FEUILLE FÉDÉRALE«SE.

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XVII. ANNÉE, VOLUME I.

r

No 15.

SAMEDI, 8 Avril Î865.

Abonnement par année (franco de port dans toute la Puisse) 4 francs.

Prix d'insertion : 15 cent, la ligne.

Les insertions doivent être transmises franco à l'expédition. -- Imprimerie et expédition de C.-J. Wyss, à Berne.

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Rapport annuel du

Consulat général suisse à Bataxia pour 1864.

(Du 28 Janvier 1865.) ,

Au haut Conseil fédéral.

Tit., Première partie.

  1. L'on peut en général qualifier de très-satisfaisante la situation de la colonie. La tranquillité la plus complète n'a cessé de régner à Java, à l'exception cependant d'un soulèvement insignifiant à Tagal qui a été immédiatement comprimé et d'un complot ourdi inconsidérément par quelques individus sans aveu, dans le but insensé de renverser le Gouvernement et de se mettre eux-mêmes à la tête des affaires. La paix règne aussi actuellement dans les possessions extérieures. La révolte survenue à Banjermassing, qui avait duré depuis quatre ans et coûté beaucoup de sang, a pu heureusement être étouffée l'année dernière. Une autre insurrection s'est manifestée à Sintang, aussi dans l'île de Bornéo, et paraissait vouloir prendre un caractère sérieux, cependant grâce aux mesures énergiques du Gouvernement, elle a pu être complètement domptée en peu rie temps.

feuille fédérale suisse. Année XVII. Vol. 111.

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.lava doit nombre «le progròs róalisi''« l'année dernière au ministère libéral de M. Thorbecke et aux mains énergiques auxquelles le Gouvernement de la colonie est actuellement confié. Il faut citer en première ligne la construction de la première voie ferrée de Samarang à Soeracarta et Djocjocartn, les fêles grandioses données à cette occasion prouvent l'importance considérable que l'on attribue à l'entreprise. Pour la ligne de Batavia à Buitenzorg, il a été déjà accordé une concession qui pourrait bien être suivie par d'autres sous peu. Nous ne devons pas non plus négliger de mentionner la réorganisation, des postes et rétablissement d'un service postal quotidien dans toute l'île, une loi permettant aux jeunes gens désireux d'entrer dans la classe des fonctionnaires, de se faire examiner ici, tandis que jusqu'à présent l'académie de Delft était la seule par laquelle on put se faire admettre au service de notre Gouvernement, enfin l'arrêté ordonnant le relevé d'une statistique de Java. D'ultérieures réformes très-importantes pour celle île, par exemple la réduction et la simplification du tarif des douanes, des modifications concernant le système des cultures ayant le but de remplacer les cultures forcées par un syslème plus en rapport avec les exigences de l'époque moderne, sont devant les Chambres.

La situation sanitaire a laissé à désirer : le choléra qui, au commencement de l'année, sévissait avec violence dans les Indes britanniques, s'est propagé de là à Java, envahissant d'abord la route de la Sonde, puis Balavia et enfin toute l'île. Les parties les plus importantes telles que Balavia, Samaraiig, Soerabaya et Passaroean ont été le plus cruellement visitées. En Octobre et Novembre l'épidémie a presque complètement cessé, avec le changement du mousson, cependant il s'est encore présenté en Décembre des cas isolés. Les îles voisines de Sumatra, Bornéo et Celebes n'ont pas non plus été épargnées. Depuis sa première apparition à Java, dans l'année 1820-1821, le choléra ne s'est jamais montré si violent ici.

La législation commerciale n'a pas éprouvé de changement en 1864, quelques améliorations fort désirables, notamment pour ce qui concerne les faillites, demeurent réservées à l'avenir. Nos courtiers sont en très-grande majorité chinois et arabes; comme négociants ils sont placés sous la loi commerciale hollandaise, excepté qu'ils ont la liberté de tenir les livres comme cela leur plaît. Beaucoup d'entre eux savent exploiter cette dérogation au grand détriment du commerce en s'enrichissant au moyen de faillite. Si en cas de suspension de paiement l'on recourt aux voies juridiques, la masse insolvable passe sous l'administration de la ,,Weeskamer", institution du Gouvernement, très-ulile à d'autres égards, mais tout à fait impropre pour les cas de ce genre, aussi est-il rare qu'une masse liquidée de cette manière donne plus de 5 à 10 % après

331 de longues années. L'on comprend ainsi très-bien que pour éviter le pire, l'on accepte sous main tout arrangement, lors même qu'on a la conviction que l'intéressé y gagne 25 à 30 %· " n'es' pas besoin d'expliquer que nos agents chinois et arabes, dont la probité n'est pas en général fort réputée, tirent leur profit de ces circonstances.

2. L'on ne peut guère fournir d'indication exacte sur les produits de l'agriculture qu'au mois de Mai après la fin de la récolte. Les chiffres ci-après représentent le résultat de la récolte de Java dans l'année 1863/1864.

Culture Culture du des Gouvernement. particuliers.

Café, en piculs de 61'/s kilos Sucre ,, ,, ,, Indigo, en "tt d'Amst.

Thé ,, K Tabac ,, piculs de 61 '/z kilos Canelle ,, tt d'Amst.

Cochenille ti »

1,100,891 1,104,256 518,849 1,139,198 12,500 159,373

--

137,818 1,007,459 206,646

-- 132,485 --

16,000

Total.

1,238,709 2,111,715 725,495 1,139,198 144,985 159,373 16,000

En ce qui concerne le rie, qui est le principal produit de Java, bien qu'il soit d'une moindre importance pour l'exportation, je n'ai aucune donnée statistique sûre. L'on évalue une bonne récolte ordinaire de 22 à 25 millions de piculs. L'article a pour l'exportation une importance plutôt secondaire, à l'exception cependant du riz de table dont Java produit annuellement environ 150,000 piculs et qui depuis que le riz de la Caroline manque, se vend en Europe à des prix extraordinairement élevés. Les qualités inférieures ne peuvent servir que pour l'exportation à destination de Chine, mais dans les dernières années les prix ont été généralement tenus si haut par suite des demandes de la consommation intérieure, que seulement une véritable disette pouvait engager à faire des envois en Chine, comme c'est le cas actuellement. Précédemment nos qualités moyennes de riz jouaient un rôle assez notable sur les marchés européens; l'amélioration des qualités offertes dans les ports des Indes britanniques et l'élévation constante de nos prix, due à la consommation indigène, paraissent réduire à néant l'expt.rtation de cet article pour l'Europe.

Sur les produits qui se cultivent pour le compte du Gouvernement l'on prélève : 200,000 piculs de sucre, 50,000 ,, de café qui se vendent publiquement à Java dans trois enchères publiques

332 qui ont lieu à Batavia en Septembre, Octobre et Décembre. L a Handels -Maatschappy embarque le reste pour le compte du Gouvernement à destination de la Hollande et l'y fait vendre aux enchères. Le commerce se flatte de l'espérance de voir passer une proposition actuellement préparée dans les bureaux du Gouvernement, d'après laquelle ces quantités seront portées déjà l'année prochaine à 300,000 piculs de sucre et 100,000 piculs de café.

L'expérience a enseigné que le Gouvernement trouve mieux son compte à ne pas s'occuper lui-même de l'expédition.

De plus, à Padang (Sumatra), il se vend tous les trois mois aux enchères, savoir en Mars, Juin, Septembre et Décembre de 30 à 50,000 piculs de café, mais c'est là tout ce que Sumatra produit de ente pour la Hollande. La culture en est un monopole du Gouvernement.

La récolte de 1863/1864, que l'on peut déjà évaluer avec assez d'exactitude, n'offre pas un produit aussi abondant en café. L'article auquel la métropole doit en majeure partie les millions qu'elle perçoit chaque année comme boni du budget colonial, donne un résultat déplorable comme on ne l'a pas vu depuis nombre d'années.

L'on attend à peine le tiers de la quantité recueillie l'année précédente qui avait été, il est vrai, particulièrement bonne, ainsi un déficit d'environ 700,000 piculs. L'on estime que la récolte des particuliers, qui avait été de 138,000 piculs l'année passée, sera cette fois de 84,000 piculs.

Le sucre présentera également un déficit d'au moins 200,000 piculs qui atteint davantage les entrepreneurs particuliers que la caisse du Gouvernement.

En 1864, la récolte de riz paraît 'avoir été très-médiocre.

Aussi les prix, pour la consommation indigène, sont-ils montés fortement, c'est là une circonstance qui nuira pour longtemps au corn mercé d'importation. Des pluies continuelles ont extraordinairement favorisé les plantations pour la prochaine moisson, l'on peut donc attendre pour 1865 un très-beau produit.

Dans cette colonie, les mines n'ont absolument aucune importance, à l'exception de celles d'étain dans l'île de Banca, qui forment un monopole du Gouvernement, et dans l'île de Billiton qu'exploité une société particulière. L'étain de Banca a toujours été expédié en Hollande pour le compte du Gouvernement. Depuis 1863 l'étain de Billiton se vend ici aux enchères. Notre groupe d'îles, mais surtout Bornéo, a la réserve pour l'avenir de dépôts du houille presque inépuisables, mais le temps d'une exploitation un peu importante ne paraît pas encore arrive.

Un essai entrepris par une compagnie, il y a environ dix ans, sur la côte de Bornéo, a été complètement interrompu et délaissé durant le soulèvement de 1859, dès lors les actions de l'entreprise

333 sont tombées à nul. Le Gouvernement fait encore exploiter quelques mines où l'on ne travaille cependant que faiblement. Les causes de la non-réussite sont faciles à trouver : aussi longtemps que les exportations de Chine, Java, etc. excèdent les importations, le fret depuis l'Europe restera très-bas, aussi peut-on amener sur des navires de première classe du charbon d'Angleterre à Java pour un fret plus bas que celui demandé par des bâtiments de cabotage non asssurables pour le transporter depuis Bornéo. En outre la meilleure qualité des produits anglais pèse dans la balance.

L'Australie également fait concurrence pour les .houilles, le fret depuis ce continent est très-minime parce qu'un nombre trèsrestreint de bâtiments allant d'Europe en. Australie avec une cargaison y trouvent des retours pour l'Europe et que les autres par£ent sur lest pour Java, la Chine, etc.

Voici l'imporlalion totale de Java en 1864.

Articles manufacturés Fer Faïence Machines . . . .

Bière Vin Genièvre . . . .

Provisions . . . .

Beurre ,, Jambon . . . . . .

Fromage Huile d e l i n . . .

Houille Farine Filés Cloux Tonneaux d'arack .

Goudron de Suède .

Goudron de houille .

Savon Verrerie Cuivre Tôle Ferronnerie . . . .

34,551 balles et caisses.

139,875 barres et paquets.

7,418 paniers.

3,351 pièces.

25,219 caisses et paniers.

22,241 oxhoft et caisses.

68,093 caisses.

46,287 colis.

45,872 tonnelets.

14,393 pièces.

13,975 8,436 caisses.

48,187 tonnes anglaises.

13,985 tonneaux.

1,367 caisses et balles.

5,627 tonneaux.

4,082 pièces.

4,218 tonneaux.

2,212 » 86,641 caissetles.

4,118 caisses.

1,147 » 2,156 » 4,754 tonneaux et caisses.

Dans ces quantités n'est pas compris ce que le Gouvernement fait introduire pour sa propre consommation par la HandelsMaatschappy.

334

L'exportation totale se répartit entre les rubriques suivantes : Café 148,810 piculs.

Sucre 1,196,995 ,, Riz 527,829 ,, Arack Jonc Poivre . . . .

Gomme élastique .

Peaux . . . .

° Tabac Indigo . . . .

Noix de muscade ; Fleur de muscade .

Bois de sapan . .

Gemme damar . .

Gutta percha . .

Tourteaux . . .

Cubèbes . . . .

6,120 hegger.

61,253 piculs.

14,164 ,, 3,820 ., 172,089 pièces.

127,245 piculs.

348,080 livres.

532 piculs.

216 -, 3,333 3 4,235 ,, 1,366 ,, 116,686 ,,

2,410 ,

Casse 717 ,, Etain 7,462 ,, Thé 323,917 livres.

Huile de coco . .

881 piculs.

Girofle . , . .

146 » Poivre long . .

1,853 » Ces chiffres ne comprennent pas les produits du Gouvernement expédiés en Hollande pour êlre vendus par la Handels-Maatschappy et dont la quantité a été précisée au § 2; c'est toute la récolte du Gouvernement à l'exception des 200,000 piculs de sucre et des 50,000 piculs de café qui se vendent ici chaque année aux enchères.

A cause des droits différentiels, la principale exportation est dirigée naturellement du côté de la Hollande. Néanmoins le sucre et un peu de café trouvent à se placer dans les ports australiens. Il en est de même du riz, article que ne grève aucun droit protecteur.

4. Importation de Suisse.

Il est fort regrettable que précisément ce point qui offre un très-vif intérêt, ne puisse être traité que très-superficiellement. II est absolument impossible de fournir à ce sujet des données statistiques sûres, parce que les marchandises suisses n'étant pas déclarées comme telles, le département des douanes ne peut pas savoir, même approximativement, combien il est importé de Suisse, et cela d'autant moins que ce sont la plupart des articles qui vieil-

335 nent aussi d'Allemagne, d'Angleterre a et d'Ecosse, munie do Hollande. Mais dans ce dernier cas ils jouissent de droits protecteurs et doivent être déclarés spécialement.

11 n'y a pas ici d'exportation pour la Suisse, cependant il est fort possible qu'avant longtemps l'on lasso des essais au moins pour le café. La tendance se manifeste actuellement partout de mettre les places de consommation en relation directe avec les pays de production, en laissant de côté les intermédiaires.

Quelques observations concernant les principaux articles envoyés de Suisse sur nos marchés seraient ici à leur place.

La situation de l'Amérique explique suffisamment pourquoi les arrivages de cotonnades manufacturées ont été très-minimes. Les approvisionnements qui encombraient nos marchés lorsque la guerre américaine commença, ont pu jusqu'en 1864 satisfaire une grande partie de la demande. Et même il existe encore actuellement depuis celte époque des approvisionnements d'un certain nombre d'arlicles. L'on comprend donc que dans nos prix l'on ail pu remarquer une hausse moins prononcée que celle survenue en Europe.

Sans doute quelques articles dont il n'y avait plus de réserves en magasin, ont obtenu l'année passée des prix égaux à ceux d'Europe et ont laissé parfois un profit modeste, cependant ce sont là des exceptions. Les circonstances ont été le plus favorables aux cotonnades en fil teint, tels que colonnrts, ginghams, futaine de lit, sarongs, kains, pandjang, etc., la plupart produits de St. Gali, Zurich, de la Thurgovie et de l'Argovie. Tous les bons assortiments ont en général réalisé des prix satisfaisants. La concurrence des fabricants hollandais protégés encore par les droits différentiels, s'est fort développée dans les dernières années et l'on peut attendre qu'elle acquerra encore plus de force. Déjà maintenant quelques fabricants à Twenthe fournissent un article si bien réussi qu'à peu d'exception près, il n'a pas à craindre la comparaison avec le produit similaire suisse si avantageusement connu. Une réduction ou une suppression des droits différentiels seront donc fort à désirer pour cette branche de l'industrie suisse.

l'our le moment, les perspectives demeurent favorables à la plupart de ces marchandises en fils bigarrés parce que les approvisionnements en sont généralement minimes.

Les articles
en battiks tels que sarongs, knin pandjang, slendangs et mouchoirs, etc., des imprimeries de Glaris, Zurich, clc., et aussi en quantités moindres d'Appenzell et St. Gali, se sont en général trouvés dans une situation favorable. Il n'est certes pas nécessaire de mentionner que comme tous les produits manufacturés ils ont beaucoup souffert de la crise : d'un côté l'énorme hausse des prix des cotons a dû exercer une influence considérable sur la consommation, surtout alors que pour les principales classes do

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notre population les vêtements sont plutôt un luxe qu'un besoin.

D'un autre côté, la mauvaise récolte du café a mis beaucoup moins d'argent que de coutume à la disposition de nos consommateurs, et pour combler la mesure, dans les derniers mois de l'année les prix du riz sont montés à un chiffre tel que la masso des indigènes ne pouvait plus penser à acheter des produits manufacturés.

Malgré tous ces contretemps fâcheux, les assortiments nouveaux de baltiks suisses ont été passablement demandés, et ils ont réalisé souvent des' prix qui, malgré le coût élevé de la fabrication, laissaient un certain profit. Ce que j'ai dit de la concurrence des fabriques hollandaises en parlant des articles en fil teint, trouve aussi son application ici.

En revanche, l'écoulement des articles rouges d'Andrinople tels que twist, indiennes unies et imprimées, sarongs, kains pandjangs, mouchoirs, etc., provenant du Canton de Zurich, et en moindres quantités de ceux de Berne, Thurgovie et Claris, n'a pas été satisfaisant. Pour les filés, c'est surtout la Hollande, favorisée par le droit protecteur, qui combat victorieusement la concurrence de la Suisse, Glasgow même a de la peine à lutter avec elle. Pour les tissus unis et imprimés, rouges d'Andrinople, c'est en première ligne Glasgow (la Hollande ne vient qu'après), qui occupe actuellement la première place sur notre marché et en a expulsé les articles suisses précédemment si recherchés, parce que l'on donne la préférence, à cause de son prix moins élevé, à la marchandise écossaise légère et cependant d'une bonne apparence, tandis que l'article suisse beau, mais cher, est toujours plus délaissé. L'on doute que la Suisse puisse concourir avec Glasgow pour les étoiles légères, l'on ne peut donc rien pronostiquer de bien réjouissant à cette branche sur les marchés de Java.

Les articles en mousseline de St. Gali et d'Appenzell ont certes rarement passé d'aussi mauvais moments qu'en 1864. La cause en est l'encombrement énorme du marché qui datait déjà des années 1858 1860; l'on peut nommer comme les principaux articles les mousselines damassées, brodées en couleur, à carreaux, etc.

Dans le courant de 1'annc.e passée, elles n'ont pu se placer qu'à des prix qui, à une époque de bon marché, auraient à peine couvert les frais. Actuellement les approvisionnements sont encore assez riches, mais comme la cause de cette vente défavorable était d'une nature momentanée et que la concurrence des pays étrangers ne s'est pas encore jetée sur ces articles, l'équilibre se rétablira de lui-même et un écoulement modéré restera assuré à nos fabriques.

L'expérience des dernières années a fourni la preuve indubitable que l'on avait de beaucoup exagéré la quantité de mousseline que cette colonie est susceptible de consommer.

337

Le placement des broderies fines est si restreint que le commerce en gros ne s'en occupe presque pas.

En montres l'écoulement a été également mauvais, el cette branche est de plus en plus abandonnée par le commerce en gros.

Les autres articles suisses tels que, par exemple, les fromages de l'Emmenthal et de Claris, n'ont naturellement qu'une importance très-secondaire.

5. Augmentation ou diminution de l'importation et de l'exportation.

Si l'on compare les importations mentionnées sous § 3 avec les arrivages de l'année 1863, l'on trouve en 1864 un accroissement pour les articles suivants : Produits manufacturés Bière Provisions . . . .

Genièvre Jambons Fromage . . . .

Huile de lin. . . .

Filés . . . . . .

Tonneaux d'arack .

Goudron de Suède .

,, de houille .

Savon . .s . . . .

Cuivre Tôle . . . . . .

4,914 caisses et ballots.

3,626 caisses et paniers.

4,576 colis.

11,168 caisses.

4,096 pièces.

3,829 pièces.

5,478 caisses.

564 caisses et ballots.

2,577 pièces.

1,583 tonneaux.

12 ,, 12,537 caissettes.

659 caisses.

1,182 caisses.

el une diminution pour les articles ci-après : Fer Faïence Machines . . . .

Vin Beurre Houille Farine Cloux Verrerie . . . .

Ferronnerie . . .

14,303 barres.

1,178 paniers.

7 0 6 pièces.

996 oxhoft et caisses.

2,428 tonneaux.

6,769 tonnes anglaises.

2,149 tonneaux.

2,979 ,, 4 6 2 colis.

3,775 tonneaux et caisses.

Pour les articles qui vont être mentionnés, le commerce d'exportation des particuliers a dépassé, en 1864, les chiiFres de l'année précédente.

338

Sucre Arack Jonc Poivre Noix de muscade .

167,864 piculs.

652 hegger.

21,180 piculs.

3,354 ., 334 ,,

Fleur de muscade Bois de snpan .

Gutta-percha . .

Tourteaux . . .

Cubèbes . . .

Thé

137 ,, 631 ,, 289 !, 45,847 ,, 279 ,, 246,746 livres.

.

.

.

.

.

Girofles

48 piculs.

Il est resté en dessous de 1863 pour: Café

Riz Gomme élastique .

Peaux Tabac Indigo Gomme damar . .

Casse

Etain Huile de coco . .

Poivre long. . .

21,500 piculs.

175,313

,,

3,156 » 18,532 ,, 26,823 ,, 5,940 livres.

2,363 piculs.

1,562 ,,

956

,,

897 2,238

-, ,,

6. 11 n'a pas été apporté, en 1864. de changement au taux des droits d'entrée et de sortie. A peu d'exception près, nous avons encore les tarifs de 1837, qui ne conviennent plus pour l'époque actuelle, soit à cause de leur caractère trop protecteur, soit à cause de leurs taux élevés. D'ailleurs, vu leur étendue et le nombre infini de petites modifications qu'ils ont subies dans le cours du temps, leur connaissance exige des études tellement approfondies que même les fonctionnaires douaniers les plus expérimentés ont de la peine à s'y reconnaître. Depuis longtemps déjà le Gouvernement luimême reconnaît la nécessité d'une réforme de nos tarifs de douane; en 1859, sous le ministère Rochussen, l'on présenta à cet effet un projet de loi, mais il allait trop loin pour les idées d'alors, même dans l'opinion d'une commission d'experts choisis dans notre commerce. Les droits différentiels sur l'exportation seraient complètement tombés dès l'adoption de ce projet, et ceux sur l'importation , après une période de dix ans, durant laquelle ils auraient subi des réductions successives. Mais par suite de fréquents changements de ministère, la chose est restée jusqu'ici dans le statu quo. ,11 y a quelques mois on a reçu un nouveau projet

339 élaboré par le ministre actuel, qui doit prochainement être soumis aux Chambres. Mais malheureusement ce nouveau projet satisfait à peine les espérances les plus modestes. II ne touche pas d'une manière énergique au système des droits protecteurs, seulement des adoucissements ont été apportés ça et là sur les points où l'on pouvait penser que la Hollande n'aurait que peu à souffrir ou même pas du tout. Le principal article qui intéresse la Suisse, les produits manufacturés, paient maintenant 12 '/« % lorsqu'ils sont accompagnés de certificats d'origine hollandais et sans cela 25 % » d'après le nouveau tarif, ces taux doivent être réduits à 10 °/o ct 20 °/o, et au bout de 3 ans à 10 % et 16 %· Notre Chambre de commerce, et sur sa demande une commission nommée par le commerce, s'occupe à examiner avec soin le nouveau projet, et l'on espère que l'opinion du commerce d'ici, qui réclame des taux moins élevés et l'abolition des droits différentiels après une période de transition, exercera une influence favorable sur le résultat final des délibérations de l'autorité législative à la Haye.

7. Notre colonie n'a pas de transit de marchandises provenant ou à destination de la Suisse, si l'on excepte le petit nombre de produits manufacturés d'origine suisse qui se consomment dans les Moluques et sortent des entrepôts d'ici. Il n'est pas non plus possible de fournir à ce sujet des renseignements statistiques ; cependant ce trafic n'est pas considérable. Le commerce avec les Moluques est principalement entre les mains des Bouginois, dont autrefois un grand nombre visitaient Java. Mais les nombreuses formalités de la douane d'ici les ont éloignés, et le port franc île Singapore est devenu leur place favorite. Toutefois, dans les dernières années, Macassar a su attirer une partie de ce négoce, mais les difficultés contre lesquelles a à lutter le commerce de Macassar gênent non-seulement son développement, mais encore menacent de l'anéantir complètement. L'on sait que les cents hollandais en cuivre, mis il y a quelques années hors de cours, servent encore à Macassar. Cette monnaie, dont il peut y avoir un million de florins en circulation, n'a donc plus de valeur légale. Le Gouvernement avait dans le temps prescrit qu'elle fût retirée, mais fixé à cet effet un laps de temps si court (45 jours), qu'il n'a pas été possible de retirer tout le cuivre de l'étranger et surtout à une époque où nous étions en guerre avec l'empire de Boni, et ne pouvions par conséquent pas engager les populations ennemies à venir échanger leur cuivre.

La circonstance que précédemment il s'importait d'Angleterre, par Singapore, des musses de ce cuivre, ayant une viileur nominale triple de celle intrinsèque, était sans doute un motif suffisant pour ne pas accorder un délai dont la longueur permît de nouveaux arrivages, mais cependant il eût été facile de trouver un terme moyen.

340

L'on peut considérer comme peu équitable de demander à un Gouvernement d'échanger des monnaies de cuivre qu'il n'a pas émises, mais comme on ne peut pas distinguer les vraies des fausses, il y a là un mal inévitable.

8. Chemins de fer et voies de communication.

Déjà en commençant il a été mentionné qu'en 1864 les travaux du premier chemin de fer de Java ont été entrepris; l'achèvement s'en fera bien attendre 5 à 6 ans, mais enfin la voie du progrès est frayée, et après vingt ans de réflexion, l'on a mis la main à l'oeuvre. La ligne Samarang-Soeracarta-Djoojocarta sera la première ouverte de nos routes à rails, Batavia-Buitenzorg est aussi déjà concédé; cependant jusqu'à présent il semble difficile de se procu-rer les fonds nécessaires.

Les communications par bâtiments à vapeur laissent encore beaucoup à désirer. Les steamers qui suffisaient à la population voyageuse des années 1852-1853 et aux exigences de cette époque, commencent à ne plus satisfaire aux besoins. Avec le 1er Janvier 1866 les conventions avec le Gouvernement passent à une nouvelle compagnie pour laquelle se construisent actuellement en Angleterre un nombre suffisant de steamers neufs, étant en rapport avec les exigences de notre époque. Nombre d'essais ont prouvé que les steamers ne peuvent pas subvenir ici à leurs frais sans subside du Gouvernement. A dater de 1866 les courses recevront un peu plus d'extension, cependant déjà aujourd'hui nous avons les services réguliers suivants confiés à des vapeurs de poste: 4 fois par mois Batavia-Samarang-Soerabaya, 3 ,, ,, ,, Batavia-Singapore, pour le transport de la malle européenne, 1 ,, ,, ,, Balavia-Padang.

1 ,, ,.

,, avec Macassar, Timor Koepang, Timor Delhi (possession portugaise), Band», Amboina, Boeroe, Ternate et Menado, 1 ,, _ ,, avec Banjermassing, 1 ,, r ,, par Billiton avec Pontsanak et Singkawang, dans l'île de Bornéo.

Les routes postales de Java méritent d'autant plus d'admiration que la principale chaussée qui va d'Anjer à Banjoemangi, existe depuis un demi siècle. Nous avons maintenant des communications postales quotidiennes entre toutes les grandes places de Java moyennant une taxe uniforme de seulement 10 cents.

341

9. Banques.

Jusqu'il y a une année, nous n'avions ici que la banque octroyée de Java, possédant actuellement un capital de 6 millions de florins avec l'autorisation d'émettre pour 15 millions de papier monnayé ou pour autant de plus que le montant des espèces excède la réserve de 6 millions. Les billets peuvent toujours s'échanger contre de l'argent. Les actions sont à 140 %· Dernièrement il a été fondé ici des agences de la Chartered Bank of India, Australia and China, à Londres; Banque de commerce indo-néerlandaise, à Amsterdam; Chartered Mercantile bank, à Londres; Banque de Rotterdam, à Rotterdam.

Les agences des deux banques anglaises s'occupent exclusivement d'opérations de banque, les agences hollandaises font des avances sur entreprises industrielles.

10. Intérêt et taux de l'escompte.

Tandis que la situation financière de l'Europe était défavorable, le taux de l'escompte est toujours resté ici fort bas. Précédemment le taux de l'escompte se tenait d'ordinaire à 9%» mais durant toute l'année 1864 nous avons eu 7 */2 % et une surabondance continuelle d'argent.

Sous main l'on a très-souvent escompté à 6 '/, %. Les lettres de change du Gouvernement s'escomptaient continuellement à J 4 /2 %. Presque toute l'année la banque de Java a eu dans ses coures plus de six millions de fonds improductifs. Voici les principales causes de cette circonstance inaccoutumée.

1° L'augmentation de capital de la banque de Java a été effectuée, en 1863, en anticipation des besoins de l'avenir.

2° Les diverses agences des banques européennes ont attiré plus d'argent à Java.

3° Les fonds enfouis dans les grandes provisions de produits manufacturés ont pu être réalisés en partie, mais n'ont pu être replacés de la môme manière à cause des prix élevés des colons.

4° La situation déplorable de l'industrie des sucres, exploitée par les particuliers, a produit à l'endroit de cette culture une méfiance qui rend les capitalistes très-circonspects dans le placement de leurs fonds dans cette industrie.

11. Assurances.

Nous avons huit compagnies établies à Java môme, qui toutes. s'occupent des assurances maritimes et contre l'incendie; la

342 plupart ont un capital nominal de 3 millions de florins, dont 10 °/o sont payés. En outre nous avons une foule d'agences de sociétés étrangères, ,entre lesquelles les grandes compagnies anglaises d'assurance contre le feu, tels que Sun Pire Office, Phoenix Fire, Office Impérial, Royal, Northern, Mercantile Insurance Company et Alliance, occupent le premier rang. Java a toujours été un terrain très-productif por les assurances contre l'incendie, nombre de sociétés qui y sont depuis longtemps établies, n'ont pas eu à payer en tout pour dommages 1 °/0 des primes perçues. La prime est aussi fort élevée, elle est de 1 % P ar an P our 'es bâtiments en pierre avec leur contenu, lorsqu'ils sont situés dans des villes, pour les constructions tout à fait isolées, situées en dehors des villes, on prend '/« %' et P our celles qui sont en partie en bois, 50 à 100% de plus. Le cabotage sur nos côtes est aussi très-fructueux pour nos sociétés d'assurances, les répartitions des compagnies d'ici, qui d'ordinaire varient de 10 à 25 %> l'indiquent suffisamment. Cependant si l'on a égard à l'élévation du taux de l'intérêt dans notre contrée, ces résultats ne sont pas forts brillants. Dans la plupart des cas les risques pour la Chine ont diminué les profits. Les courants dangereux de Macassar ont aussi coûté aux compagnies beaucoup d'argent.

En fait de sociétés d'assurance suisses, l'Helvetia, établissement général d'assurance à St. Gali, et le Lloyd suisse à Winterthotir, sont représentées ici. La première assure contre les risques de mer; la seconde a restreint jusqu'ici le travail de ses agents à l'assurance contre les avaries.

12. Je ne puis pas annoncer d'invention nouvelle d'importance.

D'ailleurs cette rubrique n'occupera sans doute dans l'avenir que peu de place dans mes rapports consulaires; l'histoire nous enseigne que sur le sol fertile des tropiques, les produits de l'esprit se développent moins que dans des contrées plus modérées.

Seconde partie.

  1. Il n'y a pas ici d'immigration. Bien que les prescriptions sur l'établissement des étrangers aient été considérablement modifiées, il y a trois ans, l'émigration nous a épargnés jusqu'ici. Le climat n'est pas non plus convenable pour des Européens s'occupant d'agriculture. Jusqu'à présent, il y avait un grand nombre de Suisses dans l'armée, mais comme les enrôlements à la frontière suisse ont depuis longtemps cessé et que le plus petit nombre d'entre eux sont disposés à se réengager après l'expiration de leui* temps de service, il est à prévoir qu'au bout de quelques années, il n'en restera que fort peu. Ce changement doit être signalé comme réjouissant, le sort des soldats n'est pas digne d'envie, il n'est donc

343

pas étonnant que tous regrettent leur enrôlement. Le nombre des Suisses placés ici dans le commerce n'a pas varié en 1864.

2. 11 n'y a pas ici de société suisse, vu le nombre insignifiant de Suisses. A Batavia même l'on en compte environ douze, sur les autres places de la colonie l'on en rencontre quelques-uns, mais fort isolés les uns des autres. Ces indications ne comprennent cependant pas les militaires.

# S T #

Rapport annuel du

Consul général suisse à St. Pétersbourg pour 1864.

(Du 8 Mars 1865.)

Au haut Conseil fédéral.

Tit., Première partie.

Dans le courant de l'année 1864 la situation commerciale et financière de la Russie est devenue toujours plus difficile.

L'excédant des importations sur les exportations doit être attribué aux exigences des voies ferrées, de la flotte, des bateaux à vapeur et des fabriques, au séjour d'un assez grand nombre de Russes à l'étranger, au paiement des intérêts des emprunts et des actions de la grande compagnie russe de chemin de fer, intérêts que l'on peut encaisser à un taux fixe assez élevé sur plusieurs places importantes de l'étranger. Les remises considérables nécessitées par là ont pesé sur le cours du change qui a été depuis le commencement jusqu'à la fin de l'année de 10 à 15 % au préjudice du pays. Le marché de l'argent est paralysé par la circonstance

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Rapport annuel du Consulat général suisse à Batavia pour 1864. (Du 28 Janvier 1865.) ,

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Jahr

1865

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1

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15

Cahier Numero Geschäftsnummer

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Numéro d'affaire Numero dell'oggetto Datum

08.04.1865

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329-343

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