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RAPPORT présenté

au Département fédéral de l'Intérieur par la IIe section (St. Gall} de la Commission fédérale d'estimation, touchant les dommages causés par les inondations de Septembre et d'Octobre 1868.

Monsieur le Conseiller fédéral !

Aux termes des instructions du haut Conseil fédéral, du 21 Octobre 1868, nous devons, après avoir achevé l'estimation des ° dommages causés par les inondations, présenter un rapport spécial pour chacune des communes atteintes par le fléau.

Qu'il nous soit permis de faire quelques observations préliminaires et générales avant d'entrer dans les détails.

. Notre section, qui s'était complétée en s'adjoignant comme secrétaire Mr. Henri Hertlin, d'Andelfingen, arriva le 25 Octobre à Eagatz, sur l'invitation de son président. Dès le 26 dans la matinée elle visita les bords du Ehin et le territoire de Eagatz jusqu'à Tardisbrücke,- et l'après-midi du même jour elle fit la route jusqu'aux bains de Pfäffers.

Le soir de ce même jour, nous rencontrâmes à Eagatz Mr. l'ingénieur-chef Hartmann. Nous nous informâmes de l'étendue de la contrée sur laquelle les eaux avaient exercé leurs ravages ainsi que de l'importance de ces derniers et de l'état des travaux préliminaires.

Mr. Hartmann fut d'avis que la Commission trouverait les renseignements les plus complets et les explications nécessaires auprès de Mr. le colonel Bernold, à Wallenstadt, qui, en sa qualité de président de la Commission chargée de déterminer le périmètre dans la contrée rhénane, connaissait les faits et se trouvait en possession des actes de même que des plans.

Feuille fédérale suisse. XXI. Année. Vol. I.

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Le 27 Octobre au matin, la Commission, accompagnée de Mr. Hartmann, fit la course depuis le pont du Ehin près de Ragatz, le long de la digue en aval jusque près de Sargans, où elle dut interrompre ses opérations à cause du mauvais temps. Elle se dirigea ensuite sur Sargans à travers le pays dévasté par les inondations et, dans l'après-midi, elle se rendit de Mels à Wallenstadt, où elle devait trouver les pièces indiquées par Mr. Hartmann. Mais Mr. le colonel Bernold nous déclara qu'il avait déjà envoyé ii St. Gali les actes et les plans. Le soir, nous retournâmes à Ragatz et nous y rencontrâmes Mr. le Conseiller d'Etat Hoffmann. Ce magistrat exprima le désir que la Commission procédât en premier lieu à l'estimation des dommages causés aux bâtiments sur toute l'étendue du territoire inondé et qu'elle ne s'occupât qu'en seconde ligne de l'estimation du sol. Quant aux travaux préparatoires dans les communes, en particulier l'indication des dégâts et l'élaboration des tableaux, Mr. Hoffmann déclara qu'on les avait entrepris sur tous les points, et que la Commission pouvait commencer ses estimations où bon lui semblerait ; elle devait trouver partout les documents prêts et tout-à-fait complets. Quant à l'étendue exacte de la contrée atteinte par les inondations, Mr. Hoffmann ne se trouvait pas en mesure de fournir à cet égard des renseignements précis.

D'après les rapports qui lui étaient parvenus, la Commission, dut conclure qu'elle aurait à estimer un très-grand nombre de bâtiments endommagés ou détruits et que dès lors elle ne perdrait point de temps pour l'accomplissement de son mandat en accédant au désir exprimé par le haut Gouvernement.

Le 28 Octobre avant midi, après avoir procédé à l'évaluation de quelques bâtiments aux abords de la station de Ragatz, la Commission se rendit à Buchs avec Mr. le Conseiller d'Etat Hoffmann et Mr. l'ingénieur en chef Hartmann, et de là au village de Burgerau, en compagnie d'une délégation de l'Autorité communale. Ce village est situé à 25 minutes environ en-deçà de Buchs.

Il a été procédé dans cette localité, le 28 Octobre et le 29 dans la matinée, à l'estimation de 87 bâtiments. L'évaluation de tous les bâtiments, terminée d'une manière générale dans la commune de Widnau, nous a retenus jusqu'au 10 Novembre à midi.

Le nombre total des bâtiments évalués,
y compris ceux qui n'ont été indiqués que lors de l'estimation des terres, s'élève à 742 numéros ; souvent un même propriétaire a été porté pour plusieurs numéros.

Les dommages causés aux bâtiments présentent un total de fr. 10,900 à la rubrique « entièrement détruits » et de fr. 282,168 à la rubrique « ayant subi des dommages. »

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Un grand nombre de ces bâtiments ont été assurés pour une somme très-faible, souvent pour fr. 3--400; ils sont petits et de peu de valeur, mais ils menacent ruine et ne sont plus habitables.

Toutefois la Commission a pensé qu'il était de son devoir de ne taxer consciencieusement partout que la valeur réelle du dommage tel qu'il apparaissait au moment de l'inspection. Par ce motif et afin que les gens peu aisés qui avaient jusqu'ici trouvé un asile dans leur maison si petite qu'elle fût, pussent la rendre de nouveau habitable, nous avons, aux endroits où les faits de ce genre étaient le plus frappants et le plus nombreux, admis des suppléments généraux à nos estimations des bâtiments ; on les trouvera indiqués à la fin de notre résumé des estimations. Le montant total de ces sommes s'élève à fr. 42,000 et se répartit entre quatre localités, savoir : Montlingen .

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. fr. 25,000 Bnrgerau .

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» 10,000 Widnau, .

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. » 5,000 et Salez .

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. » 2,000 La répartition de ces sommes entre les particuliers incombera naturellement aux comités de secours.

A l'occasion de l'estimation des bâtiments,' nous avons remarqué, dès la première semaine, que partout où nous arrivions les autorités communales se servaient d'un formulaire préparé par le Gouvernement de St. Gali et qui ne renferme pas les mêmes rubriques que le formulaire fédéral. Ayant appris, dans une réunion que nous eûmes le 1er Novembre avec la section du Canton des Grisons, que toutes les communes de ce Canton avaient reçu précédemment le formulaire exact et que partout la Commission avait trouvé les tableaux préparés d'après ce formulaire, nous nous empressâmes de demander, dès le même soir, aux préfectures des quatre districts de notre section qu'elles fissent remettre à toutes les communes intéressées le nombre voulu d'exemplaires des tableaux exacts, avec les instructions y relatives, en les invitant instamment à remplir le plus promptement possible ces formulaires conformément aux instructions.

Le 10 Novembre nous n'avions encore reçu d'aucune commune l'avis que les tableaux étaient prêts. En outre, des affaires urgentes avaient obligé Mr. le Conseiller national Vogel de partir pour Berne le 10 au soir.

Le 11 Novembre, Mr. le colonel Praisse et Mr. Beck-Leu eurent une conférence avec des délégués de Ragatz. Le secrétaire expédia aux conseils communaux de toutes les communes intéressées du district de Werdenberg une circulaire pour les engager

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à accélérer leurs travaux préliminaires et leur fournir des instructions spéciales relativement à la confection des tableaux.

Dans l'après-midi, le secrétaire fut chargé de se rendre à Sargans, Mels et Vilters, pour examiner l'état des travaux dans ces localités et fournir au besoin les instructions nécessaires. Partout on était fort en retard, de sorte qu'il fallut stimuler les autorités locales.

La journée entière du 12 Novembre fut consacrée à l'estimation de bâtiments, parce qu'il était résulté clairement des conférences spéciales avec les autorités de Ragatz et de Mels qu'il y avait encore dans ces deux communes un nombre important de bâtiments qui devaient être taxés comme ayant subi des dommages ou ayant même été complètement détruits.

Aussitôt que, le 13 Novembre, on reçut de Buchs le premier avis que les tableaux de cette commune étaient prêts, Mr. BeckLeu et le secrétaire Hertlin s'y rendirent afin d'examiner ce travail et de le compléter au besoin. Le même jour, Mr. le Conseiller national Vogel revint à Eagatz.

Le 14 Novembre au matin, MM. Vogel et Beck-Leu se rendirent à Buchs, de là à Sevelen et à Wartau-Trubbach pour examiner et vérifier les estimations du sol.

Le secrétaire fut chargé de visiter toutes les communes du Rheinthal supérieur et du Rheinthal inférieur, de s'assurer si toutes les communes intéressées avaient reçu des tableaux où devaient être indiqués les dégâts, et d'accélérer partout les travaux préparatoires, en fixant des délais quand il le jugerait nécessaire. Le secrétaire trouva les tableaux prêts à Au, Berneck, Balgach, Marbach et Grabs; des délais lurent fixés d'après l'état et l'étenduedés travaux pour les communes de Diepoldsau, de Rebstein, d'Altstetten, d'Oberriedt, de Rüthi, de Sennwald et de Gains.

Le 16 Novembre dès le matin, MM. Vogel et Beck-Leu inspectèrent le territoire de Ragatz.

L'après-midi fut consacré à l'examen des lieux à Sargans et à Mels.

Le matin du 17 Novembre, MM. Vogel et Beck-Leu inspectèrent le territoire de Wartau et de Sevelen qui avait souffert des inondations. Le secrétaire se rendit à Buchs en vue de l'achèvement des tableaux de cette localité.

Mr. le colonel Fraisse inspecte en bateau, avec Mr. l'ingénieurchef Hartmann, la digue du Rhin, et il se retrouve le soir du 18 à Altstätten avec les autres membres de la Commission.

323 Le 17 Novembre après-midi, en partant de Buchs, on procède d'abord à l'estimation de quelques dommages causés à des bâtiments à Werdenberg-Grabs, après quoi l'on inspecte les parties inondées de Grrabs et de Gams. Le soir on arrive à Oberriedt.

Le 18 Novembre, à 8 heures du matin, Mr. Vogel, Mr. BeckLeu et le secrétaire se rendent à Rüthi.

On retourne ensuite à Oberriedt.

Après midi l'on fait des inspections locales à Oberrieit, Montlingen et Kriesern.

Le soir on arrive à Altstätten.

Le jeudi 19 Novembre, inspections locales à Marbach, Rebstein et Balgach. Le secrétaire se rend à Diepoidsau, où les tableaux continuent à être en retard.

A midi, l'on se rencontre à Au.

Mr. le colonel Fraisse retourne d'Altstätten à Ragatz.

Après midi, MM. Vogel et Beck-Leu se rendent sur le théâtre de l'inondation .avec une délégation des autorités communales, afin de vérifier les estimations du conseil communal.

Le 20 Novembre il est procédé à la vérification des estimations à Widnau et à Schmitter; le soir on retourne à Oberriedt.

Le samedi 2l Novembre, les membres de la Commission -- Mr. le colonel Fraisse était revenu la veille au soir de Ragatz -- partent pour Sennwald et Salez afin d'y vérifier les estimations et la combinaison des chiffres fournis.

Le secrétaire reste à Ober.riedt pour faire achever les tableaux de cette localité. -- Le 21 Novembre à midi l'on se rencontre à .Salez et l'on procède ensuite à l'examen des lieux ainsi qu'aux estimations de terrains à Haag; le soir on retourne à Ragatz. On y trouve encore quelques tableaux d'estimations qui sont parvenus dans l'intervalle, entr'autres ceux de Vilters-Wangs, dont l'examen démontre la nécessité de procéder à une nouvelle inspection des lieux pour vérifier les chiffres des dégâts causés au sol. A cet effet, MM. Vogel et Beck-Leu se rendent sur place le dimanche 22 Novembre dans la matinée, avec une délégation de la commune de Vilters, avertie par un exprès.

Dans l'après-midi, la Commission achève les estimations spéciales du sol pour les tableaux parvenus les derniers jours, elle les établit et les arrête définitivement en les comparant avec celles des localités placées dans les mêmes conditions. Les tableaux de Diepoidsau ne parviennent que le 22 Novembre après midi. Ceux de

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Eagatz n'étaient pas encore achevés ; mais on avait pour base un aperçu comparatif complet des estimations faites avec le plus grand soin.

Enfin, on put, le 23 Novembre, déterminer une somme totaleprovisoire; elle s'élevait à environ 2 J / a millions de francs.

·> Nos travaux se trouvaient donc achevés pour le moment.

Nous croyons devoir ajouter ici quelques observations ayant un caractère" général.

La délégation du haut Gouvernement de St. Gali nous ayant définitivement quittés dès le 28 Octobre lors des estimations de& bâtiments à Burgerau, nous avons été réduits à ne plus communiquer que par correspondance avec l'Autorité cantonale, de sorte que nous avons préféré le plus souvent nous mettre directement en rapport avec les autorités communales.

Si les tableaux exacts avaient pu être présentés au moment opportun, la Commission aurait gagné beaucoup de temps, en ce sens notamment qu'elle n'aurait pas eu besoin de changer aussi fréquemment de station.

Il est vrai que la préparation et l'achèvement des tableaux a> occasionné un travail long et pénible dans les communes qui avaient souifert le plus de dommages, et cela surtout parce que les formulaires fournis par le Canton et qu'on avait déjà remplis en plusieurs endroits n'offraient que peu de points de repère pour les tableaux fédéraux, de sorte que le travail était presque entièrement à refaire.

Avant de passer au rapport spécial, nous devons faire observer à titre d'introduction que pour un grand nombre de tableaux préparés par les communes, c'est-à-dire pour tous ceux qui ne nous sont parvenus que lors de la visite des lieux et de la vérification ou plus tard encore, il ne nous a pas été possible de spécifier lea détails de nos propres estimatiorfs ou de modifier chaque chiffre sur les tableaux.

Nous avons à faire remarquer à ce sujet que pour toutes les localités qui se sont trouvées dans ce cas, la Commission d'estimation a vérifié les données des communes en présence des délégations communales et a dû apporter à ces chiffres bien des modifications ; ce sera aux autorités communales à répartir les estimations de la Commission telles qu'elles sont indiquées partout aux tableaux récapitulatifs.

Nous entrons maintenant en matière sur notre rapport spécial en nous réservant de le faire suivre des autres observations générales que nous pourrions avoir à présenter. Nous commençons par l'extrémité supérieure du territoire qui composait notre section :

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  1. Pfaffers.

Par lettre du 28 Octobre 1868, le haut Gouvernement du Canton de St. Gali nous transmit un mémoire portant les signatures de 12 citoyens de Vättis (commune de Pfaffers) et constatant qu'à la fin de Septembre et au commencement d'Octobre les eaux de la Tamina leur avaient causé une perte totale de fr. 3056. 50.

Le Gouvernement de St. Gali désirait que ces personnes fussent mises au bénéfice des mêmes avantages que les autres habitants du Eheinthal atteints par les récentes inondations. La Commission ne vit aucun inconvénient à accéder à ce voeu. Toutefois, comme dans l'intervalle la neige avait rendu impossible une inspection des lieux, nous fîmes venir à Eagatz une délégation communale. Mais le président de la commune de Pfäffers nous déclara, dès que le tableau eut été présenté, que ce tableau ne constatait que la plus faible partie des dégâts dont sa commune avait été victime.

Cette conférence resta donc sans résultat.

Le 16 Novembre nous reçûmes une nouvelle lettre du haut Gouvernement, accompagnée d'actes desquels il résultait ce qui suit : 1. A Vättis et Mühletobel-Vasön, commune de Pfâffers, la crue des eaux de la Tamina a causé, le 23 Juillet 1868, des dégâts pour une somme de fr. 21,986; ces dégâts ont été évalués officiellement et il a été déjà payé par la Caisse du fonds général de secours de St. Gali une indemnité du 5 °/0 de la perte, soit de fr. 1100 environ.

2. A la fin de Septembre ou au commencement d'Octobre 1868, les débordements de la Tamina ont causé de nouveaux dégâts, savoir : A Vättis, prés et forêts. Le premier tableau a été déclaré incomplet, parce qu'il avait été rédigé sans débats contradictoires et transmis directement au Gouvernement. On a transmis ensuite un second tableau contenant les noms de 14 personnes, de même qu'une estimation de digues, etc., à Miihletobel pour 3 propriétaires, au montant de fr. 3600.

3. Le 17 Octobre de cette année, l'incendie a détruit à Vätterberg, commune de Pfaffers, 10 granges et 3 maisons, et 13 pièces de bétail ont péri dans les flammes.

Le dommage total est de fr. 17,200. On n'avait assuré que fr. 1400. Le capital imposable des 9 personnes atteintes par le sinistre s'élève à fr. 25,000 environ.

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II est dit dans la lettre du Gouvernement du 16 Novembre: « Comme la demande du Conseil communal de Pfàffers rentre « dans la sphère des fonctions qui vous incombent, nous nous bor« nons à vous transmettre simplement par la présente la requête « dont il s'agit et les actes qui s'y rapportent. » La Commission répondit de suite qu'elle désirait que le Gouvernement s'exprimât d'une manière tout-à-fait précise à cet égard, notamment pour ce qui concernait les dommages causés antérieurement à la catastrophe de la fin de Septembre et du commencement d'Octobre. Le Gouvernement nous déclara alors, sous la date du 18 Novembre, « qu'il désirait vivement qu'on fit entrer aussi en « ligne de compte les dégâts survenus antérieurement à la grande « inondation. » La Commission a cru devoir examiner les dommages causés par la crue des eaux à la fin de Septembre et au commencement d'Octobre dans la commune de Pfaffers, particulièrement à Vättis et à Vasön, et, après qu'on en eut conféré avec les délégués de Pfàffers, les chiffres présentés ont été admis, avec peu de modifications, au montant de fr. 12,693, dans l'estimation générale des dommages.

Quant aux autres réclamations, la Commission ne s'est pas jugée compétente pour prendre des décisions à cet égard.

D'après les pièces annexes, les pertes occasionnées par l'inondation du 23 Juillet et l'incendie du 17 Octobre de cette année se sont élevées à fr. 40,000 environ.

Nous laissons entièrement à votre appréciation les mesures à prendre à ce sujet.

2. Ragatz.

Cette commune a un territoire très-étendu sur la plaine et elle a beaucoup souffert du débordement du Rhin au-dessus du village. La Tamina amenait des masses d'eau considérables, qui étaient retenues par la digue du chemin de fer ; cet obstacle ayant été écarté -- la digue du chemin de fer fut enlevée depuis le pont sur le Rhin jusqu'à la gare -- les masses d'eau se précipitèrent sur les parties basses situées derrière et s'étendirent aussi sur le territoire de Vilters, · de Mels, de Sargans jusqu'à Wartau, enlevant parfois le sol et le couvrant ailleurs d'une forte couche de sable, de cailloux et de limon d'une hauteur de 3 pieds et même plus.

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Des 495 arpents indiqués comme ayant été atteints par l'inondation, le quart a été porté sous la rubrique des terrains entièrement détruits; parmi ces terrains se trouvent de grandes parcelles ·de bonnes terres'et une quantité assez considérable de vignes.

Sur ces 495 arpents il y en a 220 qui se composent de terrains communaux ayant subi des dégâts. Ces terrains étaient amodiés à vie aux bourgeois.

Le lit de la Tamina depuis les bains de Eagatz jusqu'au E u in doit s'être élevé de 6 à 8 pieds par suite de l'obstacle apporté à l'écoulement des eaux. Ce que nous pouvons affirmer à cet égard, -c'est que nous avons vu des fenêtres donnant sur la Tamina qui n'étaient plus que d'un pied environ au-dessus du lit du fleuve et qui, par conséquent, sont tout-à-fait enterrées par le galet.

En ce qui concerne les dommages causés aux bâtiments, nous devons mentionner surtout le groupe de maisons situé près de la gare. Les eaux y ont fait des dégâts considérables et elles ont presque entièrement détruit les plantations en môme temps que la ·terrasse et les dépendances. Les dommages le long de la Tamina fit à St. Léonard n'ont pas grande importance.

3. Vilters.

Cette commune se divise en deux sections: Vilters et Wangs.

Le chiffre de 214'/2 arpents pour la superficie n'est pas exagéré, et en particulier on n'avait pas porté assez à la rubrique relative au terrain entièrement détruit, tandis que la Commission a dû réduire notablement les classes des terrains ayant perdu de leur valeur ou ayant subi des dégâts. On trouve seulement 73 arpents environ de terres atteintes par les eaux et appartenant à des corporations, tandis que 141'/j arpents sont désignés comme propriétés particulières. Les tableaux de Vilters nous sont parvenus le 21.

4. Mels.

Des 193'/2 arpents du terrain de la commune de Mels qui ont souffert de l'inondation, il n'y en a point sous la rubrique «entièrement détruits,» mais il y a 70 arpents dans la classe des terrains «ayant perdu de leur valeur.» Le chiffre de fr. 300 de dommages par arpent n'est pas exagéré, eu égard aux prix ordinaires de fermage des terrains dont il s'agit. On trouve donc ici une augmentation d'environ fr. 13,000 'sur l'estimation des terrains.

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5. Sargans.

Cette commune a eu un grand territoire envahi par les eaux; mais plus de la moitié des terrains n'ont subi que des dommagesdé peu d'importance; ce sont en majeure partie des prés qui ont été couvarts d'une couche de limon plus ou moins épaisse. L'autorité communale n'en avait pas moins placé les 698 arpents dansla catégorie des terrains «ayant perdu de leur valeur.» Aussi duton, comme à Vilters, réduire considérablement les estimations, bien qu'un terrain de 5 arpents ait été rangé dans la classe des terresentièrement détruites et porté au tableau pour une porte de fr. 1000 par arpent.

On a dû réduire presque dans la môme proportion l'évaluation des «digues», parce qu'un certain nombre de ces travaux sont à la "charge non pas des communes, mais bien de l'entreprise des constructions sur le Rhin, et parce que, du reste, plusieurs estimations talent trop élevées.

6. Wartau.

Cette commune comprend les localités de Wartau et de Trübbach.

Les dommages causés dans cette commune n'ont que peu d'importance; la somme de 5000 fr. qui en forme la partie principale se rapporte à un terrain communal de 71 arpents, et les fr. 9000 prévus pour digues, routes et ponts, concernent la fortune publique ou des corporations, qui, comparativement à leur avoir -- la commune de Wartau a une fortune imposable de fr. 1,270,000 -- n'ont que peu souffert.

. Par contre, Christian Saxer, batelier à Trübbach, a subi des pertes notables. Saxer tenait le bac sur le Rhin et il a perdu tout son matériel: 4 bateaux, des cables, les arbres soutenant les traverses, des planches, etc. Le tout a été taxé au plus bas prix.

Saxer ne possède pas de fortune imposable.

7. Sevelen.

La commune de Sevelen possède des propriétés très-étendues, qui ont beaucoup souffert de l'invasion des eaux du Rhin. Fort heureusement, le village même a été épargné.

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Une double vérification des estimations faites par les autorités communales n'a pas, il est vrai, apporté des modifications bien sensibles dans nos estimations ; toutefois il a fallu réduire ces dernières et changer la répartition des classes. Les chiffres indiqués pour les « terrains détruits » sont basés sur les prix moyens de la contrée.

8. Bucbs.

C'est la commune de Buchs, avec les localités de Burgerau, Räfis et Alteudorf, qui figure dans les dommages pour la somme la plus forte. Le chiffre total des dégâts est de fr. 350,399, dont fr. 46,000 environ se rapportent à des bâtiments détruits ou endommagés, et fr. 162,000 aux dommages causés aux terres.

Nous mentionnons particulièrement la localité de Burgerau.

Cette localité, où l'on compte 87 faites, est située à 25 minutes environ au-dessus de Buchs et du côté du Rhin, sur un terrain plat coupé par la voie ferrée, qui forme une digue d'à peu près 7 pieds de hauteur.

Toutes les maisons, sauf quelques rares exceptions, sont entièrement construites en bois; elles sont presque toutes petites et basses; beaucoup d'entr'elles sont vieilles et menacent ruine.

La pression du Ehiu depuis le débordement près de Sevelen a porté toute entière obliquement sur Burgerau, et les masses d'eau se sont précipitées contre la voie ferrée, qu'elles ont rompue ensuite pour se répandre à droite et à gauche dans la plaine. La localité de Burgerau, complètement transformée enpine mer de limon, a tout perdu et se trouve dans l'état le plus déplorable.

On ne peut plus distinguer les routes entre les maisons; tout est recouvert d'une couche de limon d'un noir sale de 3 à 4 pieds de hauteur ; dans les caves, dans les maisons, les habitants enlèvent péniblement les masses de vase; ils espèrent en débarrasser leurs locaux et rendre de nouveau leurs cabanes habitables.

La constatation des dommages cax;sés aux habitations a été fort désagréable. La bourbe qui y séjournait depuis des semaines et les substances végétales et animales en décomposition qu'elle contenait infectaient l'atmosphère de telle sorte que les miasmes étaient parfois à peine supportables1. 11 est très-heureux, à notre avis, que la catastrophe n'ait pas eu lieu pendant la saison chaude.

Ces émanations empoisonnées se seraient développées dans une bien plus forte mesure et n'auraient pas tardé à provoquer des maladies épidémiques.

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Ces maisons ne devraient pas être de nouveau habitées, et, ·du reste, on ne viendrait en aide d'une manière sérieuse et durable à ces gens presque tous pauvres et hors d'état de se sortir euxmêmes d'affaire, que si l'on transférait leur groupe d'habitations en un endroit plus sûr. L'insécurité constante dans laquelle ces pauvres gens doivent vivre paralyse leur activité et leur développement sous tous les rapports.

Ce n'est pas sans motifs qu'ils peuvent se dire : « A quoi me <t sert de me fatiguer au travail et de cultiver mon champ avec «ardeur? Demain déjà, ou en tout cas très-prochainement, le « Ehin viendra détruire d'un seul coup tout ce que j'ai fait, le « fruit de mon oeuvre, et mettre à néant toutes mes espérances.» Aussi croyons-nous qu'il faut, autant que possible, qu'on vienne à leur aide de la manière la plus complète.

·Le dommage causé aux terres n'est pas considérable à Burgerau ; cela provient de ce que tout le terrain appartient à la communauté. Les maisons elles-mêmes sont presque toutes construites sur le terrain Communal et la maison seule est propriété particulière.

Des terrains inondés dans toute la commune de Buchs, 43 arpents seulement appartiennent à des particuliers, tandis que 900 arpents sont la propriété de la communauté.

On s'en était tenu à des chiffres assez bas pour l'estimation des dommages dans la commune de Buchs. La Commission a dû augmenter dans une assez forte mesure l'évaluation soit des bâtiments soit des terrains.

Nous devons d'ailleurs dire ici, à l'honneur des autorités communales de Buchs, que, malgré l'importance du travail qui leur incombait, elles ont été les premières à nous transmettre leur tableau et que ce tableau a été le seul que nous ayons trouvé parfaitement complet.

6 personnes ont péri à Buchs en suite de l'inondation, savoir: 1. Kehl, Louis, garde-frontière, citoyen de Bebstein, âgé de 44 ans, catholique.

2. Zündt, Catherine, femme du précédent, âgée de 41 ans, catholique.

Ces deux personnes périrent dans la matinée du 28 SeptembreMenacées de deux côtés par les eaux, et craignant l'écroulement de leur maison -- maison de garde au bord du Ehin -- elles sauvèrent d'abord leurs trois enfants, qu'elles conduisirent sur la digue intérieure ; puis elles retournèrent à leur logis pour en emporter leurs meubles les plus précieux. A ce moment la maison s'écroula et fut

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entraînée avec les deux victimes. Les enfants des époux Kehl ainsi sauvés par leurs parents sont: a. Louis Kehl, âgé de 15 ans, actuellement au séminaire des jeunes garçons à St. Georgen.

b. Jean Kehl, âgé de 14 ans, actuellement à St. Interzali, où il apprend l'etajj, de forgeron auprès d'un frère do son père.

c. Arnold Kehl,' âgé de 6 ans, à Oberriedt, où il a été recueilli par le gendarme Kehl (frère de Louis Kehl).

La famille Kehl se trouvait dans une position gênée.

3. Schlegel, Jean, fils de feu Michel, agriculteur, époux de Afra Schäpper, bourgeois de Sevclen, demeurant à Buchs, était âgé de 27 ans. Il périt également clans la matinée du 28 Septembre, alors qu'il était occupé à faire rentrer le bétail du pâturage. Il laisse des parents aisés, qui prendront soin de sa femme et de ses deux enfants, Jean, âgé de 2 ans. et Ursule, âgée de 6 mois.

4. Rohrer, Wolfgang, fils de Wolfgang, âgé de 40 ans, célibataire, était valet chez Jean Schlegel et périt en même temps que lui en voulant lui aider à faire rentrer le bétail. Ses parents sont morts. Il ne possédait pas de fortune.

5. Zogg, Henri, fils de Jean, âgé de 16 ans, de Grabs, ci-devant domicilié à Buchs, brodeur, périt aussi le 28 Septembre au matin, en voulant aider Jean Schlegel à sauver son bétail.

Zogg laisse un vieux père indigent, dont il devait être plus tard le principal soutien.

6. Seh wendener, Andre, fils de Nicolas, à Burgerau, âgé de28 ans, périt le 3 Octobre, alors qu'avec 5 autres personnes il se proposait de se rendre en bateau dans la maison paternelle ; le bateau chavira et Jean Schwendener fut noyé, tandis que les 5 autres personnes purent heureusement se sauver.

Schwendener était un brave jeune homme, seul soutien de ses parents indigents.

9. Grabs.

Le dommage le plus considérable causé par l'inondation dans cette commune consiste dans la perte de fruits du sol qui n'avaient pas encore été récoltés. Les dégâts au sol et aux bâtiments sont de peu d'importance.

Les bâtiments endommagés, au nombre de 6, forment tin groupe à côté du village de Grabs, attenant à Werdenberg-Buehs.

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10. Garns.

Il n'y a pas non plus ici de grandes pertes à déplorer. Presque tout le territoire atteint par l'inondation et recouvert par le limon se compose de marais et est situé à une grande distance du village. Ce dernier et le terrain avoisinant, à l'exception de ces 68 arpents, ont été épargnés. Nous devons mentionner spécialement ici une des personnes qui ont souffert des dommages, savoir Mathieu Gantenbein, aubergiste à la station de Haag. Les pertes qu'il a subies en fruits du sol et en mobilier ont été évaluées à fr. 1567 et constituent ainsi près d'un tiers de l'ensemble des dommages indiqués pour toute la commune de Garns. Gantenbein est du reste sans fortune.

11. Sennwald.

Les communes de Sennwald, de Haag et de Salez forment ensemble la commune politique de Sennwald. Le total des pertes subies par ces trois localités s'élève à fr. 273,108.

Les communes de Haag et de Salez, situées plus bas, ont beaucoup souffert. Ou n'a pu malheureusement indiquer sur les tableaux la part afférente à chacune des trois communes.

L'estimation du sol, qui est très-ótendu, a eu lieu, par conséquent, en bloc.

Les autorités ont évalué à 1669 arpents l'étendue du sol ayant subi des dommages. Mais il s'y trouve de grandes parcelles marécageuses (plus de 200 arpents), qui ont été submergées pendant un certain temps et sont encore en partie couvertes d'une légère couche de limon.

Nous estimons que le séjour de l'eau sur ces terrains marécageux et la vase qui y est restée sont plutôt favorables que nuisibles au sol. C'est pourquoi nous avons supprimé de l'estimation 220'/2 arpents.

En général, les estimations étaient trop faibles. Nous avons considéré 20 arpents comme entièrement détruits, et nous les avons évalués au prix courant de fr. 850 l'arpent. Quant aux terrains « ayant perdu de leur valeur » nous avons porté le dommage à fr. 180 par arpent. On trouve des terrains extrêmement étendus, quelques-uns même de 80 à 100 arpents, couverts presqu'en totalité d'une couche de limon de 1 à 2 pieds.

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Aussi nos estimations pour les dommages causés au sol sontelles de fr. 25,000 environ supérieures à celles de l'autorité communale.

Quant aux estimations de bâtiments, elles concernent 27 maisons à Haag, 48 à Salez et 15 à Sennwald. Tout le village de Salez, à très-peu d'exceptions près, s'est trouvé de six pieds sous l'eau au moment où l'inondation avait atteint son plus haut degré.

On aperçoit encore aux branches des arbres quelques racines, de la paille, etc., que les hautes eaux y ont déposées et serrées pendant les jours néfastes du commencement d'Octobre. L'état des choses ii Salez et dans une partie du village de Haag a beaucoup de ressemblance avec celui que nous avons constaté à Burgerau. Tout autour des maisons et souvent dans les maisons même on trouve des couches épaisses de vase sale et puante. Les vergers sont couverts de limon et fort endommagés.

En ce qui concerne les maisons à Gartis, près Salez, nous ne pouvons que répéter l'observation que nous avons faite à propos, de Burgerau, à savoir que ces maisons ne peuvent plus Otre habitées et doivent être transférées ailleurs. C'est pourquoi vous trouverez sur notre tableau récapitulatif l'estimation-des bâtiments de Salez augmentée d'une somme supplémentaire que nous avons déterminée d'une manière générale.

12. Hfillii.

Il n'y a dans cette commune que des dommages de peu d'importance se rapportant aux fruits du sol et à quelques bâtiments au-dessous du village, près du Hirschensprung. Les hautes eaux ont cependant couvert en grande partie le territoire de Riithi, et cela à plusieurs pieds de hauteur; mais les dégâts ont été peu sensibles, parce que les eaux se sont promptement retirées.

L'ensemble des dommages s'élève à fr. 9,491, y compi'is fr. 6,000 pour la construction de digues.

13. Oberriedt, avec les localités d'Eichenwies, Holzrhode, Montlingen et Kriessem, est une des plus grandes communes du Rheinthal. Son étendue est de 2 lieues environ.

334

L'ensemble des dommages causés par l'inondation dans cette commune s'élève à fr. 307,379, dont à peu près fr. 140,000 pour les terres, » 50,000 » » bâtiments, » 68,000 sous la rubrique « fruits. » De toutes les communes, la plus rudement éprouvée est celle de Montlingen, située près du Khin dans le fond de la vallée. L'ensemble des dégâts dans cette localité ascende à fr. 158,000.

Nous avons trouvé toutes les maisons, au nombre de 121, plus ou moins endommagées. Les masses d'eau se précipitant dans la partie inférieure du village, au Tänneli, ont marqué les maisonsjusqu'à une hauteur de 6 pieds et emporté ça et là quelques parties des bâtiments, ici un hangar, plus loin une étable à porcs, etc. ; mais aucune maison du village n'a été entièrement détruiteCe fait est d'autant plus remarquable que les maisons du Tänneli se trouvaient extrêmement exposées, de telle sorte qu'eu égard à la hauteur que les eaux avaient atteinte, on est tenté de croire à un miracle, en voyant encore debout ces vieilles maisons de bois, la plupart vermoulues. Seul un moulin sur le ßhin, appelé « Schiffmühle im Ehein », a été la proie de l'élément destructeur. Le bâtiment entier a été emporté et se trouve maintenant profondément enfoncé dans un banc de gravier à une demi-heure à peu près au-dessous du village, non loin de la rive autrichienne. Toute la construction, dont les pièces paraissent encore tenir ensemble, est détruite et forme des débris qui n'ont d'autre valeur que celle du bois utilisable.

La partie supérieure, c'est-à-dire le village proprement dit, était recouverte de 5 pieds d'eau environ, mais avec un plus faible courant; c'est pourquoi il s'y est déposé plus de vase, de sorte que nous y retrouvons la mer infecte de limon dont nous avons parlé plus haut. On ne peut s'introduire dans plusieurs maisons qu'à l'aide de ponts. Et cependant nous avons trouvé habitées toutes ces maisons (dont la plupart ne sont que des cabanes), bien qu'un grand nombre d'entr'elles n'aient pas encore été débarrassées du limon et que d'autres ne l'aient été qu'en partie. --· 31 Octobre.

Le village de Montlingen devrait être reconstruit en entier et transféré sur la colline située en arrière de l'emplacement actuel.

Toutes les fois que le Rhin grossit, ce village est exposé à des dangers et à des dégâts et il ne paraît pas possible de le garantir d'une manière suffisante par des constructions fluviales. On ne peut trouver de salut qu'en quittant ce lieu de malheur.

Le total des dommages causés au sol a été évalué par la, Commission à environ fr. 140,000, c'est-à-dire à un chiifre supé-

335

rieur de fr. 7,000 seulement à celui qu'avait indiqué l'autorité communale; mais nous différons notablement des appréciations de cette dernière quant à la répartition de cette somme. C'est surtout à Montlingen que nous avons porté les estimations à un chiffre plus élevé, et cela pour une somme de fr. 10,000 environ, tandis que nous les avons légèrement réduites pour Oberriedt.

Le village de Kriessern, à 40 minutes au-dessous de Montlingen et tout-à-fait dans la partie basse à une faible distance du Bhin, est bien loin d'avoir souffert autant des inondations que celui de Montlingen; toutefois les dégâts sont considérables et se font sentir d'une manière d'autant plus sensible qu'en somme la commune est pauvre. Les habitants aisés seront ici très-vite payés.

Nous avons évalué à fr. 5,500 les dommages causés à 41 maisons de Kriesseru. -- Ce sont moins les dépôts considérables de limon ou les eaux courantes qui ont ici causé des dévastations que le séjour prolongé d'eau stagnante.

Nous avons modifié la répartition et élevé quelque peu le total de ces estimations.

L'ensemble des pertes pour Kriessern s'élève à fr. 56,095.

Deux personnes ont péri dans ce village le 28 Septembre en suite de l'inondation: Jacques Wüst, maçon, de Montlingen, né le 3 Mai 1814, et son fils, Jean Wüst, né le 27 Juillet 1847, se trouvaient sur le bord du Bhin pour amener sur la rive le bois emporté par les eaux. La crue subite du fleuve leur coupa la retraite et ils furent emportés par le torrent. On n'a pas encore retrouvé leurs cadavres.

Wüst père laisse 2 filles, l'une de 19 et l'autre de 15 ans, qui sont sans fortune. Cette famille vivait du travail de ses mains.

14. Altstâtten.

Altstätten est situé à une assez grande distance du Rhin; il n'en a pas moins eu.une partie de son territoire submergée.

Nous n'avons eu connaissance de ce fait que lors de notre inspection du 15 Novembre.

Les autorités d'Altstätten nous ont toutefois déclaré qu'elles n'avaient pas procédé à une évaluation du dommage parce qu'elles ne le considéraient pas comme assez important, et qu'elles ne réclamaient aucune indemnité.

Feuille fédérale suisse. Année XXI.

Vol. I.

24

336

La localité de Lienz, qui appartient a Altstätten, dans ce qu'on appelle l'Eisenriedt, près de Bühel, a subi des dégâts un peu pins considérables.

Les estimations faites par le conseil communal et que nous avons trouvées exactes après les avoir examinées, portent à fr. 1308 seulement le total des pertes constatées à Lienz.

15. Marbach.

Cette commune se trouve aussi à une assez grande distance du territoire inondé, mais il possède des biens communaux dans l'Eisenriedt, où il a perdu notamment une certaine quantité de bâche qui n'avait pas été rentrée et qui a été emportée par les eaux. Les dégâts causés au sol se rapportent au marécage qui, situé sur le territoire de Marbach, appartient à la commune d'Eichberg. La somme totale a été fixée à fr. 4590.

16. Rebstein.

Cette commune est également située passablement loin du territoire rhénan proprement dit ; mais il possède sur ce territoire de grandes propriétés qui font partie du bien communal.

Le marécage, qui se trouve en dehors de la ligne du chemin de fer, a été couvert de limon ; le conseil communal a estimé à fr. 114 par arpent les dégâts causés sur une étendue de 184 arpents, portée à la 3e classe: « terrains ayant subi des dommages. » La Commission, après s'être transportée sur les lieux, a trouvé que cette estimation était modérée et elle l'a acceptée.

Le total des dommages s'élève à fr. 27,585.

17. Balgach.

Balgach est une commune importante et riche, située en arrière de la ligne du chemin de fer, dans une position très-favorable.

Elle possède des biens communaux considérables, dont une partie se trouve sur plaine et ont souffert des inondations. Les autorités communales ont taxé à fr. 100 par arpent une propriété

337

de 80 arpents qui a subi de notables dommages, soit en suite des dépôts de limon, soit parce qu'elle a été lavée par les eaux. La Commission a trouvé cette estimation parfaitement justifiée. Quelques "bâtiments appartenant à la commune de Balgach ont aussi été fortement endommagés, savoir le moulin du marais et la maison du fabricant Schmidheimer à Hecrbrugg. La perte la plus considérable -- fr. 11,361 -- se rapporte aux «fruits du sol.» Il s'agit des récoltes de l'année perdues pour les ayants-droit aux biens communaux, qui sont pour la plupart des gens pauvres.

C'est grâce à la vigilance et à l'activité persévérante des habitants de Balgach, que le territoire de cette commune n'a pas souffert de dommages plus graves. L'eau avait déjà atteint l'extrémité supérieure de la digue, lorsque le danger fut signalé et que tons se mirent à l'oeuvre pour commencer les travaux qui devaient les garantir de l'inondation. Leurs efforts ont été couronnés de succès, car c'est l'eau stagnante et non pas le courant qui a occasionné des dégâts sur leur territoire. Le total de la perte est, proportion gardée, peu considérable: il s'élève à fr. 25,291.

18. Berneck.

Berneck compte au nombre des plus belles communes du Eheinthal et il n'a guère souffert des inondations.

Il est vrai que l'eau retenue s'est étendue depuis Monstein jusque tout près du village ; mais elle n'a pas tardé à se retirer.

Les dégâts causés au sol sont de peu d'importance ; par contre on a perdu une grande quantité de récoltes sur les biens communaux.

Cette perte est évaluée à fr. 11,089.

Six bâtiments affectés aux poteries du côté de Heerbrugg ont été plus ou moins avariés. Nous avons estimé à fr. 1668 la perte qui en est résultée.

Le total des pertes s'élève à fr. 13,517.

19. Diepoldsau.

La commune politique de Diepoldsau se compose des communes locales de Widnau, de Schmitter et de Diepoldsau. Tout le territoire assez étendu de cette commune importante est situé dans le grand coude du Rhin qui serait en majeure partie coupé par l'exécution du projet de correction du fleuve. C'est Widnau qui

338

occupe la partie la plus basse, aussi le village même, les maisons et les terrains avoisinants ont-ils beaucoup souffert. Le torrent principal s'est précipité à travers le village, qui a bien 20 minutes de longueur.

Widnau se trouve presque au niveau le plus bas, de sorte que c'est là que l'eau a séjourné le plus longtemps. D'après les rapports des autorités elle est restée sur place pré? de 15 jours.

Presque toutes les maisons de ce village sont restées sous l'eau pendant tout ce temps; les dégâts causés à 178 habitations ont été évalués à environ fr. 55,000.

Dans la commune de Schmitter, déjà plus élevée mais plus rapprochée du Bhin, les eaux n'ont causé des dommages qu'à 9 maisons, et encore les pertes sont-elles de peu d'importance.

Diepoldsau n'a pas souffert du tout.

Nous devons, pour revenir à Widnau, faire une mention spéciale du lieu dit »Bünteli.» La partie la plus basse de cette localité est naturellement inondée, toutes les fois que le fleuve déborde. Les cabanes -- ce ne sont pas des maisons -- ont un aspect misérable et presque sans exception sont à peu près de nulle valeur. Plusieurs d'entre elles menacent ruine. Les habitants sont des gens pauvres, qui paraissent satisfaits de leur sort, mais uniquement parce qu'ils n'ont pas appris et qu'ils ne savent pas comment vivent partout les personnes soigneuses bien que peu favorisées de la fortune.

En inspectant les lieux pour vérifier les taxations de terrains, nous avons trouvé ici de notables inexactitudes. La somme totale portée sur notre tableau diffère peu, il est vrai, de celle des estimations du conseil communal ; mais ce dernier a porté au nombre des terrains ayant subi des dommages une vaste étendue, à peu près de 200 arpents, sur laquelle nous n'estimons pas qu'il y ait eu des dégâts valant la peine d'être mentiounés. Ces terrains ont, été lavés par l'eau ; mais ce sont les plus élevés, que l'eau a promptement quittés sans y déposer de galets, ou, quant au moins élevés, ce sont des terres marécageuses, où l'on ne met pas de fumier et auxquelles l'eau avec un peu de limon ne peut foire que du bien. D'un autre côté nous avons admis un plus grand nombre d'arpents sous la rubrique «terrains ayant perdu de leur valeur,» et nous avons ainsi élevé pour ces terrains l'estimation des dommages. C'est ce qui est arrivé notamment pour Widnau.

Schmitter a eu 2 arpents entièrement détruits; ce sont des terrains situés tout près de l'endroit où s'est rompue la digue intérieure au-dessous-de Schmitter.

339Les pertes s'élèvent en total à : ' fr. 170,000 environ pour Widnau, » 30,000 » - » Schmitter.

(Voir pour des renseignements plus précis, les tableaux p. 54 et 55.)

20. Au.

C'est dans la commune d'Au que les eaux du Ehin ont atteint leur niveau le plus élevé, bien que cette commune compte en somme parmi celles qui dominent le fleuve. L'écoulement des eaux venant de Widnau a été entravé par le Monstein et tout spécialement par la digue du chemin de fer au-dessous du village. L'eau a atteint ici une hauteur surprenante. Celui qui traverse le village et observe les traces que les eaux ont laissées à droite et à gauche ne peut s'empêcher de secouer la tête en signe d'incrédulité ; car ces traces, partout visibles et que le torrent lui-même a dessinées, atteignent souvent une hauteur de 10 pieds. Par bonheur ce torrent n'avait pas une course bien rapide ; ce n'est qu'après la rupture de la digue du chemin de fer au Monsteiu que le niveau s'est abaissé peu à peu ; les hautes eaux n'en ont pas moins persisté pendant une dixaine de jours.

La Commission a' évalué les dommages causés à 151 bâtiments. Le total des estimations est plus considérable -ici qu'ailleurs : il est d'environ fr. 91,000.

Les dégâts ne sont pas aussi importants à Au qu'à Burgerau, Salez ou Montlingen; mais les maisons ont en général plus de valeur que dans ces communes.

Au n'a presque que de grands bâtiments et un nombre respectable de maisons assurées pour de fortes sommes. Or, presque tout le village est resté dans l'eau pendant 10 jours au moins.

Le dépôt de vase a causé ici moins de mal que le fait que les maisons construites en bois se sont imprégnées d'eau par suite de la permanence du niveau élevé.

Le conseil communal a évalué trop bas les dommages causés au sol. Ses estimations ne sont pas non plus trop élevées en ce qui concerne l'étendue du terrain sur lequel les eaux ont produit leurs funestes eifets.

Après avoir visité les lieux, la Commission a pres'que doublé les estimations quant aux dégâts eux-mêmes.

340

Le séjour prolongé que les eaux ont fait sur des terrains pour la plupart cultivés et engraissés a causé des pertes sensibles, de aorte que la somme de fr. 50 par arpent est encore très-modérée.

Les terrains inondés appartiennent presque pour la moitié à la classe de ceux qui ont «perdu de leur valeur ;» l'estimation du dommage est de fr. 200 par arpent et elle serait plus élevée si les terres n'avaient pas eu général une moindre valeur dans la.

partie basse que sur les hauteurs.

Le total des dommages atteint le chiffre de fr, 241,629.

Avant de terminer notre rapport spécial, nous devons ajouter uu septième nom à ceux des 8 personnes -- 6 à Buchs et 2 àOberriedt -- que nous avons désigne«» comme ayant péri dans l'inondation:' Jacques Kurrer, de Berneck, âgé de 35 ans, célibataire, s'était rendu, le matin du 28 Septembre, dans le marécage de la commune de Berneck sur le territoire d'Oberriet, pour y faucher de l'herbe.

Surpris par le torrent il ne put s'orienter et il trouva la mor dans les eaux. Kurrer était entretenu à l'Hospice des indigents de Berneck, où vit encore sa mère.

En terminant nous ferons encore observer ce qui suit: 1. L'estimation des dommages causés au -sol a atteint, proportion gardée, un chiffre plus élevé dans le district de Werclenberg et. Sargans que dans les autres districts. Partout nous avons, pris la valeur des terrains pour base de nos évaluations calculées, au tant pour cent.

Les terrains out tons une moindre valeur depuis Buchs en aval que dans les contrées plus élevées.

2. Le niveau des eaux a atteint partout eu descendant .depuis Wordenberg une plus grande hauteur que clans la partie supérieure ;.

..mais, sauf à Salez et Haag ainsi que dans la partie supérieure de Montliugen, l'eau n'a pas.séjourné aussi longtemps dans la partie: basse que dans la partie haute.

3. Il nous paraît important de constater que de beaucoup lopins grand nombre des terrains désignés comme rentrant dans la.

première et la seconde catégorie des estimations, c'est-à-dire des.

terrains détruits ou ayant perdu de leur valeur, appartient à des corporations dont la fortune imposable s'élève, pour bon nombre d'entre elles,.à plusieurs millions de francs. Une corporation possédant une pareille fortune ne doit naturellement pas participer à la répartition des secours. Mais ce sont justement les personnes pauvres qui sont appelées a entretenir leurs familles en travaillant les terres dont on leur laisse" l'usufruit comme part dans la jouis-

341

sance des biens de la communauté. Si ces terres sont dévastées, ce qui faisait vivre .ces.familles n'existe,pins.

D'après les principes adraia pour la confection des tableaux le dommage causé au sol doit être constamment porté au compte du propriétaire.

Nous proposerions eu conséquence que partout où des biens de communautés ont subi des dégâts considérables on accordât une certaine somme, qui devrait servir exclusivement à indemniser les ayants-droit les plus pauvres. -- Nous laisserions aux comités locaux le soin, de constater les cas et nous les inviterions à faire des propositions à cet égard.

Il existe dans le Bheiiithal des communes qui donnent à, leurs ayants-droit autant de terres qu'il leur en faut pour qu'en déployant de l'activité ils puissent "aisément pourvoir à leur entretien et' à celui de leur famille. - En certains endroits ces jouissances se répartissent périodiquement; ailleurs elles sont cédées à vie.

4. Nous devons constater ici que toutes les estimations, qui sont basées uniquement sur ce que nous avons pu voir pai: nousmêmes, ne.. comprennent que les dommages tels qu'ils existaient, d'après notre appréciation, au moment où nous nous trouvions sur les lieux. Toutefois, quant à l'évaluation des dégâts causés aux ponts, aux routes et aux digues, il n'a pas-été possible de procéder à un examen détaillé.

Aux tableaux spéciaux des communes -- il y a en tout 20 communes politiques -- nous ajoutons un résumé général, d'après lequel le chiffre total des, pertes subies par le Rheinthal s'élève à fir. 2,438,165.

Le temps si court dont nous pouvions disposer ne nous a pas permis de vous présenter un rapport plus complet sur nos opérations; mais c'est avec le plus "grand plaisir que noua vous, transmettrons toute autre communication que vous pourrez juger utile en tant que nos observations nous permettront de le faire.

Nous saisissons ouLlt; occasion, Monsieur le Conseiller fédéral, pour vous renouveler l'assurance de notre considération la plus distinguée.

Olten, le 5 Décembre 1868. - .

: . .. Les membres de la Commission d'estimation·: Gr. IVaisse, ingénieur.

J. B. Vogel, Conseiller national.

Beck.Iieu, agronome et propriétaire.

342

Résumé Dommages causés aux routes, aux ponts et aux digues.

Dommages causés au

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Communes et Canton.

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860 92,388 30,000 21,000 90,000

30,000 40,000

52,500 .

48,030

3,600 74,615 7,550

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800

3. Viltsrg

4. Mels

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6. Wartau 8. Buchs . . · 9 . Grabs . . . . .

10. Gams

7,064 6,000 21,818 80

12. Rutili 13. OLerriedt 14. AHstelten 16. Rebstein . . . .

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17. Balgarh .

. . . .

18. Berneclt . . . .

.

20. Au 21. Etat de Si. Gali

1,480 560 1,400 300 4,400 3,500 21,323 5,1.50 3:0,500 12,600 y^oU^ 300 400 60

7,000 12,782 2,500

. . . .

22. Supplément penerai pour les pertes en bâtiments de: Montlingcn-Oberriedt Burgeran-Buchs . .

Widnau-Diepoldsau Salez-Sennwald . .

700 300 8,800 5,950 50,000

5,780

950 350 600 750 85 1,550 2,200 10,000

900 000 500

9693/10 1

120 250 184 85 450 60 6,580 1,042 8,350 , 466Vl.o

17,000 15,300 80.

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.126,000 52,360

750

1,600

34,000 40,000

235,004 70,917 36,980 7,620Vio 224,413

617,888

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Dommages causés aux bâtiments.

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Total des pertes.

343

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Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali

RAPPORT présenté au Département fédéral de l'Intérieur par la IIe section (St. Gall) de la Commission fédérale d'estimation, touchant les dommages causés par les inondations de Septembre et d'Octobre 1868.

In

Bundesblatt

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In

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Jahr

1869

Année Anno Band

1

Volume Volume Heft

09

Cahier Numero Geschäftsnummer

---

Numéro d'affaire Numero dell'oggetto Datum

06.03.1869

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319-344

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