennent.

367

6. Au moyen des fonds de la, vallée on a construit, de 1830 à 1840, une route qui relie à Grono le village de Rossa et les autres localités clé la contrée; la Calancasca et les ravines ont causé quelques dégâts à cette route lors de la récente inondation : mais ces dégâts n'ont pas paru à la section avoir assez d'importance pour devoir ótre mentionnés dans le présent rapport.

7. Commune de Eossa. 192 habitants, fr. 10,000 de biens communaux.

Les digues élevées par la commune ont subi des dégâts ponr .

.

.

.

.

. fr. 1,700 Les particuliers ont fait en digues, champs et prés une perte de .

.

.

.

. » 228 fr. 1,928 Une famille de Rossa, du nom de Brunoni, a péri dans l'inondation à Boddio, Canton du Tessin ; le père, la mère et 5 enfants y sont ensevelis. Deux enfants, l'un de 4 et l'autre de 12 ans, ont été tirés de dessous les amas de pierres et ramenés dans leur commune d'origine. Malheureusement, Mr. le capitaine Correcco, qui les a sauvés, a lui-même trouvé la mort pendant qu'il accomplissait son action héroïque. Ces enfants, dépouillés de tout, méritent d'être vivement recommandés à la commisération des confédérés.

8. .Commune d'Augia. 160 habitants, fr. 5000 de biens communaux. Les digues et les prés de la commune o n t subi d e s dégâts pour .

.

.

.

.

. 1,580 Nous n'avons pas pris en considération les pertes de fr. 10--50 qu'ont faites un grand nombre de particuliers.

9. Commune de St. Domenica. 112 habitants, fr. 1700 de biens communaux. Les digues de la commune ont subi des avaries pour .

.

.

.

. fr. 548 Les particuliers ont perdu pour digues, prés e t champs .

.

.

.

.

.

.9 6 2 » 1,510 10. Commune de Cauco. 114 habitants, fr. 5000 de biens communaux. Les digues de la commune ont subi des dommages pour .

.

.

. fr. 800 Les particuliers ont perdu en prés et en bâtiments .

.

.

.

.

.

.

. 3,442 » 4,242 Total des dommages survenus dans la vallée de Calanco, fr. 9,260 Feuille fédérale suisse. Année XXI. Vol. I.

26

368

III. Cercle de Rbeinvvald.

On donne le nom de Eheinwald à la vallèe du Ehin postérieur, longue de 4 lieues jusqu'à Sufers ; elle est à une hauteur moyenne de 5000 pieds au-dessus du niveau de la mer. Sa largeur varie de 100 à 400 mètres; elle a une pente de l'/2 pour cent seulement et elle est traversée par le Ehin postérieur dont le lit est irrégulier et qui prend sa source au glacier de Zapport, à 2 lieues environ du village de Hinterrhein. Le long de la partie supérieure du fleuve depuis Hinterrhein jusqu'à Splügen, se développe la route du St. Bernardin, qui, dans le dernier de ces villages, so réunit a celle du Splügen et suit plus bas les contours de la vallée. Des montagnes situées à droite et à gauche s'élancent dans la vallée principale un grand nombre de torrents, qui, en général, sont à sec quand il n'a pas plu abondamment, et qui, par les galets qu'ils amassent de temps à autre, forment dans la vallée des dépôts plus ou moins considérables. Grâce aux constructions les plus indispensables, élevées soit par des particuliers, soit par le Canton pour protéger la route, la plus grande partie do la vallée a été garantie contre les inondations ordinaires et rendue à la culture. Les ruisseaux latéraux ont été aussi endigués eu partie, du moins en tant qu'ils menaçaient directement les localités voisines. Par contre, il · n'avait point. été fait de travaux d'endiguement dans les parties supérieures, à l'exception d'une digue transversale sur un ruisseau près de Medels, qui a eu de très-bons effets lors des derniers événements.

Les désastres causés par les hautes eaux du 27 Septembre au 4 Octobre ont atteint, surtout dans le Eheinwald, les bords de la rivière, qui, à cause de leur peu d'élévation et du faible degré de pente, ont été presque entièrement inondés et couverts de galets et de sable. Le courant principal s'est frayé un nouveau chemin sur une étendue considérable, détruisant en grande partie sur son passage les digues qui protégeaient les routes et les propriétés particulières, et entraînant tous les ponts sur le Ehin à l'exception de ceux qu'on a construits près de Hinterrhein pour le service de la route du St. Bernardin. Il faut ajouter à ces ravages ceux qu'ont occasionnés les ravines des montagnes situées à gauche et auxquelles étaient tout particulièrement exposées les localités habitées, parce qu'elles sont placées sur la hauteuï1 tout près de ces ravines.

C'est dans la nuit du 27 au 28 Septembre que les eaux ont atteint leur 'niveau le plus élevé, en suite d'une pluie torrentielle.

On dit généralement que l'orage était accompagné de grêle, et que ce phénomène a été observé le lendemain matin, non pas dans la vallée même, mais sur les hauteurs, surtout à partir de Vais. Comme

369 nous l'avons déjà mentionné, l'orage venait du Sud-Ouest, et l'on peut conclure du fait que les dégâts sont plus considérables sur la rive gauche que sur la rive droite, qu'il s'est dirigé avec le plus ·de force dans la partie située au Nord de Hinterrhein.

Les récents événements ont causé de grands dommages dans cette contrée, qui était déjà pauvre en bonnes prairies basses, et cette catastrophe fera surtout sentir ses effets par le manque de fourrage d'hiver pour le bétail.

11. Commune de Sufers.

Les pertes que Sufers a subies proviennent en grande partie du Steilerbach, qui, en 1834, avait déjà causé de grandes dévastations, bien qu'on ne le considérât pas auparavant comme dangereux. Grâce au rétrécissement de la vallée en cet endroit, le Rhin n'y a pas occasionné des dégâts bien considérables.

Les pertes récentes sont évaluées comme suit: pour le Canton .

.

. . .

. fr. 1,000 » la commune et la corporation . » 3,100 ·»< les particuliers » 14,818 fr. 18,918 La population de Sufers est de 150 habitants.

Les biens communaux s'élèvent à fr. 223,300.

12. Commune de Splugen.

C'est le Rhin qui a causé les plus grands dégâts dans cette localité ; quant au Dorfbach, il n'a fait que détruire les anciennes digues défectueuses. Les eaux doivent avoir atteint leur niveau le plus élevé le 28 Septembre au matin, car vers 3 heures l'ancien pont de la route du Splugen construit sur le Ehin a été aux deux tiers emporté.

Le montant des pertes peut se résumer comme suit : Canton fr. 32,580 Commune .

.

.

.

.

.

. 5,500 Particuliers » 24,003 » 62,083 La commune compte 545 habitants ; elle possède un fonds communal de fr. 28,000 et une fortune imposable de fr. 855,700 pour l'ensemble- des particuliers.

A reporter fr. 81,001

370

Eeport fr. 81,001 13. Commune de Medels.

Les dommages subis par cette commune ont atteint pour la majeure partie le sol de la vallée; les ruisseaux latéraux ont causé moins de dégâts immédiats. On peut attribuer ce t'ait en partie à l'influence favorable de la digue transversale établie sur un cours d'eau qui passe près du village. La canalisation de la partie inférieure du ruisseau venant du Fuchsentobel a produit un effet opposé. Par suite de cette construction, destinée à garantir la route contre les galets charriés par le torrent, ces galets, qui n'étaient plus retenus dans les régions supérieures, ont été conduits avec beaucoup de force dans le Bhin, qui a quitté son ancien lit et a formé de nouveaux courants. La métairie Ebi a eu fort à souffrir de ce détournement de la rivière, car les eaux ont détruit non seulement le sol 'sur toute la largeur de la vallée, mais encore deux maisons avec un certain nombre d'étables. Le petit village de Medels, situé plus haut, a été lui-même menacé par des glissements de terrain, dont deux pendant la nuit du 27 au 28 Septembre et cinq dans la journée du 4 Octobre ont dévasté environ 1200 toises de prairies dans les environs.

Le total des pertes comprend : pour le Canton fr. 22,28.0 » la commune .

.

.

. » 13,800 » les particuliers .

.

Trois familles se trouvent sans abri en suite de cette catastrophe, et sept ménages ont perdu tout leur avoir.

14. Commune de Nufenen.

Les propriétés particulières dans cette commune étaient surtout exposées aux dévastations de quatre A reporter fr. 243,022

871

Report torrents, dont l'un traverse le village. Le Rhin a causé des dégâts principalement aux propriétés communales situées dans la partie basse. Déjà avant le 27 Septembre, les torrents et le *Rhin menaçaient les terrains avoisinants et, le 27 vers 9 heures du soir, on à dû s'enfuir de plusieurs maisons pour échapper aux eaux grossissantes du Dorfbach. Durant cette nuit et toute la semaine, les habitants ont été occupés à protéger les maisons contre l'envahissement des eaux; néanmoins pendant tout ce temps 15 maisons sont restées inhabitées parce qu'elles avaient été ·en partie remplies de matières charriées par le torrent. A l'exception de trois d'entr'elles, ces maisons n'ont pas subi d'autres dommages. L'un des quatre cours d'eau que nous venons de mentionner, le Braschbacb, a causé des dégâts aux terrains plutôt qu'aux bâtiments. Toutes les digues sont ou détruites ou fortement endommagées, et il ne reste plus trace des ponts sur le Ehin non plus que des travaux d'endiguement sur ce fleuve. Nous devons signaler le fait assez intéressant que la culée d'un pont a été transportée intacte par le Rhin jusqu'à Thusis. En outre des dégâts causés par les cours d'eau principaux et par les torrents latéraux, des glissements de terrain ont occasionné des dommages considérables aux prairies élevées.

Les pertes se répartissent comme suit: Canton fr. 12,650 Commune et corporation .

.

. » 53,200 Particuliers » 104,254

fr. 243,022

»

170,104

Malgré l'importance de ces pertes aucune famille n'a été entièrement ruinée.

La population de Nufenen est de 320 personnes possédant ensemble un capital imposable de fr. 409,000.

Les biens communaux ont une valeur de fr. 17,000.

Cette commune a déjà beaucoup souffert des inondations précédentes, particulièrement de celle de 1834. Le subside qu'elle a reçu à cette époque de la Société suisse d'utilité publique a été employé à des A reporter

fr. 413,126

372

Beport fr. 413,126 constructions défensives dontre le Ehin et les torrents; mais ces constructions n'ont pu résister aux hautes eaux de cette année. Si l'on n'endigue pas d'une manière convenable les torrents dans le% parties supérieures des combes, afin d'y retenir les galets, on ne pourra protéger suffisamment la contrée par de simples berges dans la partie basse.

On peut conclure de la réduction de moitié qu'a subie la population de Nufenen depuis 50 à 60 ans, que cette commune se trouvait précédemment dans une position plus favorable.

15. Commune de Hinterrhein.

Le territoire de Hinterrhein comprend la partie supérieure de la vallée de Rheinwald jusqu'à son extrémité au pied du Rheinwaldhorn. Le terrain de la vallée est occupé en partie par des alpages et en partie par des prairies fertiles. En outre des dommages causés par le séjour des eaux dans le fond de la vallée, le Repierbach, en particulier, qui coule près du village, et plusieurs éboulements, ont occasionné 'des dégâts sur les penchants élevés des montagnes.

Avant le 27 Septembre on ne croyait pas être menacé d'une inondation à Hiuterrhein, bien qu'une pluie abondante fût tombée pendant quinze jours.

Mais dans la nuit du 27 Septembre les habitants furent réveillés en sursaut. Le ruisseau qui passe près du village renversa les digues, déborda et menaça les maisons les plus rapprochées, qui durent être abandonnées, mais purent néanmoins être préservées de plus grands désastres. Le Rhin emporta les digues et les ponceaux et menaça de son côté plusieurs bâtiments en envahissant le terrain qui s'élève du côté du village. Jusqu'à la journée du 4 Octobre, à partir de laquelle les eaux diminuèrent après qu'il fut tombé de la grêle ou de la neige, le niveau resta très-élevé ; il n'atteignit plus néanmoins la hauteur maximum qu'il avait dans la nuit du 27 au 28 Septembre. La commune a eu beaucoup à souffrir de précédentes inondations, en particulier de celle de 1834; mais les dégâts n'avaient jamais été aussi A reporter

·

fr.

413,126

373

considérables qu'ils l'ont été cette année. Il sulté des estimations les pertes suivantes: pour le Canton .

.

.

.

. fr.

» la commune et la corporation . » » les particuliers .

.

.

»

Eeport fr.

est ré-

413,126

15,000 19,050 27,940 »

La population est d'environ 170 habitants; la fortuné communale imposable s'élève, à fr. 18,200, et les particuliers possèdent ensemble une fortune imposable de fr. 392,000.

Dans la partie où la vallée se resserre au-dessous du village, la route cantonale a été détruite par le Ehin sur une longueur de 530 mètres et elle a été en outre endommagée par le Dorfbach, qui a emporté le pont. La perte subie par les particuliers se répartit sur un grand nombre de familles; deux d'entr'elles seulement, qui étaient déjà auparavant dans une position peu aisée, peuvent être considérées comme ayant été ruinées par cette catastrophe. Afin de garantir le village pour l'avenir, il est absolument indispensable d'endiguer le Dorfbach et d'entreprendre de meilleurs travaux défensifs contre les eaux du Ehin.

Total des dommages dans le cercle de Eheinwald

61,990

fr. 475,116

IV. Cercle de Schanis.

La vallée de Schams peut profiter d'un territoire moins restreint que la précédente, parce q\ie la pente y étant plus forte que dans le Eheinwald, les côtés latéraux sont déjà plus élevés dès les bords du fleuve, de sorte qu'on peut s'y établir en sécurité.

Aussi les dévastations y ont-elles en · partie un autre caractère.

Les propriétés situées tout-à-fait au bord du Ehin ont aussi souffert, il est vrai; mais les dommages les plus importants ont été causés plutôt par des ravines et plus encore par des glissements de terrain qu'on a remarqués tout à coup, le matin du 28 Septembre, sur un grand nombre de penchants de montagnes, comme cela a eu lieu à Avers. Cette dernière vallée, très-élevée et habitée, n'a pas d'autre ressource que l'élève du bétail, qui, favorisée par les alpages descendant jusque tout près des habitations, procurait aux habitants une certaine aisance relative, bien qu'un hiver

374

de 8 mois et le manque de bois rendent leur existence assez misérable. Dans les villages plus élevés du côté gauche de la vallée de Schams, les éboulements ont aussi causé de grands dommages aux pâturages alpins. Le sol fertile qui forme la couche supérieure, détaché par des pluies abondantes tombant sans interruption, s'est séparé du sous-sol, et, mêlé de matériaux stériles, a couvert la partie basse, tandis que les torrents creusaient des ravins et que des masses d'eau exerçaient leurs ravages et jetaient l'effroi dans les hameaux.

16. Commune de Donath.

La commune, de Donath a été dévastée dans la nuit du 27 au 28 Septembre et dans les jours suivants jusqu'au 4 Octobre par un ruisseau qui passe devant Mathon et se jette dans le Ehin en avant du village de Donath. Vers minuit l'eau se répandit autour du village en deux bras, de sorte que la fuite était devenue impossible. Les maisons étaient elles-mêmes séparées les unes des autres par des torrents impétueux, et chacun des habitants avait à protéger sa propre maison. Des habitations ont été remplies de décombres de plusieurs* pieds de hauteur. Ce n'est que vers le matin du 28 que les voisins purent établir entr'eux des communications à travers les rues couvertes d'eau. Dans les jours suivants et jusqu'au 4 Octobre on réussit à opposer des digues à l'envahissement du village par les eaux. Le ruisseau du Valtschiel, qui coule au sud du village, a causé aussi des dommages.

Les pertes se répartissent comme suit: Commune ^ .

. fr.

690 Particuliers » 29,188 fr. 29,878 Cette commune a 175 âmes de population et une fortune communale de- fr. 8.100. Le capital imposable des particuliers s'élève à fr. 208,900.

17. Commune de Matiion.

Cette localité, située à 5,000 pieds de hauteur, avait été jusqu'ici épargnée par les inondations. Le 27 Septembre, vers minuit, elle a été surprise par les eaux du ruisseau qui coule au nord du village.

Une nouvelle inondation dans de moindres proportions a eu lieu le 4 Octobre. Toutes les familles ont subi des dommages plus ou moins considérables, soit A reporter

fr.

29,87&

375

Eeport dans leurs champs et leurs prés, soit dans leurs demeures et leurs étables.

Les pertes de la commune ont été évaluées à fr. 2,250 ·et celles des particuliers à .

. » 5,954

fr.

29,878

»

8,204

»

4,832

La commune compte 90 habitants ; elles possède une fortune imposable de fr. 8,500 et le capital imposable des particuliers s'élève à fr. 80,000.

18. Commune de Pazen-Fardün.

Cette commune politique, composée de 2 localités et située au-dessous de Mathon, a également souffert du débordement du ruisseau dont il est question ci-dessus. A ce désastre vinrent encore s'ajouter des glissements de terrain dans les pâturages supérieurs. En 1834 le ruisseau avait déjà exercé sonx influence dévastatrice, et l'on avait à cette époque construit des digues, qui furent emportées par -les eaux en 1861. La perte causée par l'inondation de cette année comprend: pour les communes .

.

.

.

. fr. 600 » » particuliers .

.

.

. » 4,232 Personne n'a été bien fortement atteint. Le nombre des habitants de Pazen-Fardtin est de 123. Le capital imposable de la commune est de fr. 2,300.

19. Commune de Casti.

Dans la commune de Casti certaines propriétés particulières ont seules souffert de glissements de ter- · Tain dans les pâturages au-dessus de la région des forêts.

C e s pertes s'élèvent à .

.

.

.

.

.

·et se répartissent sur 4 familles.

Le nombre des habitants est de 27 ; la commune possède un capital imposable de fr. 900 ; celui des particuliers s'élève à fr. 19,900.

A reporter

1,097

fr. 44,011

376

Eeport 20. Commune de Pignieu.

Les dégâts causés par le Rhin ont atteint presque exclusivement les terres et les bâtiments de l'établissement de bains, ainsi que la route cantonale.

Le total des pertes pour la commune est de fr. 320 » » » pour les particuliers . » 9,855 Les dommages causés à la route cantonale sont évalués à La commune compte 120 habitants et elle a une fortune imposable de fr. 13,200.

fr. 44,011

»

10,175

»

8,500

»

25,684-

»

1,400

fr.

89,770

21. Commune de Zïllis.'

Les dégâts ont été occasionnés par le Rhin; ils n'ont causé que peu de pertes aux particuliers, mais la commune a été atteinte dans une plus forte mesure par la destruction du pont sur le Rhin, survenue le 28 Septembre à 6 heures du matin. Les communes de la montagne, sur la rive gauche, participent à cette perte pour un tiers.

Les pertes de la commune (y compris cette participation du tiers) s'élèvent à .

. fr. 23,208 et celles des particuliers à .

.

. » 2,476 La route cantonale, en y comprenant le tronçon d e l a V i a Mala, a subi d e s dégâts pour .

.

.

La commune a une population de 300 âmes ; le capital imposable de la commune de Zillis s'élève à fr. 10,000, et celui de la paroisse de Zillis et Reischen à fr. 45,000.

22. Commune d'Andeer.

Les dégâts dans la commune d'Andeer ont été occasionnés par le Rhin durant la nuit du 27 au 28 Septembre; ils ont atteint soit la digue destinée à protéger le village, soit des prés et des champs qui ont été ou enlevés ou couverts de galets. Quelques familles pauvres ont été cruellement frappées par la perte de leur petit avoir. L'ensemble des pertes A reporter

377

s'élève pour la commune à pour les particuliers à .

.

.

.

.

Eeport . fr. 2,375 . » 7,438

fr.

89,770

»

9,81»

»

2,030

»

2,160

La commune compte 571 habitants; elle possède une fortune communale imposable de fr. 74,000 et le capital imposable des particuliers est de fr. 705,900.

23. Commune de Wergenstein.

Cette localité, située à 5,000 pieds de hauteur, a eu à souffrir de glissements de terrain clans les pâturages.

La perte de la commune est de . fr. 650 celle des particuliers est de . ' . » 1,380 La commune a 70 habitants et possède une fortune communale imposable de fr. 3,000.

24. Commîmes de Heischen et d'Uebernolla.

A la commune de Eeischen, à laquelle le Stredschabach a causé quelques dommages se rapportant aux digues et aux ponts, se sont joints les propriétaires d'Uebernolla, qui possèdent des biens sur le territoire de Thusis, mais sont en procès relativement à. leurs rapports avec cette commune.

Les pertes qu'a subies la commune de Reischen s'élèvent à fr. 120 Celles des particuliers de Eeischen et d'Uebernolla atteignent le chiffre de . » 2,040 A ces dernières pertes, Eeischen participe pour fr. 350. La fortune communale de Eeischen est de fr. 2,900 et le chiffre de sa population est de 66 habitants.

Uebernolla est comprise dans la commune de Thusis aussi bien pour le chiffre de la population que sous le rapport des contributions, et elle ne possède pas de fortune communale qui lui appartienne en propre.

Total des pertes dans le cercle de Schams

fr. 103,775

·378

V. Cercle d'Avers, 25. Commune d'Avers.

e

La commune d'Avers, qui a une population de 283 habitants st est située à 6,000 pieds au-dessus du niveau de la mer, a subi des pertes en suite de glissements de terrain dans la nuit du 27 au 28 Septembre. 50 familles ont été atteintes dans une mesure plus ou moins forte, mais aucune d'elles n'a été réduite à la misère. La section ne peut se dissimuler toutefois que des dévastations de ce genre ne peuvent que rendre de plus en plus pénible i'existence des habitants de cette vallée. Le dommage pour la commune s'élève à . . . . .

fr. 235 Les pertes des particuliers atteignent le .chiffre de » 8,607 -- fr.

8,842 Le capital imposable de la commune est de fr. 8,000 et celui des particuliers s'élève à fr. 248,000.

Total des pertes dans le cercle d'Avers

fr.

8,842

VI. Cercle de Lugnez.

Le Glenner, qu'on appelle aussi à sa source le ruisseau de Vais ou le Bhiii de Vais, traverse Lugnez dans la direction du Sud au Nord, se jette dans le Ehin au-dessous d'Ilanz et double le volume d'eau du fleuve. Près de Furth la vallée se bifurque et le ruisseau qui vient de la vallée latérale de Vrin se réunit au Glenuer. On redoute généralement plus, à Lugnez, le ruisseau de Vrin que le Brenner, à cause de la masse de galets qu'il entraîne avec lui ; mais dans la dernière inondation le Glenuer s'est distingué d'une manière terrible, principalement par les ravages qu'il a exercés à Vais.

Les localités de la vallée de Vrin sont protégées contre les inondations ; elles sont situées sur un plateau en forme de terrasse, 'de 1,000 pieds en moyenne au-dessus du lit du ruisseau, de sorte .que leurs bâtiments n'ont pas subi de dommages ; mais leurs prairies, leurs pâturages et leurs forêts, qui s'étendent depuis le sommet du Piz Mundaun jusqu'au ruisseau de Vrin, ont notablement souffert des glissements de terrain. Le sol, dans la vallée de Vrin, est formé d'argile schisteuse décomposée et, par sa nature même, est très-sujet aux glissements ; le ruisseau se creuse un lit toujours plus profond dans les flancs abruptes de la montagne ; des chèvres et

37£

des moutons paissent dans les forêts peu fournies et ébranlent les touffes de gazon, qui sont d'ailleurs déchirées par places. Dans ces circonstances on conçoit qu'à chaque pluie abondante il se détache des pentes de la montagne des quantités de terre plus ou moins considérables qui se précipitent dans le ruisseau et sont entraînées dans le Glenner. Sur la rive gauche du Glenner, en amont de Furth jusque derrière St. Martin, où les bords de la rivière reprennent la consistance du roc et où la pierre devient plus dure,, on constate les mômes faits que dans la vallée de Vrin. La masse de galets qu'a apportés la dernière inondation a, par places, élevé; de 2 mètres le lit du Glenner au-dessous de Furti et il s'est accumulé des amas considérables de débris près de Peiden et vers le confluent dans la plaine d'Ilanz, où la pente de la rivière est trèsfaible. Avant le 27 Septembre il avait fait déjà pendant plusieurs jours à Lugnez un temps pluvieux ; niais le niveau des ruisseaux était resté à son état normal. Le 27 Septembre il n'était tombé que fort peu de pluie jusqu'au moment où, vers le soir, l'orage amoncela des nuages menaçants dans la vallée et devint très-violent au commencement de la nuit.- Le tonnerre et les éclairs se succédèrent à de rares intervalles et des torrents de pluie tombèrent jusqu'au matin. Les eaux du Glenner se troublèrent vers le soir,, tandis que le ruisseau de Vrin restait encore limpide. Vers minuit le nouveau pont de pierre sur le Glenner près d'Oberkastels fûtemporté; le pont sur le ruisseau de Vrin s'écroula également dans la même nuit. Après 1 heure du matin, le pont de Peiden et les barrières des bains furent entraînés par les eaux. Tous les bâtiments de l'établissement de bains et le moulin voisin furent menacés du môme sort. Le 28, le Glenner avait encore un niveau trèsélève. Des arbres arrachés aux forêts, des débris de maisons et d'étables, des meubles, des fragments de ponts surnageaient et donnaient une idée du désastre qui avait atteint le village de Vais, avec lequel les communications restèrent interrompues pendant plusieurs jours. Dès le 28 l'eau baissa quelque peu, mais le Glennei" fut encore menaçant pendant toute la semaine, et les éboulis avaient donné une couleur noire au ruisseau de Vrin. Le 2 Octobre, les eaux reprirent presque leur niveau du 27 Septembre. Le 4 Octobre, les masses d'eau mugissantes jetèrent de nouveau l'effroi dans lapopulation; on sonna le tocsin dans toutes les églises des villages de Lugnez ; mais on n'eut pas de nouveaux désastres à constateret dès ce moment les eaux venant des montagnes commencèrent ;i baisser.

26. Commune de Vrin. 350 habitants, fr. 19,200 de bien?

communaux. Les dégâts dans cette commune ont été causés en majeure partie par des glissements de terrain appelés -coves. Le,-

380

pertes de la commune eu ponts, forêts et pâturages s'élèvent à fr. 4,130 Les pertes des particuliers en prés, forêts et champs détruits, calculées en lattes (la latte égale 324 pieds carrés) par le président de la commune, ascendent à . » 6,006 fr. 10,136 27. Commune de Furth. 170 habitants, fr. 3,200 <le biens communaux. La commune a subi sur ses terrains des dégâts évalués à .

.

. fr. 250 Les particuliers ont perdu en bâtiments, prés e t forôts .

.

.

.

.

.

. 7,046 » 7,296 Un moulin a été détruit par le Glenner et le terrain attenant a été emporté par les eaux. La propriétaire a perdu tout ce qu'elle possédait.

28. Commune de Peiden. 80 habitants, fr. 10,000 ·de biens communaux. La commune a perdu en ponts, digues, prés et pâturages .

.

. fr. 16,350 La perte des particuliers en bâtiments, prés et champs est de .

.

.

. » 43,707 » 60,057 Les communes de Villa, de Mazenns, de Cumbels et de Garnuns participent avec Peiden à la perte occasionnée par la destruction du pont. Les eaux minérales qui alimentaient les bains de Peiden ont, ·été comblées ; le moulin voisin a été couvert de sable ·et son propriétaire a été en outre fortement atteint par les dommages causés au sol et aux bâtiments.

29. Commune de Pitasch. 107 habitants, fr. 32,900 de biens communaux. La commune a perdu en ponts et en approvisionnements .

.

. fr. 1,100 Un citoyen a perdu en pré, champ et ustensiles » 1,029 » 2,129 Cette perte l'a laissé sans aucune fortune avec sa nombreuse famille.

30. Commune de Villa. 250 habitants, fr. 20,000 de biens communaux. La commune a perdu en pâturages et forêts .

.

.

.

. fr. 6,300 les particuliers .

.

.

.

» 500 » 6,800 A reporter fr. 86,418

381 Report Les pertes subies par la commune ont été causées par de larges crevasses qui se sont formées en suite d'affouillements sur la rive du Glenner. Les dommages à la charge des particuliers ont atteint quelques bûcherons qui ont perdu le fruit de leur travail et sont actuellement sans moyens d'existence.

31. Commune d'Obericastels. 179 habitants, 22,000 fr. de biens communaux. Les dégâts causés à un pont et à une forêt ont imposé à la commune une perte de fr. 10,600 Divers champs appartenant à des particuliers ont subi des dommages pour . » 1,700

fr.

86,418

»

12,300

»

15,036

Les communes de Furth et de Tersnaus participent avec Oberkastels aux pertes occasionnées par la destruction du pont sur le Glenner. Les désastres qu'ont subis les champs ont été causés par des affouillements du genre de ceux qu'on a signalés à Villa. Du reste, personne n'a été ruiné dans cette commune par l'inondation.

32. Commune de St. Martin unie à celle de Tersnaus. 233 habitants, fr. 9,000 de biens communaux. La commune perd en alpages, ponts, digues et routes une somme de .

.

. fr. 5,200 Les prairies appartenant à des particuliers ont subi des dommages pour .

.

. » 9,836 Ce sont des glissements de terrain qui ont occasionné ces ravages. Une famille peu aisée a été foriement éprouvée par l'inondation.

33. Commune de Vais.

La vallée de Vais, soit de St. Pierre, située ·dans le cercle de Lugnez, passablement étroite à l'origine, s'élargit en quelques endroits et se dirige du côté oriental de la vallée de Lugnez sur le Rheinwaldhorn et aboutit, près de Valle, à la vallée voisine, appelée Val Peil. La vallée principale a une longueur de 4 à 5 lieues. Elle se compose des localités suivantes: a. Vals-Platz, bourg sur le ruisseau de Vais, rangé en cercle autour d'une place située à 4,160 A reporter

fr. 113,754

382

Eeport fr. 113,75e pieds au-dessus du niveau de la mer. De Vals-Platz une plaine jadis riche en pâturages s'étend jusqu'à b. Campo, petit hameau formé d'une chapelle et de 8 maisons. Au-dessus de Campo, sur un rocher, se trouve c. Solodura (Solus dura), composé de 3 maisons. Près de Vals-Platz, sur le Glenner, est situé d. G-lys, qui compte environ 12 maisons; à un quart de lieue à, peu près, au Sud et dans la partie basse, on rencontre e. Valle, avec ses 24 maisons, et sur la côte au-dessus de Valle f. Fleiss, qui se compose d'environ 10 bâtiments.

Les terres peuvent, quant à leur nature, se répartir en 6 catégories: la Vallée se compose de prés et de champs; Zarvreila et feil ont presque exclusivement des alpages inférieurs, les plus grands et les plus beaux de la vallée ; les penchants des montagnes forment des enclos où l'on fauche l'herbe deux fois l'an et qui sont utilisés en partie comme jardins potagers ; les pâturages ne sont fauchés qu'une fois par année ou même une fois tous les deux ans. Avant la catastrophe Vais possédait pour tout bien de corporation environ 70 arpents à Vals-Platz. On mène le bétail sur les pâturages inférieurs au printemps, et plus tard on le conduit sur les alpages; le foin provenant des alpages est réuni dans des étables qui se rencontrent en très-grand nombre dans la vallée; c'est dans ces étables qu'on fait rentrer le bétail pendant l'hiver, en tant que le permet la provision de fourrage. Enfin, l'on trouve sur le territoire de Vais 12 beaux alpages, dont 4 appartiennent à des communes tessinoises. Les habitants de la vallée prennent ° du bétail du dehors à l'estivage (moutons, vaches) ; on compte parfois par milliers le nombre des animaux domestiques ainsi rassemblés sur les alpages pendant l'été. Cette vallée alpestre et solitaire est traversée par le Grlenner, qu'on appelle aussi le ruisseau de Vais, et encaissée entre de hautes sommités, desquelles descendent des torrents éeumeux.

Vais a une population de 800 à 900 âmes. 200 à 300 personnes séjournent dans d'autres communes du Canton. En outre, l'émigration en Italie et en A reporter

fr. 113,754

383

Eeport fr.

France fait des vides considérables dans la jeunesse de"la vallée; un certain nombre de jeunes hommes exercent dans ces deux pays les professions de valets, commissionnaires, etc. Ou remarque aussi qu'un grand nombre d'enfants de l'un et de l'autre sexe, de 10 à 14 ans, sont envoyés dans le Wurtemberg, où ils servent comme patres dans des fermes pendant la bonne saison. A l'approche de l'hiver, ces Schwabengänger, comme on les appelle, retournent dans leur

113,754

Les habitants de la vallée de Vais ont un caractère particulier qui les distingue de leurs voisins.

Ils sont de race allemande, tandis que dans le reste du cercle de Lugnez on parle la langue romanche.

Ils sont^ ouverts, gais et actif, ce qui explique la facilité avec laquelle ils gagnent leur vie au dehors.

Ils s'occupent presque exclusivement de l'élève du bétail; comme ils ont un territoire restreint et trèsélève, ils ne peuvent d'une ° manière lucrative se livrer à l'agriculture. Le sol de la vallée ne produit que des pommes-de-terre et un peu d'orge ; les autres cultures ne réussissent pas. ' Après ces observations, nous passons au récit de la catastrophe.

Le fb'hn se fit sentir dès le milieu de Septembre et amena des jours pluvieux jusqu'au 27. Toutefois le Glenner ne prit jamais pendant ce temps un niveau élevé et il ne donna pas lieu à des appréhensions sérieuses. Le 27 Septembre, qui devait apporter tant de désastres dans la vallée, la pluie ne cessa de tomber, surtout de 2 heures à 6 heures de l'aprèsmidi; pendant ces 4 heures elle tomba par torrents.

Dès 6 heures, elle fut moins forte, mais elle recommença une heure après avec une telle violence qu'il semblait que des trombes continuelles parcouraient la contrée. Bien que depuis midi l'on dût reconnaître que le Glenner ne cessait de grossir, personne ne soupçonnait le danger, surtout à cause des digues qui, construites après l'inondation de 1834, avaient jusqu'alors garanti le village contre l'invasion des eaux : A reporter Feuille fédérale suis3e. Année XXI. Vol. I.

fr.

113,754 27

384

Report on se fiait entièrement à ces digues. Le plus grand nombre des habitants allèrent sans aucune appréhension se livrer au repos. Mais ce repos fut de courte durée: vers 8'/2 heures l'on, commença à circuler sur la place, où ne tarda pas à régner ïine activité anxieuse, un mouvement inusité. L'eau pénétra dans les étables situées au bas du village, de sorte qu'on dut songer à sauver le bétail, ce qui ne put ótre effectué qu'à grand'peine. Ceux qui dormaient fm-ent réveillés. Déjà une partie de la place se trouvait sous l'eau; mais celle-ci ne s'étendait encore que depuis le pont jusqu'à la place. A 9 heures le Glenner fit irruption au-dessus du village, à l'endroit où il décrit une courbe, et ses eaux remplies de limon et de galets se précipitèrent sur la place tout près de l'église. La terreur fut au comble ; une partie des habitants avaient la retraite coupée. Emprisonnés dans leurs maisons, qui, de minute en minute menaçaient de s'écrouler, constamment exposés à perdre la vie, sans aucun espoir de secours, les malheureux se réfugiaient sur les toits et leurs cris de détresse se mêlaient au bruit du torrent. Par intervalles on entendait le tonnerre, et de sinistres éclairs illuminaient les ténèbres épaisses de la nuit; la pluie continuait à tomber par torrents. On connaissait le danger que couraient les malheureux ; ou faisait tout pour les sauver, mais tout était vain. Il n'aurait pas été possible de parvenir à eux, alors môme que la nuit n'eût pas étendu son voile sur le théâtre du sinistre; les éclairs seuls sarvaient de flambeaux à cette triste scène, mais pour la rendre plus lugubre encore. Le Peilerback avait aussi débordé et roulait ses eaux aussi impétueuses que celles du Glenner.

Toute la nuit des éboulements eurent lieu dans la partie supérieure de la vallée et eurent pour effet d'arrêter l'écoulement de l'eau ; sept fois des masses de terre et de pierres descendirent dans le Glenner.

A 10 heures toute la vallée se trouvait inondée; la plaine depuis Valle jusqu'à Campo était transformée en un ravin, où les eaux exerçaient constamment leurs ravages. Ça et là des maisons et des étables s'écroulaient et étaient emportées par la rivière. Vers

fr. 113,754

A reporter

fr. 113,754

*

385

Report fr. 113,754 11 heures on sonna partout le tocsin; on pouvait ·craindre que ce ne fût le glas funèbre de bien des « habitants de la vallée. Enfin, quand le jour parut «.près tant d'heures passées dans l'angoisse et le désespoir, on vit de toutes parts les traces de l'élément destructeur. Le mur du cimetière s'était écroulé, la chapelle et une partie du champ de repos avaient «té emportés par les eaux; on a affirmé à la Commission que des cercueils et des croix de bois provenant du cimetière de Vais avaient été retrouvés à St. Margarethen (St. Gali) ; six maisons étaient entièrement détruites, une foule d'autres étaient fortement endommagées, de sorte qu'on pouvait s'attendre à ce qu'elles s'écroulassent. L'église elle-même était très-menacée. Des groupes de maisons avaient été isolés du reste; on entendait des cris de détresse partir des toits et des fenêtres de quelques maisons, où les habitants se tordaient les mains de désespoir.

A Vals-Platz et aux alentours on comptait 15 de ces malheureux ; mais on ne pouvait encore songer à les sauver. Enfin, après bien des tentatives infructueuses, des hommes de coeur réussirent à construire au moyen de ce qui restait du mur du cimetière une voie de communication aboutissant à l'une des maisons entourées d'eau et par laquelle on put sauver les malheureux avec une partie de leur avoir. Les personnes qui se trouvaient enfermées à Glys restèrent jusqu'à deux heures de l'après-midi menacées de perdre la vie, et ce ne fut même que vers 4 heures que les habitants de Valle purent être tirés de la triste position dans laquelle ils se trouvaient. L'eau commença à baisser un peu dans la matinée du 28 Septembre. Après avoir sauvé les gens on chercha à endiguer l'eau au moyen de sapins réunis, et, grâce aux efforts d'un certain nombre d'hommes courageux, qui travaillèrent pendant plusieurs heures en ayant de l'eau jusqu'à la ceinture, on réussit en effet à diriger, vers midi, le courant en dehors du village et à rendre ainsi le danger moins imminent. On commença alors à respirer, d'autant plus qu'on s'était assuré que dans cette terrible nuit personne n'avait perdu la vie. Pendant toute la semaine suivante ou la A reporter

fr. 113,754

386

Eeport fr. 113,754 vallée entière resta -sous l'eau, ou le torrent se répandit tantôt d'un côté tantôt de l'autre. On n'était pas encore arrivé au terme des angoisses. La pluie s'était quelque peu arrêtée le 29 et le 30 Septembre ; mais elle recommença le 1er Octobre, et, jusqu'au 3 du même mois, le Glenner atteignit de nouveau à peu près le niveau qu'il avait le 27 Septembre. Le 2 et le 3 Octobre, le Glenner se creusa, en dessous du village, un nouveau lit d'une certaine profondeur, qu'il n'a pas quitté depuis, et emporta des prés et des étables sur sa rive droite. Dès le 4 Octobre à midi l'eau diminua constamment. On avait, le mardi, construit des ponts provisoires eatre les divers groupes de maisons. Pendant la semaine du 27 Septembre au 4 Octobre on vit chaque jour s'écrouler des maisons et des étables dont les fondations avaient été attaquées par les eaux. C'est le 29 Septembre qu'on reçut à Valsplatz les premières nouvelles de Peil et de Zarvreila; ces nouvelles signalaient des dégâts non moins considérables dans ces localités. A Peil toute la plaine avait été recouverte de débris et le ruisseau avait enlevé la, plus grande partie du sol arable. Le Glenner avait causé des dommages toutà-fait semblables à Zarvreila; des maisons et des étables avaient été emportés et des pâturages inférieurs complètement détruits. Les éboulements sur les alpages avaient eu lieu le 27 Septembre, et c'était le 2 et le 3 Octobre que des accidents du même genre s'étaient manifestés sur les penchants des montagnes et dans les champs.

La majeure partie du sol de la vallée à Valsplatz (depuis Valle jusqu'à Campo) qui ne sert pas de lit au Glenner est couverte de fragments de rocs qui atteignent en certains endroits une hauteur de 6 pieds. Près de Campo l'eau de la gorge de Tornii a déposé une grande quantité de. galets et dévasté les propriétés avoisinantes. La route qui conduit à travers la vallée de Vais a été emportée en partie par le Glenner et fortement endommagée sur beaucoup de points au-dessous de Campo jusqu'au-delà de St.

Martin. Tous les ponts et les passerelles de la vallée ont été enlevés par les eaux.

A reporter

fr. 113,754

387

Eeport fr. 113,754 Pendant plus d'un mois Vais n'eut aucune communication avec le côté où se trouve Lugnez ; de lardis piétons pouvaient seuls parvenir à travers le col de Vais à Hinterrhein ou par d'étroits sentiers à Lugnez. Le 30 Septembre, des bourgeois de Vais ·entreprirent de se rendre à Coire par le Piz Regina pour y fournir des renseignements sur la catastrophe.

Le même jour, deux bourgeois de Lugnez étaient arrivés .à Vais en traversant la même montagne.

Vais a déjà subi précédemment des désastres du même genre. En 1812, une avalanche enleva, dans cette localité, plus de 30 étables avec le bétail et les provisions de fourrage, ainsi que plusieurs maisons. En 1834, le Glenner causa à Vais une inondation qui, il est vrai, n'eut pas les proportions de celle de cette année; elle détruisit 3 maisons et quelques étables. En 1848, une ravine couvrit de galets la partie supérieure de Vais. Cette localité est d'ailleurs constamment menacée par le Qlenner et les ruisseaux descendant des montagnes, par les ravines et les avalanches. Ces dernières surtout causent de temps à autre des dégâts et compromettent à un "haut degré la sécurité de la vallée.

En inspectant les lieux, la section s'est convaincue que cette vallée a déjà souffert de plusieurs inondations, dont toutefois la tradition ne s'est pas conservée. On trouve, en effet, sur la rive actuelle du Glenner, des traces distinctes de 5 périodes d'inondations qui ne présentent pas, d'ailleurs, une couche de galets aussi considérable que celle qu'a déposée la récente catastrophe. Nous devons ajouter que ces couches renferment des matières minérales, des sables qui, lorsqu'ils ont été déposés, n'ont pas le moins du monde empêché qu'on ne rendît à la culture les terrains inondés et ont même pu avoir leur utilité quant à la fertilisation du sol, tandis que les dépôts de cette année ne contiennent pas, pour la plupart, des matières pulvérisées, mais uniquement des galets et des pierres de dimensions assez considérables, dont la présence ne saurait pendant fort longtemps donner de la fertilité aux terrains qu'ils ont couverts.

A reporter

fr. 113,754

388

Report fr. 113,754 Vais n'est pas riche en bois ; on y trouve peu de billes propres à faire des planches, et le bx>is de chauffage ne s'y rencontre pas non plus en quantité suffisante. Les nouvelles constructions que la catastrophe rend nécessaires vont faire de fortes brèches dans les forêts.

Après le 27 Septembre, un grand nombre d'habitants qui avaient perdu leurs maisons, leurs vêtements et leurs provisions, et qui, du reste, se trouvaient dépouillés de tout leur avoir, ont trouvé asile dans quelques familles. Dès le 10 Novembre on a envoyé régulièrement à Vais des vivres, des vêtements et quelques objets de literie qui, par les soins d'un comité local, ont été répartis entre les personnes que l'inondation avait réduites à la misère.

On rencontre à Vais un grand nombre de familles pauvres qui, ne possédant rien, n'ont pas eu à souffrir du désastre, mais qui étaient déjà auparavant à la charge de la commune. Toutes les autres familles, sauf une, ont été atteintes par la catastrophe.

On ne peut malheureusement méconnaître le fait que l'inondation a considérablement apauvri cette vallée. Le sol, dont les produits étaient presque la seule ressource d'une population se livrant à l'élève du bétail, ne peut plus être cubivé. Les travaux d'endiguement les plus indispensables occasionneraient, d'après les données de l'ingénieur en chef, une dépense de fr. 100,000 environ, somme qui est hors de proportion avec la valeur actuelle des terrains qu'il s'agirait de garantir. La Commission estime qu'on doit se borner à protéger celles des maisons de Vais qui sont le plus menacées, afin de sauver de la destruction au moins cette partie de la propriété.

Vais n'est relié à Lugnez et à l'Oberland que par une fort mauvaise route qui, en été, n'est accessible qu'aux chevaux de somme ; à cette saison elle est fortement compromise par les pierres roulantes et en hiver par les avalanches et les blocs de glace détachés du flanc de la montagne.

Vais possède un fonds communal de fr. 22,000.

A reporter

fr. 113,764

389

Report fr. 113,754 Les tableaux constatent les pertes suivantes : Commune et corporations fr. 112,930 Particuliers » 230,685 ^ --: » 343,615 Total des pertes dans le cercle de Lugnez.

. . . fr. 457,369

Récapitulation.

Les résultats des estimations dans les différents cercles peuvent se résumer comme suit : I. Cercle de Misocco et Eoveredo .

.

. fr. 12,860 II.

» » Calanca » 9,260 III.

» » Rheinwald » 475,116 IV.

» » Schams .

.

.

. ' .

. » 103,773 V.

» » Avers » 8,842 VI.

» » Lugnez » 457,369 fr. 1,067,220 Travaux indispensables dans diverses communes (voir le tableau N° 34) » 10,458 Total général fr. 1,077,678

390

Supplément.

Après que la section a eu terminé ses travaux, il lui a été transmis encore des réclamations touchant des dommages causés par les eaux dans les communes de Mastrils et de Scazza.

La réclamation de Mastrils n'a pas été signée par le président de la commune ; elle repose sur les données des réclamants eux-mêmes, deux frères qui ont pour profession de chercher et de vendre des escargots. Ils affirment avoir pris et mis en réserve environ 50 quintaux d'escargots et n'en, avoir plus retrouvé que 8 à 9 quintaux après l'inondation, le reste ayant été emporté par les eaux. La perte est évaluée à fr. 15 par quintal, soit à fr. 600 pour le tout.

L'autorité communale de- Scazza informe qu'un bourgeois de cette commune a perdu, dans l'inondation de Magadino (Tessin), 95 mesures de charbon de bois., ce qui lui occasionne un dommage de fr. 6. 40 par mesure, soit de fr. 608 en total.

La section laisse à la Commission chargée de la répartition des secours le soin d'apprécier la valeur de ces réclamations.

En vous transmettant le présent rapport, nous saisissons cette occasion, Monsieur le Président et Messieurs les membres du Conseil fédéral, pour vous offrir l'assurance de notre haute considération et de notre dévouement.

Pour la Commission d'estimation dans les Grisons, section b : Le Président: Schwyz, Décembre 1868.

D. C. Gemsoh.

Les membres : Zurich, Décembre 1868.

K. "Wetli, ingénieur.

Bel-Air, près Landeron, Décembre 1868.

Landolt.

Le Secrétaire : Schwyz, Décembre 1868.

J. Eberle.

A page 390.

Récapitulation générale.

Dommages causés aux routes, aux ponts et aux constructions hydrauliques.

Communes.

  1. Commune de Misox (San Bernardin) corporation communale.
  2. Commune de Soazza 1 (Voir le rapport).
  3. Commune de Lostallo: f l . Particuliers . . . .
  4. Commune 4. Commune de Grono . , .
  5. Commune de Roveredo (Voir le rapport).

Total général

Division b.

Dommages causés aux terres et aux cultures.

1 j

1

Digues.

I. Cercles de Misox et de Roveredo.

Canton des Grisons.

Fr.


Routes.

Superficie.

Ponts.

Fr.

Fr.

60

85

--

Genre de culture:

Entièrement détruit.

Fr.

--

--

--

--

--

--

--

1727 Trab.*) 882 « YS Arpent

Pâturages « «

1327 353 200

--

--

1400 5600

--

--

7000

60

85

1880

Ayant i Ayant des Arbres. Fruits.

perdu de subi domsa valeur. mages.

Fr.

Fr.

Fr.

200

--

--

-- 295

--

--

Dommages causés aux bâtiments.

Fr.

Fr.

Fr.

Fr.

Fr.

--

--

140

--

--

--

--

--

--

, .,,_

495

--

--

--

--

Meubles, instru- Bétail.

ments.

Endommagé.

608

--

608

pertes.

Provisions.

Divers.

Fr.

Fr.

Fr.

--

485

1

--

--

--



--

TOTAL j des

Entièrement .

détruit.

__-.

--

Pertes en biens meubles.

--

--

140

--

--

,

10 --

--

--

--

--

608 .

1622 1753 5800

10,268

H. Cercle de Calanca.

6. Val de Calanca (voir le rapport).

7. Commune de Rossa : n. Particuliers .

. . . .

b. Commune de Rossa . . .

c. Communes de Rossa etd'Augio (obligation commune pour l'endiguement) . . .

A reporter

.

» 0,i Arpent --

150 1000 700 1850

'

-- -- &

--

0

--

-- 0,i Arpent ·) Trabucci -- ? Arpents.

56

-- 56

--

12 --

--

--

--

12

--


-- , --

--

--

-- -- ·

--



-


228 1000 700

--.-- --

10

--

--

1928

J

Il '1

i

1

Dommages causés aux routes, aux ponts et aux constructionshydrauliques.

Communes.

Dommages causés aux bâtiments.

Dommages causés aux terres et aux cultures.

Pertes en biens meubles.

|

1

Digues, i Routes, i Ponts.

i

, ,.

Superficie.

i Fr.

Report

1850

8. Commune d'Augio . . . .

9. Commune de St. Domenica: a. Particuliers b. Commune 10. Commune de Cauco: a . Particuliers . . . .

b. Corporation

1100

Total général

3550

i !

Fr.


"Genre de culture.

:

Fr.

-- 400

j I !

0,i Arpent 0,5 Arpent

B

, :

Entière- · Ayant jJg 5* ., i perdu de > P i Arbres. Fruits.

men t d°TM- 1 | détruit. 'g^yaien,., j mages. , j

Fr.


52 548

56 -- 654

800 .--

1200

0,3 Arpent

--

--

500 Toises 8500 «

Pâturage et foret dito

!

i

Fr.


1

Fr.

12

80

Fr.


E ^ , tT détruit. ! mS ma

Fr.

Fr.

--

--

--

136

120

180

2440

710

316

2 650 250

4 385

400

1,750

--

92

--

2560

--

'· i

e

Fr.


Meubles.

'

Fr.

Fr.

--

--

--

--

Ì

Fr.

10 --

TOTAL des pertes.

Divers.

Fr.


Fr.

1,928 1,580

962 548 227

--

227

3800

25

3,442

595

--

800

605

--

9,260

275

168

14 818

--

--

2,850

--

24 003 5,500

168

47,421

III. Cercle de Rheinwald.

11. Commune de Sufers: a. Particuliers b. Commune dito . . o. . . .

12. Commune de Splugen: a . Particuliers . . . .

b. Commune A reporter

460

2655

900

4310

200 _

-- 7865

--

200

--' 460

1 0.3 ArpGnts 22,2

--

11 806 2,100

2 302 3,400

16,806

11,837


--

--

--

|

--

--

Afinn --

--

--

5000

3800

25

--

985

1260

250

\

r Dommages causés aux routes, aux ponts et aux constructions hydrauliques

Communes.

Digues.

Report 13. Commune de Medels: a. Particuliers b. Commune

Fr.

7,865

Routes.

Fr.

200

Ponts.

4,000

14. 'Commune de Nufenen: a. Particuliers . . . . .

b. Commune et corporation .

1,993 5,300

5300

15. Commune de Hinterrhein: a. Particuliers b. Commune et corporation .

500 4,500

1150

Total général

21,558

Superficie.

Genre de culture.

Fr.

460

1,400

89,6 Arpents 5 99,930 Toises

6,000

Pré Prairie de mont.

23,8 Arpents

900

Dommages causés aux bâtiments.

Dommages causés aux terres et aux cultures.

1,!

«

6650 11,360

Entièrement détruit.

Ayant Ayant des Arbreâ. Fruits.

perdu de subi domsa valeur. mages [ .

Fr.

Fr.

Fr.

15,806

11,837

82,625 6,600

14,311 500

41,220 12,000

40,950 23,600

16,040 1,000

18,275 12,500

4,455

2,550

190,026

95,653

19,590

Fr.

Fr.

550

Entièrement détruit.

Endommagé.

Fr.

5,000

Fr.

3,800

Meubles, instru- Bétail.

ments.

Fr.

25

2186

18,950 2,000

1,800

Pertes en biens meubles.

695

27,750

6,495

Divers.

Fr.

Fr.

1260

Fr.

168

Fr.

47,421

206

4762 700

951

125,941 13,800

16

1345

195

104,254 53,200 27,940 19,050

160

2,000

550

Provisions.

2211

TOTAL des pertes.

222

8227

120

380

120

380

1314

391,606

IV. Cercle de Schams.

16. Commune de Donath: a. Particuliers b. Commune A reporter ..

I

130 80

100

300

. 210

100

300

16,420 Toises 140 « Pré et champ

--

--

3,660

23,908 210

3,660

24,118

--

--

120

870

12Q

870

--

--

29,188 .

690

--

29,878

«

4 t

Dommages causés aux routes, aux ponts et aux constructions hydrauliques.

i i

Communes.

Dio-ues

Routes.

' 1!

Report

Fr, 210

17. Commune de Mathon: a. Particuliers b. Commune .

i

Ponts.

Superficie.

i!

Fr.

100

Fr.

300

50

1 Arpent

200

400

19. Commune de Casti: Particuliers . . . .

End i "Sur , -=HA^l"-i|

1 Arpent

20

21. Commune de Zillis: a. Particuliers b. Commune

280

20

' détruit.

, mages. !

Fr.

3,660

Fr.

24,118

·2,510 700

475

585

1,513

Fr.

ma

e

S-

2,550

Pertes en biens meubles.

Jleubles.

instru-'; Bétail.

ments. i

J^

Fr.

^

p

i

(

' Divers.

;

Fr.

870

Fr.

Fr.

Fr.

120

Fr.

380

290

800

80 500

40

210

1549 350

Fr.

4,232 600

6000

300

105

27

140

400

200

1,097

300

I

6000

A reporter

6280

1280

17,000

2,436 208

17,720

12,649 \

X

o

2145

40

754

9,855 320

2,476 23,208

40

27,036

Fr.

29,878

5,954 2,250

44

2040

TOTAL des pertes.

;

Fr.

120

930

--

20. Commune de Pignieu: a. Particuliers . .

b. Commune . . .

\

A-

700

18. Communes de Pazen et de Fardün: a. Particuliers b . Communes . . . .

Dommages causés aux bâtiments.

Dommages causés aux teiTes et aux cultures.

7670

580

467

330

2619

300

79,870

5

i i i l

i

Dommages causés aux routes, aux ponts et aux constructions hydrauliques.

Communes. ,, °

Digues.

Report 22. Commune d'Andeer: a. Particuliers b. Commune

Fr.

6,280

2,020 1,920

23. Commune de Wergenstein : a. Particuliers . . . . .

b. Commune

Routes.

Fr.

1280

Ponts.

Superficie.

Genre de culture.

Fr.

17,720

Entièrement détruit.

Fr.

12,649

3,3 Arpents.

0,25 Arpent.

30

Champ

Ayant Ayant perdu de subi des Arbres.

sa valeur. dommages.

Fruits]

Entièrement détruit.

Fr.

40

Fr.

754

Fr.

7670

Fr.

27,036

4,722 425

740

Total général

10,960

I

Endommagé.

Fr.

580 ·

Pertes en biens meubles.

Meubles, instru- Bétail.

ments.

Fr.

467

Fr.

330

Provisions.

Fr.

2,619

Fr.

300

1,3 Arpent.

17,840

Fr.

79,870

7,438 2,375

110

160

TOTAL des pertes.

Divers.

1.380 650

1380 150

120

1810

Fr.

2145 426

500

24. Communes de Reischen et d'Uebernolla : a. Particuliers b. Commune de Reischen .

Dommages causés aux bâtiments.

Dommages causés aux terres et aux cultures.

·700

300

40

260

18,496

27,336

4141

300

2,040 120 754

7670

740

467

330

2,729

300

93,873

1

V. Cercle d'Avers.

25. Commune d'Avers : a. Particuliers b. Commune Total général

150 220

--

--

370

1,354

--

--

1,354

7103 15 --

7118

8,607 235

1

--

--

--

--

--

--

8,842

. ..

i

--

Dommages causés aux routes, aux ponts et aux constructionshydrauliques.

Communes.

Dommages causés aux terres et aux cultures.

i

Digues.

Fr.

Routes. ! Ponts.

i

VI. Cercle de Lngnez.

Superficie.

Entière- : Ayant i ^yant ' ment i perdu de su,bl des ; Arbres. ; Fruits, détruit, sa valeur. · om~ · \ i mages- | |

Genre de culture.

1

Fr.

Fr.

Dommages causés aux bâtiments.

Fr.

Fr.

Fr.

Fr.

Entière- ' Endom.

,TMent ! mage, D détruit,t i

Fr.

Fr.

_

664

Fr.

Pertes en biens meubles.

i Meubles, : ' pn \ Divers.

Bétail. ^ inst ruments. !

Fr.

Fr.

Fr.

Fr.

TOTAL pertes.

Fr.

b

°

26. Commune de Vrin : a. Particuliers b. Commune 27. Commune de Furth: a. Particuliers b. Commune(Fondsdel'Eglise) 28. Commune de Peiden : a. Particuliers . .

b. Commune

. .

29. Commune de Pitasch : a, Particuliers . . .

b Commune 30. Commune de "Villa : a. Particuliers b. Commune . . .

Pré et champ

630

_

5,082 2,000

__ 1500


^^=

-- ·


260 --

6,006 4,130

,

2270

--

1007 150

--

--

--

--

10.000

--

9 Arpents

_ --

2,356 150

--

--

9,000 6,200

935

iVs Arpent Forêt et pâturage

340

350 100

--

--

--

500 --

--


230 --

7,046 250

--

--

"--

--

--

33,500

200

--

~

--

43,707 16,350

--

--

--

24

70

--

--

--

--

1,029 1,100


500 6,300

1,000

=

600

1

500

·

_

_

3,150

. .

A reporter

3427

--

11,230

--

--

\

28,873

=

--

_ 2250

500

2590

2450

.

-- 24

734

34,500

-- -- 700

-- *

--

500 400 1400

490

86,410

7

!

1i ii

Dommages causés aux routes, aux ponts et aux constructions hydrauliques.

Communes.

l

!

1

Digues.

1

Eeport

Fr.

3,427

Routes.

Ponts.

Superficie.

Fr.

Fr.

11,230

Fr.

31. Commune d'Oberkastels : a . Particuliers . . . .

b. Commune 32. Commune de St-Martin: a. Particuliers b. Commune

Entièrement détruit.

·

Fr.

Fr.

Fr.

2590

900

400

400

Fr.

200

25,000 16,050

8,000

2,000 7,200

145,486 76,800

Total général

45,277

8,220 31,230

222,286

VII. Constructions de l'Etat.

Cercles de Misox et de Roveredo Cercle de Rheinwald . . .

Cercle d e Schams . . . .

1,600 600 1,000 3,400 53,230 23,380 9,400 500

--

5,000 63,630 24,480

--

--

. 39,573

Fr.

24

Entièrement détruit.

Endommagé.

Fr.

734

Fr.

34,500

Meubles, Proinstru- Bétail. visions.

ments.

Fr.

700

Fr.

Fr.

1400

TOTAL des pertes.

Divers.

Fr.

490

9,836 5,200

3400

400

6390

3050

60

--

Travaux urgents dans diverses communes *) Cette somme est comprise dans le total de s dommag es de fr. 206,420 subis par l'Etat (Grisons, indiqué à la III. Sect ion, divisi on a.

Fr.

86,418

1,700 10,600 36

9,800 800

Fr.

2450

Fruits.

Pertes en biens meubles.

600

10,000

33. Commune de Vais: a. Particuliers b. Commune et Corporation

34.

I.

III.

IV.

Ayant Ayant subi des Arbres.

perdu de domsa valeur. mages.

Total général pour Vais.

o

800

Dommages causés aux bâtiments.

Dommages causés aux terres et aux cultures.

28,840 1,750

13,415 2,000

31,324

49,915

1342

5349 50

11,033 1342

6799

9,253 1,080

230,685 112,930 490

457,369

3,500

3,200 83,510 9,900

3,500

96,610*)

1

·

·

*

. ..

*

*

10,458

Récapitulation d'après les cercles.

i

Dommages causés aux routes, aux ponts et aux constructions hydrauliques.

Communes.

Dommages causés aux terres et aux cultures.

i Digues.

Total général

Ponts.

Superficie.

'

i Total général ' ; pour | Vais.

j

;

Enuère.

ment d(itruit

"

·

|

. Ayant Avant perdu de ! P , Arbres. . Fruits.

sa valeur - ! tna^s. \ j

7,000 3,550 21,558 10,960 45,277 5,000

8,200 31,230 63,630 24,480

--

Fr. : Fr. · Fr.

Fr. , Fr.

608 1,180 495* 92 ! -- i -- 710 316 550 -- 190,026 95,653 19,590 300 j 754 18,496! 27,336 4,141 7,118 1 354 222,286 39,573 60 400 6,390 3050 -- -- -- --

93,345 80,350 86,565

-

222,286 252,039 124,200 37,331

1

1

Pertes en biens meubles.

Entière- l ,-, ,

ss, \^Fr.

_,__

3900

1422

Fr.

140

2,560 27,750 7,670

6,495 740

31,324 3,500

49,915 --

72,804

57,290

1 i TOTAL

des

i

Fr.

Fr.

60 85 1,200 -- 6,650 11,360 1,810 17,840 370

Fr.

I. CerclesdeMisoxetdeRoveredo H. Cercle d e Calanca . . . .

III. Cercle de Rheinwald . . .

IV. Cercle d e Schams . . . .

V. Cercle d'Avers VI. Cercle d e Lugnez . . . .

VII. Constructions de l'Etat . .

i

Routes.

Dommages causés aux bâtiments.

Meubles.

p instru-' .r.lu~ , Divers.

.

. Bétail. , vlslunSi ments.

i , i i

Fr. !

-- 227 2,211 467

Fr.

Fr.

-- 605

Fr.

pertes.

Fr.

-- -- 222 330

8,227 2,729

-- -- 1314 300

11,033 --

1342 --

6,799 ---

490 --

10,268 9,260 391,606 93,873 8,842 457,369 96,610

13,938

1894

18,360

2104

1,067,828

Travaux urgents dans diverses communes

10,458

Total

1,078,286

Remarque. Dans le rapport acconnpagnant les table aux, les dommages causés dans quelq ues comm unes aux digues, aux rout es, aux ponts etc. appartenant à l'Etat sont ajoutés aux per tes subies par les communes et les particuliers; cette somme de fr. 96,610 se répartit sur plusieurs communes d'après le tableau spécial N" 34.

Schwyz, Décembre 1868.

La Commission d'estimation pour le canton des Grisons, division b, Le Président: , D. C. Gemsch.

Le Secrétaire :

J. Eberle.

391

# S T #

RAPPORT GÉNÉRAL de la

IVe section pour l'estimation des dommages causés par les inondations dans le Canton du Tessin, au sud de Biasca.

Au Département fédéral de l'Intérieur.

Monsieur le Conseiller fédéral!

La Commission soussignée, chargée de procéder à l'estimation des dommages causés par l'inondation de l'automne dernier dans la partie méridionale du Canton du Tëssin, a l'honneur de vous présenter une courte esquisse de la situation des communes atteintes par le fléau, de môme qu'un tableau résumant les dommages éprouvés dans les diverses communes.

Nous avons trouvé dans les instructions détaillées qu'on nous a remises l'indication des principes qui devaient nous diriger et qui nous ont effectivement dirigés dans nos travaux. D'après ces instructions nous devions remplir un formulaire d'estimations pour chaque commune et y mentionner spécialement chacune des valeurs mobilières ou immobilières que l'inondation avait atteintes; en outre, nous étions chargés de présenter sur chaque commune un rapport indiquant la situation générale de la localité, les suites de la catastrophe et les résultats de la taxation.

Le territoire que la IVe section. avait à inspecter ne comprenait pas moins de 97 communes et s'étendait sur les districts suivants :

Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali

RAPPORT de la Commission fédérale d'estimation pour les dommages causés par les inondations. 1868.

In

Bundesblatt

Dans

Feuille fédérale

In

Foglio federale

Jahr

1869

Année Anno Band

1

Volume Volume Heft

09

Cahier Numero Geschäftsnummer

---

Numéro d'affaire Numero dell'oggetto Datum

06.03.1869

Date Data Seite

361-391

Page Pagina Ref. No

10 061 129

Das Dokument wurde durch das Schweizerische Bundesarchiv digitalisiert.

Le document a été digitalisé par les. Archives Fédérales Suisses.

Il documento è stato digitalizzato dell'Archivio federale svizzero.