FEUILLE FÉDÉRALE SDISSE.

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XI, ANNÉE, VOLUME I.

N° 21.

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MARDI, 17 MAI 1859.

RAPPORT

présenté à la haute Assemblée fédérale par le Conseil fédéral suisse sur sa gestion pendant l'année 1858.

Département de l'Intérieur.

Chancellerie fédérale.

Au nombre des affaires qui incombent à la Chancellerie fédérale, nous mentionnerons avant tout la tenue des protocoles les plus importants, et les livres de missives et contrôles. Le procès-verbal de l'Assemblée fédérale est mis au net, collationné et enregistré; celui du Conseil national et des Etats l'est jusqu'à l'ajournement, en sorte qu'il ne reste plus qu'à transcrire au net que les séances tenues en 1859; le procès-verbal du Conseil fédéral, au 1. Janvier 1859 était transcrit jusqu'aux séances de Novembre dernier, collationné jusqu'à le mi-Juillet ; l'année 1858 est enregistrée au complet. Les livres de missives du Conseil fédéral allaient à la fin de l'année jusqu'au milieu de Novembre, et étaient collationnés, pour la partie allemande jusqu'au 4 Novembre, pour la partie française jusqu'au 31 Juillet; l'année touS entière est enregistrée. Les actes sont parfaitement en ordre dans la registrature, et le système basé sur l'ordre des matières adopté depuis une année a été reconnue comme répondant le mieux au but. Les contrôles réglant le mécanisme de la Chancellerie ont été continués suivant le mode reçu et suffirent au besoin. Un surcroît de travail considérable a été occasionné par le contrôle des légalisations, depuis que la Légation française, à dater de la mi-Février 1858, a exigé comme condition indispensable que les porteurs de passeports qui ne Feuille fédérale, XI. année, I. Vol.

44

526 se présentent pas en personne, soient pourvus par la Chancellerie fédérale d'actes de garantie spéciaux. A la suite de cette disposition, les Chancelleries cantonales, appelées à correspondre avec les Chancelleries de Légation, ont recouru toujours davantage à l'intermédiaire de la Chancellerie fédérale pour les vidimations et légalisations, et cela d'autant plus que nombre de Légation, telles que celle des EtatsUnis de l'Amérique du Nord, de la Grande-Bretagne, de Russie, d'Espagne et de Baden, refusent de se mettre en rapport immédiat avec les Chancelleries cantonales, et demandent que tous les actes des Cantons leur soient transmis par le canal die la Chancellerie fédérale.

On ne saurait disconvenir que son concours ne simplifie le mode de procéder, tout en procurant une plus grande sûreté aux Chancelleries cantonales et une plus grande promptitude d'expédition en faveur des citoyens intéressés.

Les légalisai ions de la Chancellerie fédérale dont le. chiffre était en Ib57 de 2410 (dont 244 gratuites), se sont élevées en 1858 au nombre de 6449 O'ollt 125 gratuites). C'est à cette circonstance que l'on doit attribuer l'augmentation extraordinaire des recettes de Chancellerie. Elles ont comporté en somme fr. 9369. 32, ainsi fr. 2321. 49 de plus que celle de 1857, soit fr. 3269. 32 au de là de ce qui était prévu au budget. Les dépenses ne se sont élevées qu'à fr.

124,594. 52, soit fr. Î689. 52 de moins qu'en 1857, ou fr. 17,796. 48 en sous de la somme du budget et des crédits supplémentaires. Le personnel n'a pas subi de changements notables.

Feuille fédérale et Recueil des lois.

L'édition de [a Feuille fédérale a été maintenue à 1750 exemplaires, et celle du Recueil des lois à 4750. De ce dernier il a été livré 31 exemplaires de l'exercice de 1858 à des abonnés, et de la Feuille fédérale avec le Recueil des lois 1405 exemplaires, savoir 524 allemands à des abonnés et 311 d'office, 401 français à des abonnés et 169 d'office. Le chiffre total des abonnements à la Feuille fédérale s'est donc élevé de 919 à 925. 11 s'en trouve dans tous les Cantons, sauf Appenzell R. L ; les Cantons d'Argovie (122) et Vaud (290) en ont proportionnellement le plus grand nombre ; il y en a 18 à l'étranger. 84 exemplaires de la Feuille fédérale d'années précédentes, plus 217 volumes du R«cueil des lois ont été vendus. Les frais d'impression, d'expédition et d'affranchissement de la Feuille fédérale et du Recueil ont été de fr. 10,603. 44, c'est-à-dire de fr. 2318. 2 de moins qu'en 1857, tandis que les recettes d'imprimés se sont élevées de fr. 4,460. 68 à fr.

5105. 7, ainsi augmentation de fr. 644. 39. Des 48,250 exemplaires d'écrits'divers qui ont été livrés à l'impression par la Chancellerie fédérale, 24,225 sont en langue allemande, 20,625 en langue française, et 3400 en italien; 8,942 (tableaux de péages, annuaires, budgets et comptes de l'Etat) ont été joints à la Feuille fédérale, 6436 transmis aux Gou-

527 ·vernements cantonaux pour la publication, 8646 distribués aux autorités fédérales, etc. Les frais de ces éditions à part se sont élevés à fr. 11,774. 38, tandis qu'ils avaient été en 1857 de fr. J8,233. 35 pour un nombre beaucoup plus grand il est vrai. Dans le courant de l'année dernière il a été mis à la disposition de la Chancellerie des locaux qui lui ont permis de retirer les Feuilles fédérales et les Recueils des lois en dépôt aux expéditions depuis 1849; de telle sorte qu'elle peut toujours connaître exactement quels sont les approvisionnements. Afin de savoir aussi d'une manière exacte le chiffre des exemplaires de lois fédérales, arrêtés fédéraux, etc., nécessaires à la promulgation, la Chancellerie s'est adressée à cet effet aux chancelleries cantonales par circulaire du 1. Septembre dernier. Ensuite des réponses qui sont parvenues, l'édition des arrêtés fédéraux destinés à la publication a pu être sensiblement réduite, mais non celle qui, uniquement destinée à être distribuée à des fonctionnaires,'exige un plus grand nombre d'exemplaires. Quant aux publications concernant les chemins de fer, dont la Chancellerie fédérale a proposé la réduction aux chancelleries d'Etat, il \y en a eu 62 exemplaires allemands de moins à expédier, mais 16 français de plus. Par cette disposition il a été tenu compte du vote émis par la Commission du Conseil des Etats, à l'occasion de l'examen de notre rapport de gestion en 1857, au sujet de l'envoi des promulgations fédérales (Feuille féd. 1858 , II, 51).

Archives.

On a lieu d'être satisfait des progrès que l'oeuvre des répertoires des recès tirés des anciennes archives fédérales a faits dans les dernières années. Aux périodes de 1291 - 1420 et de 1778- 1798 qui sont déjà publiées comme I. et XIII. tomes, comprenant en tout 458 recès de 151 différentes années, est venu se joindre la première section du III. tome, soit la période de 1478 - 1499. Par là le nombre des années élaborées s'est élevé à 173 et celui du recès à 1131. Il reste encore à livrer à l'impression 335 années dont l'élaboration est avancée au point que l'on a pu au commencement de l'année courante entreprendre l'impression de la première section du VII. tome, qui comprend les années 1712 (dès Septembre) jusqu'à 1743 avec 533 recès; l'édition de l'ouvrage, qui était jusqu'à présent de 1100 exemplaires, a été réduite à 700. A en juger par l'état actuel des autres travaux, on peut admettre que d'ici à une année la deuxième section du IV.

tome, savoir la période de 1556 - 1586, avec 663 recès pourra être mise, sous presse, vu qu'il ne reste plus qu'à y mettre la dernière main, tandis que l'élaboration d'autres sections se poursuit incessamment. L'oeuvre a d'ailleurs subi un temps d'arrêt ; nous avons à déplorer la perte de M. l'Archiviste Gerold Meyer de Knonau, qui est décédé à Zurich le 1. Novembre 1858 après avoir présidé pendant huit

528 ans à la direction du Recueil avec une grande habileté et un zèle infatigable et avoir élevé un monument durable de son activité dans le domaine de l'histoire nationale par l'élaboration remarquable du VIII.

tome. La surveillance supérieure a été confiée à M. l'Archiviste J.Ch.

Krutli, l'élaboration du II. tome (1421 - 1477) à M. le Conseiller national Segesser, et celle de la 1. section du IV. tome (1521-1555) à M. Kru'li, auquel on a retiré la 2. section du V. tome (1618-1648), dont s'est chargé M. le Professeur Jaques Vogel à Zurich. La répartition du travail n'a d'ailleurs pas subi de changement.

Le personnel établi pour les périodes subséquentes des archives a été diminué d'un copiste , M. Jos. Haas ayant demandé sa démission et n'ayant pas été remplacé pour le reste de l'année. Le budget pour 1859 ne renferme plus de crédit pour le traitement d'employés aux Archives helvétiques. On a trouvé à propos de consacrer les éléments de travail disponibles aux parties des Archives de la Confédération existant au siège fédéral, et qui répondent, plus immédiatement aux besoins de l'administration. Lorsqu'on 1853 il fut question d'appeler un.

personnel spécial pour la confection de répertoires généraux et spéciaux, tels qu'ils sont prescrits par les articles 1 et 12 du règlement des Archives du 7 Avril 1852, aussi pour les périodes de 1798-1848 y nous décidâmes le 5 Janvier même a n n é e , que la chose serait prise en mains, mais seulement à titre d'essai pour l'année courante, moyennant un crédit modéré, dans le but d'expérimenter de quelle manière on pourrait procurer le plus convenablement et économiquement l'épuration et la réorganisation des Arcliives fédérales. L'expert consulté évalua à 8 ans le temps que un aide et un copiste emploieraient à dresser les répertoires des Archives helvétiques, en comptant une année pour 6 répertoires généraux. Après que nous eûmes désigné deux personnes à cet effet. Le dit répertoire général ne peut toutefois être terminé qu'en 1856, ainsi en 4 ans. Il est vrai que les travaux (préliminaires absorbèrent une partie du temps, c'est-à-dire près de la moitié, de telle sorte qu'après une dépense de fr. 23,OS9. 64 (dont 15,007. 35 pour les aides extraordinaires) qui avait été affectée, et de 1853-1856 aux Archives helvétiques, nous éprouvâmes des scrupules à admettre de confiance le devis primitif des frais, lequel ne se basait pas sur une connaissance exacte du nombre des tomes, et ne jugeâmes pas devoir continuer sur le même pied. Depuis que le nombre de tomes des Archives helvétiques a atteint le chiffre de 3980, il a été fait divers calculs par des personnes expertes et désintéressées sur les dépenses qui seraient nécessaires, en procédant comme il avait été commencé, pour obtenir un répertoire des matières, du lieu et des personnes. Les supputations varient toutes entre fr. 40,000 et 100,000 et pour le temps entre 10 ,et 30 ans. La plus vraisemblable pourrait être celle »qui a été établie par les Archivistes fédéraux eux-mêmes, ensuite de l'arrêté fédéral du 30 Juillet dernier. Leur calcul se base

529 sur la supposition qu'il ne faudrait pas moins d'un jour pour dresser le répertoire d'un volume, et se justifie comme suit : Les volumes d'un contenu général, tels que protocoles des autorités supérieures, législations administratives et judiciaires, recueils de lois, etc., se trouvent au nombre de 362 aux Archives helvétiques; bien que tel ou tel de ces volumes occupera durant plusieurs semaines l'auteur des répertoires spéciaux, on peut admettre pour cette première classe 6 jours en moyenne par volume; ainsi en tout 2172 jours. Une seconde classe comprend les volumes de correspondances des autorités supérieures, des Ministères, etc., avec des Etats étrangers et avec les Cantons, ainsi que tous les autres volumes exigeant un examen attentif; il y en a 1424, pour chacun desquels il y aurait à consacrer en moyenne un jour de travail. Une troisième classe est formée de tous les autres 2194 volumes, renfermant des correspondances avec des autorités inférieures, des comptes, des registres, en général des objets de moindre intérêt, de sorte qu'on en pourrait expédier 10 en un jour, l'un portant l'autre, ce qui ferait 219 jours. Le résultat total est représenté par le chiffre de 3815, soit 12 à 13 a n s , 300 jours de travaux équivalant en moyenne à une année. Si Ton compte un traitement annuel de 28SO fr. pour l'aide (bien qu'il ait demandé à la fin un traitement plus élevé), et 1500 fr. d'après le taux reçu, pour le copiste reconnu indispensable, la dépense pour le personne) auxiliaire seul s'élèverait de fr. 52,560 à fr. 56,940. Un second Archiviste a été, comme on sait, nommé en 1856. A celte occasion on a songé à établir successivement des registres spéciaux pour les diverses périodes des Archives. Lors de la répartition des affaires qui a été prescrite aux Archivistes fédéraux, le 17 Novembre 1856, par le Département de l'Intérieur, de concert avec la chancellerie fédérale, les titulaires ont reçu mission, après l'achèvement du registre du protocole des Vororts de 1846--1848 et de la classification des actes des Archives fédérales.

de dresser le répertoire des périodes précédentes, l'Archiviste nouvellement nommé ayant, d'après l'art. 8 du règlement sur la répartition des affaires, à dresser le répertoire des Archives helvétiques et l'ancien archiviste celui de la période de 1803 --1848. Le retard qui en résultera pour l'Administration dans ses recherches aux Archives helvétiques mérite à peine d'être mentionné, quand l'on réfléchit combien peu l'Helvétique a été en état de laisser des créations durables, astreinte qu'elle était à de simples essais. II a cependant été tenu compte de l'intérêt historique qu'elle peut offrir à l'homme d'Etat et au savant, puisque l'Assemblée fédérale a alloué dans son budget pour 1859 un crédit de 1200 fr. pour la publication des documents les plus importants des Archives helvétiques. Bien que la Commission du Conseil des Etats, lors de l'examen de notre dernier rapport de gestion, se soit un peu exagéré la dépense d'un personnel auxiliaire à part pour les répertoires spéciaux des Archives helvétiques (v. Feuille féd. 1858,

530 II, p. 51), elle ne s'est cependant pas trompée en donnant à entendre que les demandes de documents de cette période deviendraient toujours plus rares. Par ces explications nous pensions avoir répondu à l'arrêté fédéral susmentionné, par lequel nous étions invités à examiner encore avec soin la question de la confection d'un registre spécial pour les archives helvétiques, et à en référer en son temps (Ree. off. des lois VI, p. 57, art. 2).

Aux nouvelles Archives fédérales, M. l'archiviste J. J. Meyer a continué, avec le concours de DI. Jalin, le registre de l'inventaire jusqu'au 10 Août, et l'a terminé, avec l'aide d'un copiste, vers la fin de l'année ; il l'a fait dresser au net, a satisfait à de nombreuses demandes d'autorités et de particuliers, expédié les correspondances courantes et prépare le triage d'une grande quantité d'imprimés des époques anciennes et modernes, au point que l'on pourra mettre bientôt la dernière main au dépouillement définitif de ces matières, soit pour les conserver, soit pour s'en défaire. A côté de cela il a cherché à se mettre toujours davantage au fait du contenu des actes, afin de se trouver en état de fournir d'autant plus promptement des renseignements et de s'orienter dans les recherches.

En ce qui concerne les archives de plus fraîche date, soit les Archives fédérales, la classification par rubriques des actes de la I.

législature (Novembre 1848 jusques lin 1851) est achevée, et l'on a entrepris celle des actes de la II. législature (1852--1854). En même temps le triple enregistrement de la I. législature a été continué de manière à ce qu'à la lin de l'année il avait été mis la dernière main à la plupart des divisions, telles q u e : 1. l'Administration et les Autorités fédérales en {renerai; 2. les affaii-es intérieures; 3. Justice et Police,- 4. Militaire; 5. Finances; G. Commerce et péages, et qu'il ne restait à enregistrer que les affaires politiques, les Postes, Travaux publics et Télégraphes. C'est un travail très-étendu, bien que l'on mette de côté les actes qui seront annulés plus tard. La fixation définitive d'un plan d'Archives est assez avancée pour qu'il ne reste plus qu'à attendre de savoir comment il subira l'épreuve lors de la classification des actes de la II. législature. Des registres ont été élaborés sur les documents des Archives fédérales; les actes manquants ont été réclamés, et le tout a été numéroté chronologiquement. Les Archivistes ont en outre été fréquemment mis à réquisition pour des documents, dont il a été prêté 672, qui pour la plupart sont rentrés dans le courant de l'année. L'archiviste a eu aussi divers préavis à fournir et une correspondance variée à entretenir.

Bibliothèque.

La collection de 3822 ouvrages en 7970 volumes que contenait la bibliothèque, s'est accrue en 1858 de 832 ouvrages, soit 1094 volumes. Cet accroissement ne provient pas seulement, comme celui

531 d'années précédentes, des acquisitions ordinaires et des nombreux dons d'autorités et de particuliers du pays et de l'étranger, mais en majeure partie de la succession littéraire de M. le Conseiller fédéral Franscini défunt. Des 4654 ouvrages en 9064 volumes, 3263 en 6,124 volumes ont été incorporés dans la bibliothèque commune de la Chancellerie ou centrale. Si l'organisation locale actuelle avait précédemment déjà été trouvée insuffisante, selon l'observation qui en a été faite par la Commission du Conseil des Etats lors de l'examen du rapport de gestion en 1857, les inconvénients signalés ont dû se manifester d'une manière bien plus sensible encore à la suite de cet accroissement. Aussi avions-nous avisé aux moyens de placer plus convenablement la collection de livres. Toutefois, l'Assemblée fédérale, dans sa dernière session, n'a pas jugé à propos d'accorder la demande de crédit à cet effet, soit que la dépense projeté ne lui parût pas si urgente, soit qu'il fût question de remplacer par un autre local la chambre de la bibliothèque actuelle que la commune de Berne a demandé pour son usage. Maintenant nous nous occupons des moyens d'opérer un tirage des livres et de réduire l'effectif de la bibliothèque, après quoi il y aurait à procéder à une nouvelle classification avec un règlement et un catalogue correspondants. A cet effet, quelques dépenses extraordinaires ne pourront pas être évitées.

Collection^de monnaies.

Bien que le conservateur depa collection fédérale des monnaies et médailles ne disposât d'aucun crédit et que pour l'augmenter l'on fût réduit à rendre des exemplaires doubles, elle a cependant subi un accroissement assez notable. Grâces à quelques dons de prix, la valeur métallique de la collection n'a pas diminuée. Pour effectuer des échanges on est obligé. de s'adresser à des antiquaires qui ne cèdent aucune pièce sans agio, et cela d'autant moins que les anciennes monnaies deviennent toujours plus rares. Une fois que le nombre des doubles dont la valeur diminue peu à peu sera entièrement épuisé, il .faudra bien se résoudre à renoncer à grossir la collection d'une manière régulière, à moins qu'il ne soit alloué annuellement un petit crédit pour mettre à même de profiter des occasions favorables. L'aperçu sommaire ci-joint expose Pelât de, la collection au commencement et à la fin de 1858, et l'on peut voir par là que la valeur de la collection proprement dite de fr. 7,639. 43 s'est élevée par l'acquisition de 86 exemplaires à fr. 8,055. 58, tandis que celle des autres pièces (doubles), bien que le chiffre s'en soit accru de 25, est tombée de fr. 1309. 50 à fr. 896. 04. La valeur de la collection entière est demeurée cependant à peu près la même ; jusqu'à la fin de l'année elle comptait fr. 8,951. 63 au lien de fr.

8,948. 93. Le catalogue n'est pas encore terminé, le conservateur, Mr. l'archiviste Krutli, n'ayant pas eu le loisir nécessaire, malgré la

532 prédilection qu'il voue à cet objet. Il a cependant ouvert un livre' des entrées et des sorties, qui est un travail utile et propre à jeter du jour sur tout ce qui concerne la comptabilité de la collection.

Rapport de frontières et de territoires entre les Cantons.

Les difficultés territoriales entre les deux parties du Canton iïAppenzell ne sont pas encore aplanis. Après plusieurs conférences, notre Commissaire, Mr. le conseillier d'Etat Fels à St. Gali, a élaboré et remis un projet de conciliation sur l'ancien litige ayant pour objet la contrée de Oberegg, Reute et Hirschberg, projet d'après lequel chacune des parties aurait reçu une portion de valeur égale du territoire en litige, et qui a été soumis à l'acceptation des autorités des deux sections cantonales. Les Rhodes extérieures y auraient adhéré, mais les Rhodes intérieures ont refusé d'y souscrire, vu qu'elles n'admettaient pas la supposition que les forêts du Rheinthal devant servir à la conciliation appartiennent incontestablement au territoire des Rhodes extérieures, mais qu'elles en revendiquaient la moitié de prime-abord.

Là-dessus le Commissariat fut chargé pair une disposition intermédiaire, d'examiner de plus près la question de savoir si les dites forêts qui déjà avant le partage du pays appartenaient de droit privé à des corporations étrangères, devaient être considérées comme se trouvant sous la souveraineté commune des deux parties du pays. Le Gouvernement des Rhodes intérieures motiva alors ses prétentions par un mémoire du 20 Juillet, celui des Rhodes extérieures par un exposé du 5 Août, sans qu'il s'ensuivit un approchement enlre parties. Cette ancienne difficulté territoriale aurait donc été suffisamment élucidée pour une décision. Toutefois Rhodes extérieures a exprimé le désir qu'elle fût ajournée jusqu'à ce que l'autre question fût aussi éclaircie. Cette dernière a, comme on sait, pour objet les biens dits exemps près Teufen, Buhler, Gais, eie., sur le Rothbach. Les Rhodes intérieures a remis à ce sujet, en date du 29 Avril, une consultation, tendant à établir que les biens en question sont sous la souveraineté de la partie du Canton dans le territoire de laquelle ils sont enclavés.

Le Gouvernement des Rhodes extérieures est arrivé à des conclusions entièrement opposées dans son mémoire du 30 du même mois. Ces exposés ont été réciproquement communiqués aux deux parties dont les délégués se sont réunis dans une conférence à Teufen, sans pouvoir tomber d'accord sur la proposition du Commissariat, tendant à ce que chacune des parties reconnaisse comme (els les biens exempts de l'autre partie jusqu'à ce qu'ils soient adjugés à ses propres ressortissants par voie de libre échange et de vente. Les Rhodes intérieures paraissaient disposées à y donner les mains, tandis que Rhodes extérieures a voulu avant tout peser mûrement la question de droit et de fait. Il a été fixé aux deux Gouvernements des délais aux fins de répondre aux mémoires présentés; le Commissariat a visité les

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Etat de la collection fédérale des monnaies.

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533 limites litigieuses, etc., mais ce différend n'est pas non plus arrivé à son terme.

Poids et mesures.

Le tessin a promulgué une nouvelle ordonnance sur les poids et mesures qui satisfait pleinement à toutes les conditions de la législation fédérale et nous a mis en état de déclarer aussi qu'il n'y a rien à objecter quant à son règlement sur le timbre et aux instructions pour les étalonneurs. Un règlement d'exécution présenté par St. Gali sur le même objet doit encore être examiné. Le moment serait donc bientôt venu de s'assurer par une inspection. Le nouveau système des poids et mesures a été introduit partout conformément aux dispositions de la loi.

Police sanitaire.

L'état sanitaire du pays n'a réclamé aucune mesure extraordinaire.

Les Cantons ont avisé de leur chef aux mesures nécessaires contre les épizooties qui se sont manifestées. La Société suisse des pharmaciens a demandé un subside pour la publication d'une Pharmacopée suisse, demande à' laquelle il n'a pu encore être donné suite avant que les préavis sur cet objet n'aient été fournis.

Emigration.

D'après les rapports du Consulat suisse au Havre, place d'embarquement qui est toujours encore préférée aux autres, 1401 Suisses ont pris passage en 1858 pour les pays transatlantiques, but principal de l'émigration, tandis que dans le courant de l'année précédente il s'en est embarqué 3856; le rapprochement de ces chiffres ne permet pas de douter que l'état peu satisfaisant des colonies suisses à l'étranger, la crisa commerciale et lu stagnation des affaires jointes à la sollicitude plus active déployée par les autorités du pays contre la mauvaise foi des agences, n'aient contribué à diminuer le mouvement de l'émigration. Les indicalions à cet égard, tant de la part des Cantons que des ports d'embarquement et de débarquement sont d'ailleurs si peu complètes qu'il serait hasardé de vouloir déterminer, même approximativement celte diminution. Qu'il suffise de faire observer à ce sujet que dans d'autres porls les Consuls suisses ont signalés un relentissement de l'émigration suisse. C'est ainsi que celle par Anvers qui en 1858 avait été do 695 Suisses n'en a compté que 80 l'année dernière, que tandis qu'en 1857 94 sont partis de Hambourg, il ne s'en est embarqué que 45 en 1858, d'après les renseignements officiels qui sont parvenus. A la suite de celte diminution et en partie aussi grâce à la viligence des autorités, il n'y a eu que peu de réclamations au sujet du transport des émigrants. Comme nous nous sommes de tout temps fait une règle de n'encourager en

534 aucune manière le penchant à l'émigration, nous n'avons pas donné suite à l'offre du Consul de la république l'Uruguay et de l'Etat de Buenos-Ayres à Rotterdam de faciliter le transport de 20,000 personnes dans les Etals de la Piata, lors même que les communications du Consulat général de Buenos-Ayres à Berne, concernant l'accueil d'émigrants suisses dans la commune de Beradera et la colonie suisse à Savata, étaient rassurantes, et que celles du Consul général de Uruguay, gérée par ce même titulaire, étaient de nature à inspirer quelque confiance quant à la consolidation de cet Etat et à la reconnaissance formelle des mariages de non-catholiques. Le conflit qui a surgi entre la Confédération argentine et Buenos-Ayres paraît avoir amené une crise dans ce dernier Etat et lui avoir causé de grands préjudices dont les conséquences pourraient devenir plus fâcheuses encore.

L'objet principal de notre intervention dans l'émigration a été la position des colons suisses partiaires dans le Brésil qui dans le temps ont passé des contrats avec la maison Vergueiro et Comp., dans la province de St. Paolo. A cet égard, la haute Assemblée fédérale nous a chargés, le 31 Juillet Ib58, lors de la discussion de notre rapport de gestion ,,d'insister énergiquement auprès du Gouvernement du Brésil pour que les colons suisses soient mis dans une meilleure position." On savait déjà alors que le Gouvernement brésilien avait fait procéder par un délégué à des informations dans les colonies respectives. Ce délégué Mr. Sianosi de Jésus Valdetaro, membre de la cour de cassation, recommanda au Gouvernement rétablissement d'une autorité spéciale chargée de réprimer les abus relatifs à la colonisation et de statuer sans délai sur les différends qui s'élèveraient entre les planteurs et les colons, ainsi que d'aviser à ce qu'il fût mieux pourvu aux besoins religieux de ces derniers. L'empereur annonça dans son discours aux chambres un projet de loi pour la protection des mariages de non-catholiques. Le ministre de l'intérieur intima au président de la province de St. Paolo l'ordre de faire droit aux réclamations qui seraient trouvées fondées. Le Gouvernement brésilien fit donner par son chargé d'affaires en Suisse, l'assurance qu'il s'efforcerait de faire d'ailleurs redresser les griefs des colons, qu'à cet effet il renforcerait l'action de la justice, admettrait aussi des vice-consuls dans l'intérieur et en général ne négligerait rien de ce qui serait propre à faciliter aux colons partiaires la fidèle observation des contrats. A cette occasion il donna suffisamment à entendre qu'il ne partageait pas les vues qui prévalaient en Suisse sur le caractère des colous en question et sur leurs prétentions, pas plus qu'en ce qui concerne l'appréciation du système partiaire. Les cantons en première ligne intéressés s'imposèrent la tâche de résoudre la question à leur point de vue, et à cet effet, le 2 Février 1858, des délégués des Gouvernements de Zurich, Bérne, Unterwalden-le-Haut,

535 Claris, Schaffhouse, Grisons et Argovie se réunirent à Zurich. Cette conférence se borna pour le moment à' recommander à notre attention les intérêts de leurs ressortissants dans les dites colonies, à réclamer la communication de la réponse du Gouvernement impérial et en nous autorisant à porter à sa connaissance la substance du mémoire de la conférence du 20 Mars. Plus tard elle sollicita notre intercession en faveur des colons expulsés des colonies du propriétaire Vergueiro, et après été informée des dernières mesures prises dans le Brésil, elle demanda que les négociations fussent poursuivies et que la maison Vergueiro fût astreinte à acquitter régulièrement la part afférante aux communes. Un agent d'émigration ayant commis des actes de fourberie, Lucerne est intervenu énergiquement.

Nous ne perdions pas de vue toule l'affaire, afin de la mener à bonne fin et de pouvoir agir lorsque l'occasion s'en présenterait.

Après avoir rassemblé les réponses faites par les Cantons à notre circulaire du 2 Décembre 1857; le résultat qui consistait principalement dans le désistement partiel ou intégral de communes quant au remboursement d'avances faites à des colons, fut communiqué au Consulat général à Rio-Janeiro, avec le rapport demandé sur les résultats obtenus. Indépendamment du Consulat général, nous cherchâmes à engager la Société philantropique à Rio à s'employer plus efficacement en faveur de ses compatriotes, en lui envoyant à cet effet un subside de 990 fr. Cette Société avait d'après le dernier compte-rendu qu'on possède, dépensé en 1857 environ 22,472 fr. pour venir en a'ide à des Suisses dans le besoin. (V. Feuille féd. 1859 I., p. 131.)

Des Lucernois qui avaient été engagés pour la colonie de Santa Luiza qui n'existait pas, ont été placés sous les soins dans le ÎIucury, moyennant une dépense de 2,120 fr. 40 c. ; le Consul général a aussi avancé 1,691 fr. 42 c. pour y faire transporter les 35 ressortissants d'autres Cantons renvoyés de la colonie Vergueiro. Grâces à ces mesures ils ont été soustraits nu malheureux sort des colons partiaires. La compagnie du Mucury leur ayant livré en propriété le sol le plus fertile, l'arpent à raison de environ 10 fr., remboursables dans les 4 ans sans intérêt, et ayant pris l'engagement de leur fournir une année durant les objets de première nécessité à des prix équitables.

Comme les rapports que des Suisses déjà précédemment établis adressaient chaque mois au Consulat général à Rio-Janeiro étaient trèssatisfaisants, que la personne (M. Théophile Benedito Ottoni), qui est à la tête de l'entreprise, inspire la plus grande confiance, et le Consulat général à Rio-Janeiro lui-même ayant déclaré qu'il s'estimait heureux de pouvoir sortir tous les compatriotes de l'état d'oppression où ils se trouvent dans les colonies de St. Paolo pour les transporter sur les terres de Mucury, il est à espérer qu'il n'y aura plus de plaintes sérieuses de ce côté. Quant aux colons suisses transportés

536

d'Ubatuba dans les terres de l'Etat à Espirito-Santo, on sait déjà qu'ils sont satisfaits de leur sort. Le président de celte province s'est aussi prononcé favorablement sur leur compte, notamment en ce qui concerne la conduite, l'amour du travail et de Tordre. On n'a pas négligé de relever ces faits pour donner au représentant de l'empire de Brésil près la Confédération suisse, pendant sa présence à Berne, une idée plus juste des colons suisses confiés à la maison Vergueiro, pour l'engager à porter sérieusement remède et arriver, si possible, à une bonne entente de part et d'autre. On a cherché aussi à jeter un plus grand jour sur cet objet en insérant un recueil d'actes dans la Feuille fédérale (1858, II., p. 189-247). A cet effet il a été acheté d'un ancien colon 200 exemplaires de la brochure intitulée ,,les colons dans la province de St. Paolo" qui ont été convenablement distribués.

Les Etats allemands d'où l'émigration pour la colonie Vergueiro a été considérable et qui partage le même sort que l'émigration suisse, ont été priés de donner des renseignements sur les plaintes qui leur seraient parvenues, ainsi que sur les mesures qu'ils ont prises ou ont l'intention de prendre. Si le Gouvernement brésilien qui, dans toute cette affaire, a fait preuve de sagesse et de bon vouloir, n'a pas réussi à procurer les décrets définitifs des Chambres sur les divers projets de loi, relatifs à la propriété, aux mariages et à la protection des émigrants, on ne s'aurait s'en étonner, quand l'on songe que depuis qu'ils ont été présentés il est survenue une crise politique qui a mis les Chambres dans l'impossibilité de délibérer sur un grand nombre d'affaires et a amené un changement de Ministère. Il est fort à désirer que le nouveau ministère, qui doit avoir renforcé les éléments favorables aux colons, prenne en sérieuse considération les propositions du Commissaire d'instruction Valdetaro tendant à ce que l'administration de la justice soit réformée et à ce qu'il soit pourvu aux besoins de l'éducation religieuse et scolaire. Les démarches ultérieures dans cette affaire dont les effets se font longtemps attendre par suite de la grande distance feront l'objet du prochain rapport annuel.

Il nous reste encore à mentionner que nous avons envoyé un nouveau subside de fr. 750 à la Société suisse de bienfaisance à New-York qui, dans le courant de l'exercice 1856/1857 a tendu des secours à 694 compatriotes émigrés. (Voir Feuille féd. 1858, I., p.

311.)

Expositions d'agriculture, d'industrie et des arts.

L'édition allemande du rapport du délégué fédéral sur le concours d'agriculture à Chelmsford et sur l'économie rurale en général a été publiée conformément au voeu de la Société économique du Canton de Berne, après que nous eûmes assuré à l'éditeur le placement

537 d'un certain nombre d'exemplaires de la traduction de M. Robert d'Erlach à Hindelbank, qui ont été distribués gratuitement dans les Cantons et aux Sociétés agronomiques. La Commission executive de la III. exposition suisse de l'industrie a justifié d'avoir fait droit aux réclamations de .38 exposants sur 69, dont le montant s'élevait à fr. 2,030. 47, et d'avoir satisfait en partie du moins 7 autres exposants dont les réclamations s'élevaient à fr. 121. 80 e. ; dans 22 cas elle a jugé devoir écarter les demandes présentées comme absolument dénuées de fondement, tandis que 2 cas encore en suspens seront réglés par voie amiable ou juridique. Nous lui avons en conséquence fait remettre le restant du crédit disponible sauf fr. 2000 dont l'emploi sera justifié dans le prochain rapport annuel.

Statistique.

Depuis que la staîistiqne a -pris rang parmis les sciences indépendantes, plusieurs hommes d'Etat et savants Suisses s'y sont voués avec prédilection et leurs investigations dans une ou plusieurs de ses branches ont procure de précieux renseignements sur notre pays, le peuple et son activité. A la suite des nouvelles institutions fédérales, les travaux de la statistique ont été placés dans le nombre des affaires d'Etat, et par arrêté fédéral du 16 Mai 1849 le Département de l'Intérieur a été chargé d'y pourvoir.

Ce Département a publié dès 1851 -- 1857 les quatre parties principalement élaborées par le statisticien avantageusement connu, Mr. le Conseiller fédéral Franicini, des matériaux pour la statistique de la Suisse, renfermant une foule de renseignements intéressants °sur le sol, ses cultures et produits, ainsi que sur la population, d'après les sexes, l'origine, les confessions etc. ; de là ses élucubratious se sont portées sur le commerce de la Suisse et ses relations avec l'étranger. Le décès du premier auteur a amené une interruption prolongée des travaux, le chef actuel du Département' ayant dû commencer par étudier les matériaux existants et chercher une personne en état de poursuivre l'oeuvre conformément au plan primitif et aux principes établis. Parce motif le travail n'a pu être repris qu'au printemps 1858 et a été interrompu encore par de nombreuses demandes statistiques adressées d'autre part au Département, et sur lesquelles nous reviendrons pins tard, sans parler des lenteurs occasionnées par les réponses tardives des Gouvernements étrangers sur divers points relatifs à cotre commerce. En Janvier 1859 la V. partie a pu être publiée, et a été, d'après un précédent arrêté fédéral envoyée aux membres de l'Assemblée fédérale, aux envoyés d'Etals étrangers près la Confédération et à tous les ayants droit à la Feuille fédérale, le reste ayant été mis à la disposition de la Chancellerie fédérale.

De cette manière le contenu de la dite V. partie des matériaux pour le statistique de la Suisse a été livrée à la publicité dans une

538 mesure assez large sans doute ; néanmoins il ne sera pas sans intérêts pour un grand nombre d'avoir sous les yeux un relevé de quelques résultats principaux et nous entrerons ici dans quelques détails sur la matière qui a été traitée et sur les résultats des calculs opérés.

En 1840 l'importation en Suisse de marchandises tarifées d'après le poids a été de quintaux 1,890,400 Jusqu'à 1849 elle s'est élevé à ...

,, 2,652,200 ce qui constitue un accroissement total de ,, 761,800 soit une augmentation annuelle de .

,, 84,644 Depuis la centralisation des péages, l'importation en moyenne dès 1852-Ib57 a été, bétail et chevaux, de .

184,552 têtes.

Marchandises tarifées d'après la valeur 992,548 francs.

,, ,, ,, le poids 10,297,055 quintaux.

Dans la dernière somme sont toutefois compris 5,910,450 quintaux d'objets nécessaires aux besoins'de la vie, qui sont énumérés a · part dans la V. partie page 296, tandis qu'ils n'étaient pas contrôlés avant la centralisation des péages. Néanmoins, même après réduction faite de ces articles, il y a toujours encore une augmentation de 2,734,405 quintaux comparativement à l'année 1849.

L'augmentation de l'exportation de la Suisse ne peut-êlre déterminée de la même manière que celle de l'importation, attendu qu'il n'a été tenu à cet égard aucun contrôle avant la centralisation des péages. D'après les données fournies par les Etats voisins, la valeur de l'exportation au commencement du dernier decennium comportait environ un tiers de l'exportation actuelle. Dans les années 1852 à 1857 inclusivement elle a élé en moyenne pour le bétail de toute espèce et les chevaux de .

81,600 pièces, les marchandises taxées d'après la valeur . . 5,655,560 francs.

,, ,, ,, le poids . . 1,490,400 quintaux.

La preuve la plus évidente de l'accroissement progressif du commerce Suisse ressort d'un rapprochement entre la moyenne des années 1852 à 1856 et le chiffre correspondant de l'année 1857 qui l'a dépassée comme suit : 1. A l'importation.

Eu Bétail Marchandises Colliers Quintaux de d'à près la vade de leur (!e pièces 18,101 fr. 96;V796 42,549 1,179,360 2. A l'exportation.

pièces 9,442 fr. 29,020 11,211 854 3. Au transit.

pièces 972 fr. 275,234 890 110,650

Si nous prenons pour base de noire importation et exportation les indications de valeur des Etats voisins, elles ont élé dans les années ci-après antérieures à la centralisation des péages:

l'Union douanière . .

l'Autriche la Sardaigne . . . .

la France

1840 1844 1844 1842

Importation en Suisse de fr. 89,047,019 ,, 71,517,911 ,, 12,805,500 ,, 95,856,479

en somme fr. 269,226,909 Après la centralisation des péages, la moyenne a été Importation en Suisse de l'Union douanière . . fr. 189,590,000 l'Autriche . . . .

,, 131,700,000 la Sardaigne . . . .

,, 35,299,116 la France . . . , ,, 122,357,142

Exportation de la Suisse pour fr.

72,734,051 ,, 37,146,837 ,, 16,771,700 ,, 67,961,589

Mouvement total de la Suisse avec fr. 161,781,070 ,, 108,664,748 ,, 29,577,200 · ,, 163,818,068

fr. 194,614,177 fr. 463,841,086 dès 1853 à 1855 inclusivement : Exportation de la Mouvement total Suisse pour de la Suisse avec fr. 211,182,000 fr.

400,772,000 ,, 72,552,832 ,, 204,252,832 ,, 41,850,938 ,, 77,150,054 ,, 212,122,407 ,, 334,479,549

en somme fr. 478,946,258 fr. 537,708,177 fr. 1,016^654,435 d'où résulte pour l'importation une augmentation de fr. 209,719,349, et pour l'exportation de fr. 343,094,000 ; le mouvement total des deux périodes est approximativement dans la proportion de 100: 220 et l'importation en sus de 74,612,723 francs a fait place à une exportation en plus de fr. 58,761,919 ce qui constitue en faveur de la Suisse une différence de fr. 133,374,642.

Si enfin nous jetons un coup d'oeil sur les principaux objets du commerce Suisse, nous trouvons dans la moyenne des années 1853 - 1855 incluse une valeur :

^ co co

540 à l'importation exportation.

Bétail de toute espèce.

.

fr. 15,012,448 fr. 10,890,620 Fromage et beurre .

.

,, 3,546,028 ,, 9,625,057 Bois et charbons .

.

,, 2,155,860 ,, 10,159,398 Soie et soieries ,, 171,623,400 ,,· 299,613,360 Coton et cotonnades .

.

,, 41,636,704 ,, 102,660,850 Montres et bijouterie, environ ,, -- -- ,, 70,000,000 Pailles tressées et chapeaux .

,, 115,714 ,, 4,958,288 Céréales et légumes secs .

,,· 45,430,578 ,, 647,920 Farine et Riz .

, .

,, 11,464,475 ,, 557,900 Vin et eau-de-vie .

.

,, 26,671,850 , 759,400 Café et sucre ,, 22,793,679 ,, 179,122 Tabac et tabac fabriqué .

,, 14,404,140 » 274,680 Nous voyons par l'aperçu de ces quelques principaux articles du commerce de la Suisse quels vides considérables les quatre principales industries ont à combler pour balancer les dépenses considérables occasionnées par les objets de consommation.

Après cet exposé sur le contenu de la V. partie des matériaux ·> il nous reste à ajouter quelques mois sur la manière dont elle a ét& traitée. Les quatre parties qui ont paru auparavant ne renferment près" que exclusivement que des tableaux et le même mode de procéder a été aussi en majeure suivi pour l'élaboration de la Y. partie, attendu que 1 e commerce d'un pays ne se peut guère traduire clairement que par de& chiffres. Toutefois afin de procurer non-seulement aux personnes versées dans la partie, mais aussi aux simples citoyens un aperçu aussi clair que possible des éléments principaux de notre richesse nationalecroissante, les résultats présentés par les tableaux ont été résumés et relevés à la fin de chaque chapitre principal, et dans la 4. division les divers produits principaux destinés à l'exportation, ainsi que les branches importantes de l'industrie ont été spécialement exposés dans leurs développements depuis la centralisation des péages. Un aperçu dos Ohmgeld cantonaux et impôts de consommation que le Département se proposait de joindre comme appendice au volume n'a pu être élaboré par suite du retard que quelques Cantons ont apporté à fournir les indications demandées. Cependant les matériaux actuellement au complet seront utilisés plus tard, à l'occasion d'un exposé de la consommation d'après les principaux objets qui se consomment dans le pays.

Après ces observations sur le contenu et la forme de la V. partie des matériaux nous passerons aux autres travaux qui ont été exécutés et commencés dans le courant de Tannée dernière. En première ligne viennent les divers renseignements fournis, à des Etats étrangers, qui selon leur nature ont donné plus ou moins d'occupation au Département. C'est ainsi qu'il a été répondu aux questions adressées»

541 1. Par l'Amérique ,du Nord.

  1. Sur les assurances Suisses, notamment en ce qui concerne les revenus annuels des Compagnies d'assurance, indemnités, frais d'administration, emploi des excédants etc.

Les informations recueillies à ce sujet par le Département ont constaté qu'en Suisse, à part les assurances contre l'incendie, il n'existe aucun établissement d'assurance public considérabse et la réponse a été restreinte aux résultats suivants des assurances contre l'incendie.

  1. Revenus annuels dès 1851 - 1857 inclus, en moyenne fr. 1,160,265 6. Sommes d'indemnité payées annuellement en moyenne .

,, 927,393 c. Excédant annuel des recettes sur les dépenses ,, 232,872 dont fr. 39,609 pour frais d'administration, le surplus étant capitalisé ont porté aux recettes de l'année suivante.

6. Sur l'importation et l'exportation de la Suisse, ses bateaux à vapeur, les allégements postaux, ports de lettres, manufactures etc.

Il a pu être répondu à ces questions, en grande partie par la communication des imprimés concernant ces matières. Quant aux manufactures de la Suisse, le rapport a été fait par le Département du Commerce et des Péages.

2. Par la Belgique.

cf. Sur les écluses de la Suisse.

Les renseignements à ce sujet ont été fournis par le Département des Postes et des Travaux publics.

3. Par la Grande-Bretagne.

Sur l'influence de la maladie du raisin quant à l'étendue des vignobles Suisses, à leurs produits, à la consommation et au commerce des vins.

La réponse à ces questions n'a pas laissé de présenter des difficultés au Département, en ce que plusieurs Gouvernements cantonaux ont élé très-sobres de détails dans leurs informations. A cette occasion on a de nouveau eu lieu de se convaincre combien tels ou tels Cantons sont encore peu renseignés sur l'étendue, les plantations et la productivité de leur sol, partant sur leur consommation, et jusqu'à quel point il serait utile de posséder un mesurage cadastral indiquant exactement l'étendue des champs, prairies, pâturages, vignes et forêts, d'où l'on pût avec une certaine précision inférer quels sont les éléments producteurs du pays.

Feuille fédérale. XI. année. J. Vol.

45

542

.

D'après les communications en partie approximatives seulement des Gouvernements il y a actuellement en Suisse 68,000 arpents de vignes rapportant en moyenne 9 saum par arpent soit 612,000 saura. Sauf le Tessili dont la partie Sud a considérablement souffert, on peut dire qu'en général la maladie du raisin a été presque sans influence et si, comparativement aux données consignées dans la 111. partie des matériaux pour la statistique de la Suisse page 124, il y a eu depuis les années 1842/43 une diminution du vignoble d'environ 9000 arpents, ce résultat doit être attribué plutôt à l'expérience qui a démontré qu'une économie rurale bien entendue est préférable à la culture de la vigne dans les Cantons ou les influences du climat sont nuisible à celle-ci, A côté de ces travaux auxquels on pourrait joindre encore plusieurs communications de moindre importance faites à des corporations et à des particuliers, le Département a adressé, à la lin de l'année, un appel aux diverses Associations suisses, dans le pays et à l'étranger, dans le but de recueillir les éléments nécessaires à l'élaboration ·d'une statistique des associations. Les résultats de cet appel et le travail lui-même seront mentionnés plus en détail dans le prochain rapport annuel ; et l'on fera observer ici seulement en passant que celte entreprise promet d'acquérir des,^ dimensions assez considérables puisque jusqu'à ce jour près de 2500 associations ont demandé les formules qui s'y rapportent. Le Département a expédié en outre dans le courant de 1.-58 une quantité d'affaires et de correspondances relatives è cette branche de l'administration.

Nous ne mentionnerons ici que le Congrès statistique international tenu à Vienne, dont les diverses résultats ont fait l'objet de discussions et d'investigations de concert avec Mr. G. Meyer de Knonau défunt qui y avait pris part, Mr. le Dr. d'Espine de Genève et le secrétaire du Congrès Mr. A. Ficker à Vienne. En nous réservant de revenir plus tard sur ce point, nous dirons quelques mots de la manière dont la statisque a été traitée l'année dernière et nous exposerons nos vues à ce sujet.

La statistique a fait dans les derniers temps des progrès si surprenants que Pétude de cette branche demande des ressources considérables pourjun Etat comme la Suisse, quand bien même l'on se borne à n'exploiter comme jusqu'à présent que des parcelles sur ce vaste champ. Or le Chef du Département de l'Intérieur ne pourrait sans négliger plus ou moins son mandat en qualité de Conseiller fédéral et de Chef du Département, trouver le loisir nécessaire pour vaquer aux nombreuses études statistiques qui portent sur tant de détails, et s'occuper de l'exécution de travaux en partie simplement mécaniques.

Far ces considérations nous sommes de l'avis que le Chef du Département de l'Intérieur ait à répartir son activité, selon l'importance

543

des branches de son administration, d'une manière aussi égale que possible et qu'en ce qui concerne la statistique il ait à déterminer les travaux, en donner les plans ou les examiner, tandis que l'exécution en serait soignée par un personnel travaillant sous sa direction.

C'est d'après cette manière de voir qu'il a aussi été procédé l'année dernière et le Département a appelé moyennant le crédit alloué pour la statisque, un aide qui s'est occupé des travaux sur la matière.

Ici se présente cette question générale : Est ce que ' l'activité d'un seul homme peut suffire au travail de la statistique pour un pays comme la Suisse? La réponse est facile: elle a suffi jusqu'à présent parce qu'elle devait suffire puisque le Département ne disposait que de ressources très restreintes pour le travail et l'impression. 11 suffira de comparer la V. partie des matériaux pour la statistique de la Suisse avec la statistique officielle d'autres pays, pour se convaincre combien nous sommes encore en arrière malgré les efforts incessants du Département de l'Intérieur, et déjà le titre de nos travaux officiels indique assez que la Suisse ne possède que quelques fragments du domaine de la statistique nationale.

Il est évident que l'on doit faire davantage pour une branche des sciences politiques qui est en voie de progrès. Si tous les pays qui nous entourent, et même les petits Etats allemands de beaucoup inférieurs à la Suisse quant à l'étendue, à la population et aux ressources financières, affectent annuellement des sommes très considérables à la statistique, ce fait doit avoir sa raison d'être dans les avantages prépondérants qui résultent de la connaissance du pays et de son peuple, et s'ils existent ailleurs ils doivent aussi exister pour la Suisse. D'ailleurs l'élaboration d'une statistique régulière systématique sera facilitée chez nous plus que dans tout autre pays par nos institutions politiques, à tel point qu'avec des sacrifices peu considérables nous serons en état d'obtenir des résultats assez satisfaisants. Les comptes rendus annuels des Cantons qui en partie sont une statistique renferment une foule de données intéressantes sur la population, le paupérisme, l'administration de la justice pénale et civile, le militaire, l'état sanitaire et l'éducation, les finances etc. renseignements qui la plupart du temps demeurent circonscrits dans une petite sphère de lecteurs et ne concernent naturellement que tel ou tel Canton, ce qui a pour effet de rendre impossible un aperçu général des résultats de ces récapitulations ou tout au moins d'en rendre l'exécution très laborieuse. Un résumé statistique périodique de ces rapports des Cantons et l'exposé qui en serait consigné dans un travail unique ne laisserait pas de présenter des renseignements très intéressants sur divers points de la vie politique.

Or avec les moyens et les ressources dont le Département dispose actuellement, un travail permanent, sans être en lui même très étendu et difficile, ne serait guère réalisable.

544 A ce travail vient s'en joindre un autre qui formerait le commencement d'un autre auquel nous ne pouvons guère nous soustraire.

Le Congrès statistique international de Bruxelles, Paris et Vienne est tombé d'accord sur ce point que les travaux statistiques des divers pays de l'Europe doivent comprendre des branches de même nature et s'exécuter sur un plan uniforme. L'année dernière Mr. G. Meyer de Knonau, qui a assisté au Congrès tenu à Vienne, a remis au Département en exécution des décisions qui ont été prises, six propositions à élaborer savoir: 1. Adoption d'une désignation homonyme des causes de la mort chez les hommes dans 5t principales localités de la Suisse.

2. Indication des cas de phtysie pulmonaire chez les hommes dans toutes les contrées à plus de 3000 pieds au-dessus de la mer.

3. Notices sur les contrées de la Suisse où règne le malaria.

4. Relevés des accidents qui arrivent sur les chemins de fer suisses.

5. Statistique' des routes de la Suisse, comparée avec celles existant il y 25 ans.

6. Topographie de l'industrie suisse.

Le Département, eu égard à l'importance de l'examen de ces questions et à l'honneur du pays qui en se faisant représenter au Congrès statistique, a pris en quelque sorle vis-à-vis des Etats de l'Europe qui y étaient représentés l'obligation morale d'en accepter les décisions, a promis l'exécution de ces travaux; n'ayant reçu qu'en Janvier 1859 les actes et les formules de V i e n n e , il a dû l'ajourner à l'année suivante.

En ce qui concerne le Congrès statistique international le Dr.

Marc d'Espine de Genève a présenté des propositions en vue d'une nomenclature telle que celle qui est déjà adoptée dans son Canton d'après l'ouvrage publié par lui, et qu'il a présenté à l'Assemblée de Vienne en qualité de membre chargé adhoc du Congrès de Bruxelles.

Le Département vouera aussi son aitention à cette question en 1859 laquelle sera si possible convenablement résolue. La communication adressé par MM. le Dr. d'Espine, le Professeur Lebert à Zurich et le Professeur L. Dufour à Lausanne, au nom de la Société suisse des sciences naturelles, concernant l'organisation de la statistique et la méthodela plus convenable à y appliquer, sera prise en considération l'année qui vient et soumise à l'Assemblée fédérale.

. En rappelant de nouveau l'importance de la statistique et l'insuffisance des moyens mis à la disposition du Département, ainsi que les exigences de cette branche de l'administration pour l'année subséquente, nous terminons avec la réserve de revenir sur cet objet lors de la discussion du budget.

545 Ecole polytechnique.

L'enseignement à l'école polytechnique a été donné pour la première fois durant Tannée scolaire 1857/1858 dans tous les cours annuels établis par le règlement, en ce que rétablissement a après une existence de deux ans trouvé le temps nécessaire pour mettre des élèves en état de suivre les cours supérieurs. Cette extension n'a toutefois pas eu une grande influence sur le nombre total des cours annoncés. Sauf quelques rares exceptions, les 109 cours du semestre d'hiver et les 103 du semestre d'été annoncés ont tous été tenus.

Savoir 4 en italien, 19 en français, les autres en allemand. Ceux qui appartenaient exclusivement à la division des sciences littéraires, morales et politiques, ont consisté pour la plupart dans de simples exposés, obligatoires pour les élèves, mais conjointement «vec des répétitions, des travaux,par écrit et des exercices pratiques dont les élèves ne pouvaient en règle générale's'exempter. Indépendamment des répétitions hebdomadaires il y a eu conformément au règlement, pendant l'année scolaire six concours auxquels les élèves ont pris part régulièrement et avec zèle. Les travaux par écrit et graphiques qui ont été livrés ont fourni aux professeurs l'occasion «l'apprécier les capacités et les progrès des élèves, et de fixer à la fin de l'année un jugement en vue de leur promotion. Les exercices pratiques, surtout ceux des salles de dessin et des laboratoires ainsi que les exercices de mesurage sur place ont formé une partie principale de l'enseignement technique, comme le seul moyen de mettre les élèves en état d'exécuter des ouvrages par eux-mêmes.

Les étudiants ont appris à connaître l'importance de cet enseignement; en outre des élèves un grand nombre d'auditeurs y ont pris part, et plusieurs d'entre eux n'ont pu être admis faule 'd'espace notamment dans les laboratoires de chimie. Il a été fait plusieurs excursions dans l'intérêt des études technologiques et des sciences naturelles.

L'école des constructeurs sous la direction de MAIrs. les Professeurs Gladbach et J. Stadler a parcouru les Cantons de Schwyz et de Zug pour y étudier le mode de construction en bois qui y est usité. Mr.

le professeur Culmann a accompagné les élèves du génie civil à travers une partie de la vallée de la Linth et du Rheinthal pour leur faire voir les ponts et travaux d'endigunnents élevés contre les torrents. MMrs. les professeurs Zeuner, Reuleaux et Kronauer ont visité avec les élèves de la division mécanique les ateliers de mécanique dans les Cantons de Zurich, Argovio et Zug et surtout le lac de Constance, ainsi que les mines d'Alpbrugg dans le Grand-Duché de Baden.

Mr. le professeur Boliey a conduit aussi les élèves de sa division dans ces dernières et dans divers autres établissements chimiques des Cantons de Zurich et d'Argovie. Enfin les élèves forestiers, sous la direction de Mr. le professeur Landoli, ont fait de fréquentes petites excursions dans

546 les bois situés aux environs de Zurich, puis à une plus grande distance ont visité ceux du Kohlfirst, du Rafzerfeld près Bulach, ainsi que la forêt de la Sihl, quelques-uns d'entre eux ont accompagné les experts forestiers à travers le Prettigau, Davos et l'Engadin. Ils ont eu en outre l'occasion de prendre part à la réunion des forestiers Suisses.

Les cours du semestre d'été 1858 ont été suivis par le nombre d'étudiants consigné dans le rélevé ci-après : Elèves 98 Auditeurs .

.

.

.

109 en tout 20"? étudiants.

Les élèves se repartissent dans les différentes branches comme suit : Elèves constructeurs .

.

.

.

. 8 Elèves ingénieurs .

.

.

.

. 36 Elèves de la division de technologie mécanique 27 ,, ,, ,, ,, de technologie chimique .

7 Elèves forestiers .

.

.

.

. 6 Candidats à l'enseignement .

.

.14

~98~ Ces élèves se repartissent comme suit quant à leur origine dans les cantons et à l'étranger Zurich 19 Berne .

. 12 Tessin e t Vaud chacun .

.

.

.

8 Baie e t Argovie chacun .

.

.

.

6 Lucerne, Schaffhouse et Thurgovie chacun .

5 St. Gali 3 Appenzell, Grisons et Genève chacun .

.

2 Glaris, Z u g e t Fribourg chacun .

.

.

1 Etranger .

.

.

.

.

.

.1 2 Les auditeurs se répartissent quant à leur origine dans un grand nombre de Cantons ; la plupart appartiennent aux Cantons de Zurich, Argovie, Vaud, Thurgovie, Soleure, Lucerne et Neuchâtel.

Tous IBS élèves ont subi les examens publics à la fin de l'année scolaire ou ont demandé des diplômes. Le nombre des postulants de ces diplômes qui ne peuvent s'obtenir qu'après l'achèvement des études et ensuite d'examens approfondis, s'est accru, puisque les cours supérieurs ont tous été tenus. L'apperçu ci-après indique le nombre des élèves de chaque branche auxquels il a été délivré des diplômes on de simples certificats de sortie, aussi que le nombre de ceux qui par suite de leurs prestations dans les répétitions, les concours, les excercices et examens pratiques ont été promus dans une classe supérieure ou qui, vu l'insuffisance de leur progrès, sont restés dans leurs classes.

547

Pour

l'école des constructeurs l'école des ingénieurs .

l'école de technologie mécanique . . . . .

l'école de chimie industrielle l'école des forestiers les candidats à l'enseigne-

CertifiDicats de plômes.

sortie.

Promus.

Non promus.

Total.

2 4

4 18

2

1

7

8 30

8

4

14

--

26

1 2

2 -- 2 9

3 3

-- 1

6 6

6 48

10

11 87

3 20

II résulte de là qu'en 1857/58 20 étudiants on reçu des diplômes et 9 des certificats de sortie, en tout 29 jeunes hommes licenciés pour se vouer à la vie pratique, avec les connaissances complètes qui peuvent être acquises à l'école.

La position qu'ils sauront acquérir ainsi que le jugement que prononceront sur leurs prestations leurs condisciples plus âgés et déjà expérimentés, ainsi que leurs patrons, formera eu égard au grand nombre d'élèves promus, le premier témoignage significatif de l'influence du nouvel établissement fédéral. Parmi les li élèves non admis à l'examen à la fin de l'année scolaire, 7 sont entrés dans la pratique de leur vocation, 2 sont morts, et 2 ont été renvoyés.

L'application et les prestations des étudiants ont été en général satisfaisantes. On ne peut énoncer avec la même certitude un jugement quant aux simples auditeurs qui ne sont astreints à aucune répétition ni à des exercices pratiques. La grande majorité des auditeurs étaient pour des branches des sciences naturelles et littéraires. Quant à ceux qui ont fréquenté les salles de dessin ou les laboratoires, on n'a eu généralement qu'à s'en louer ; quelques-uns d'entre eux se sont distingués par le vif intérêt ou les dispositions remarquables dont ils ont fait preuve dans les branches d'enseignement qu'ils ont choisies.

Les nombreux diplômes qui ont été obtenus dans les cours supérieurs témoignent de la satisfaction du corps enseignant à l'égard des élèves qui ont quitté l'établissement. Le fait que parmi les 58 élèves plus jeunes 48 ont été promus dans des classes supérieures, tandis que 10 n'ont pas obtenu l'avancement, peut être considéré comme une preuve tant des prestations satisfaisantes du plus grand nombre des élèves, que de la sévérité que le corps enseignant apporte dans leur appréciation.

548 En ce qui concerne la discipline, il est à mentionner qu'à part le renvoi de deux élèves, quelques autres en ont été menacés; d'autres ont encouru des peines légères ou de simples admonestations ; la grande majorité s'est comportée d'une manière exemplaire. A en croire certains propos, il semblerait qu'ici et là il existe des idées peu exactes sur la manière en laquelle l'ordre et la surveillance sont «xercés quant à l'activité et aux progrès des élèves. Il est vrai sans doute que les autorités scolaires ne sauraient vouloir ni pouvoir exercer une surveillance de police rigoureuse sur la conduite de chacun d'eux en dehors de l'école. Ce soin est laissé aux autorités de police du Canton de Zurich, lesquelles avisent la Direction de l'Ecole des enquêtes dirigées contre des étudianls. Si l'on veut que les chefs de l'établissement jouissent de la confiance des jeunes gens qui le fréquentent et dont les sentiments d'honneur se sont déjà développés, on ne doit point leur donner occasion d'éviter leurs professeurs partout, ni songer à abaisser ceux-ci au rôle d'agents de police. Néanmoins on aura lieu de se convaincre que l'établissement remplit ses devoirs envers les parents et les élèves et qu'on peut lui confier des jeunes gens en toute sécurité, si l'on jette seulement un coup d'oeil dans l'ordre intérieur de l'école, dans les examens d'admission, les examens de clôture annuels et publics, les répétitions des cours obligatoires, les nombreux ouvrages mis au concours qui se font sous la surveillance des maîtres, les conférences régulières des professeurs ayant pour objet l'application et les progrès des élèves, si enfin l'on tient compte de l'intervention disciplinaire qui s'y rattache et des rigoureuses exigences des examens de diplôme , on peut être assuré que les autorités scolaire ont la volonlé et la force d'inlervenir cnergiquement alors qu'il s'agit de l'inlérétde l'établissement et des élèves.

Douze étudiants sans fortune ont été dispensés des honoraires et écalages ; deux étudiants ont reçu des subsides du la fondation Châtelain, dont il restait environ francs 700 de disponibles.

Avant de passer des prestations da l'école polytechnique à son organisation et à ses ressources, nous avons à faire observer que les seuls changements importants qui ont été apportés au plan de l'enseignement consistent en ce que renseignement des mathématiques dans les différentes branches, a été presqu'entièrement concentré dans le premier cours annuel, afin que les élèves acquièrent pour les cours subséquents une plus grande assurance dans l'application des mathématiques et aient plus de temps à consacrer aux études techniques.

Il a été de nouveau ouvert des cours de mathématiques pour un certain nombre d'étudiants qui avaient été trouvés trop faibles, l'année dernière pour pouvoir entrer immédiatement comme élèves; ces cours ont été assez fréquentés.

Ce fait se reproduisant conjointement avec l'expérience faite aux examens d'admission et à l'école même, ainsi que ce que l'on a ap-

549 pris sur l'état des écoles cantonales, a donné lieu d'examiner à fond deux questions d'une baule importance pour l'établissement. L'une de ces questions concerne les conditions de l'admission, l'autre l'ouverture d'un cours préparatoire d'une année au plus. Ces deux questions ont élé discutées sous la direction de Mr. le Président du Conseil d'Ecole dans plusieurs Commissions composées en majeure partie d'hommes experls, et de membres représentant aussi des établissements cantonaux.

En ce qui concerne le règlement d'admission on a dû se convaincre qu'il exige trop des jeunes gens qui ont atteint l'âge requis de 17 ans. Ce trop consiste plutôt dans le nombre des branches que dans le degré des connaissances éxigçes. Suivant qu'il s'agit de telle ou telle branche, on doit supposer chez l'élève certaines connaissances préliminaires dont l'absence doit être considérée comme excluant de l'admission. On pourrait dès lors modérer sensiblement les conditions quant à ces connaissances préliminaires en plaçant tout l'enseignement des branches à un point de départ moins élevé et en établissant un cours annuel à cet effet. Si par contre on doit débuter la première année déjà, en partie du moins, par l'étude des branches spéciales proprement dites, cela suppose un certain degré de préparation audessous duquel ou peut d'autant moins descendre que les établissements cantonaux les plus avancés sont à la hauteur suffisante précisément en ce qui concerne les études mathématiques préparatoires dont il est surtout question ici. Si donc par exemple pour les mathématiques pour les ingénieurs et les mécaniciens on ne veut pas prescrire 4 cours annuels au lieu de 3 seulement, comme jusqu'à présent, il faut maintenir les connaissances préliminaires exigées dans la chose principale. D'un autre côté, indépendamment de quelques réductions admissibles qui concernent des branches principales, il a été apporté une modification considérable et, à notre avis nécessaire et salutaire consistant en ce que les examens pour l'admission dans les diverses branches ont été restreints à un nombre beaucoup moindre.

Le programme primitif exigeait pour chaque division un examen dans 10 - 12 branches, tandis qu'il n'en sera plus exigé à l'avenir que 6 à 7. On ne demandera par exemple des ingénieurs plus de botanique, de zoologie, de chimie etc. Les écoles cantonales se t r o u v e r o n t sans doute aussi bien de ces modifications, en ce que l'ancien programme les niellait dans la nécessité de faire porter l'enseignemeut sur trop de choses dans leurs dernières classes, et de le rendre ainsi plus superficiel , moins sûr daas les branches principales, pour ne pas dire .souvent impossible.

Comme le Conseil d'Ecole était décidé à ne faire descendre à un degré inférieur l'enseignement d'aucune branche du premier cours annuel, la seconde question en acquit une importance d'autant plus grande, celle de savoir si par exception, il n'y aurait pas lieu d'or-

550 ganiser un cours préparatoire d'une année au plus à l'école, et cela tout spécialement pour les branches qui exigent surtout des études mathématiques préliminaires, c'est-à-dire pour l'école des ingénieurs et celle de technologie mécanique. Une expérience qui ne fait que se confirmer chaque année davantage est venue à l'appui de cette idée. Si l'on considère que l'enseignement à l'école polytechnique suisse commence 2 - 3 ans plus tard que dans la plupart des écoles polytechniques allemandes (à Carlsruhe, par exemple les études dans les branches spéciales, sont précédées de 3 cours annuels complets) et qu'il est un peu plus élevé que celui de l'école centrale à Paris ; si l'on songe en outre, que dans la plupart des Cantons, et de ce nombre plusieurs grands et moyens, les écoles préparatoires ne sont pas à la hauteur des branches de l'école polytechnique et que les écoles cantonales doivent sans cela, d'après leur organisation, aspirer toutes à procurer un enseignement complet aussi bien qu'une préparation à l'admission dans l'école polytechnique fédérale. Si enfin l'on tient compte de la circonstance que le but national de ce dernier établissement est de suffire aux besoins de jeunes gens appartenant à trois idiomes différents et de les attirer, tandis que outre une préparation insuffisante ils ont encore des difficultés de langue considérables à surmonter : cette idée, disons-nous, ne saurait paraître étrange, et bien au contraire il n'est personne qui ne doive trouver très-désirable, nécessaire même de créer la classe annuelle en question à l'école polytechnique pour aplanir toutes les inégalités d'une nationalité dont les développements en matière scolaire sont si divers et indépendants.

Ici il ne faut pas perdre de vue que les voies acheminant aux études dans une école polytechnique supérieure suivent des directions trèsdiverses. Les uns ne se vouent à une profession technique qu'après avoir fait plutôt des études littéraires à l'école préparatoire. Si cette profession exige l'étude des mathématiques, la préparation qui aura précédé ne répondra pas aux exigences du programme d'admission.

Pour ceux-ci un cours annuel concentré sur quelques branches des mathématiques sera très-convenable. D'autres passent de l'activitépratique à des études techniques ; un cours préparatoirs leur sera aussi utile.

Enfin à cela viennent se j o i n d r e les besoins de tous les Suisses ayant à coeur de se former dans les branches techniques, qui ne trouvant pas dans leur Canton une écolo préparatoire se rattachant à l'école polytechnique fédérale, ne veulent pas parcourir les degrés intermédiaires et ont comme l'expérience montre, laissé de côté pour la plupart l'établissement de leur pays pour pouvoir rester dans ceux de l'étranger qui leur offraient les moyens de passer immédiatement à l'étude des branches spéciales.

Un pareil cours ne laissera pas non plus de rendre d'excellents services aux candidats à l'enseignement dont le nombre va croissant à l'école polytechnique. Entre les deux alternatives : abaisser le niveau de l'enseignement dans l'établissement tout entier, ou créer une classe

551 préparatoire exceptionnelle qui puisse être franchie par les élèves des écoles cantonales les plus avancées, on a cru devoir choisir la seconde, ne fût-ce que dans l'intérêt de ces derniers. Afin de favoriser tout particulièrement encore les écoles industrielles cantonales qui sont le plus développées, on a fixé comme minimum pour l'admission dans la classe préparaloire l'âge (17 ans révolus) requis pour l'admission dans les branches spéciales, de telle sorte que les Cantons, à partir de l'école élémentaire (que ceux qui aspirent à un but plus élevé quittent à l'âge de 12 ans) auront à pourvoir exclusivement pendant 6 ans à l'enseignement moyen et supérieur dans la direction technique. C'est ainsi qu'on a cru avoir trouvé le moyen de satisfaire dans toutes les directions aux exigences imposées dès le principe par la loi à l'école polytechnique, sans paralyser l'essor des établissements cantonaux. En indiquant ces points de vue principaux, il suffit d'ailleurs de rappeler que vous avez déclaré au commencement de Tannée courante, être d'accord avec le Conseil d'Ecole quant à la création proposée d'un cours préparatoire.

Les relations fréquentes et amicales entre les Ecoles cantonales et l'Ecole polytechnique sont fort à désirer sans doute pour les deux parties, et eu égard à leur indépendance excluant tout empiétement d'une sphère dans l'autre, elles sont seules de nature à harmoniser l'organisation de tous ces établissements. Le Conseil d'Ecole ne se refuserait dès-lors pas à reconnaître dorénavant sans autre examen et sous certaines garanties les certificats de maturité venant d'écoles cantonales se combinant parfaitement avec l'école polytechnique et à entrer en négociation à ce sujet. Afin que l'Ecole polytechnique puisse avoir connaissance de l'état et de la marche de l'enseignement aux établissements cantonaux, on ne fera sans doute aucune objection à ce qu'un délégué de sa part, assiste aux examens d'ailleurs publics de ces écoles, et cela d'autant moins que tous les hommes qui se vouent à la pédagogie et à l'enseignement dans les autres Cantons sont toujours bienvenus aux examens de l'école polylechnique.

Le règlement de l'école polytechnique a été complété par une ordonnance sur la distribution de subsides provenant de la fondation Châtelain. Cette ordonnance permet d'accorder des subsides de 200 à 700 fr. pour les études à l'école et pour des voyages techniques, et détermine les conditions mises à l'obtention de ces secours, ainsi que la surveillance de ceux qui les reçoivent. Il y est en môme temps statué que les Cantons peuvent soumettre à cette surveillance les étudiants à l'école polytechnique qui touchent des subsides de leur part.

On a obtenu en outre pour les candidats à l'enseignement la faculté de fréquenter l'Université de Zurich, aux mêmes conditions que les autres élèves.

Il y a par contre un point de l'organisation existante dont l'exécution n'a pas encore pu être réglée. Il n'a pas été possible non

552 plus Tannée dernière au Conseil d'Ecole d'astreindre quelques-uns des professeurs dont les cours sont suivis par un grand nombre d'étudiants de l'Université, à l'observation exacte de l'époque fixée par l'Ecole polytechnique pour l'ouverture et la clôture des cours. Le Conseil d'Ecole s'est dès-lors trouvé dans l'obligation d'adresser à la conférence générale des professeurs un avertissement très-sérieux à cet égard, et d'appeler l'attention de la Direction de l'éducation du Canton de Zurich sur cet inconvénient.

Les collections et les ateliers ont été fort utilisés et enrichis.

L'établissement à reçu 3o modèles de constructions architcctoniques lithographies, en don de là part de Mr. le Professeur Breymann de Stuttgardt, puis divers autres modèles et tableaux de constructions, ceux-ci pour servir à l'enseignement, 4.00 exemplaires de 2 dessins du pont sur l'Aar près Berne, et 200 exemplaires de dessins pour la construction de murs de soutènement; un allas de Bauernfeind, quelques tableaux et livres avec des dessins de mécanique ; une série de tableaux pour les cours de mécanique. La collection de modèles et de marchandises a reçu des échantillons de tuiles, sable, chaux pour la préparation du mortier, ainsi que de beaucoup de pierres de construction, de Suisse et du dehors; un modèle de loitur, de la parqueterie, le modèle d'une trèflcrie et d'un pont en bois; un dynamomètre, une série de modèles de machines, de l'atelier mécanique de l'établissement 2 tableaux avec curvographes, et quelques corps en bois, un métier à tisser mécanique de grandeur naturelle, complètement monté: des modèles de toutes les machines et instruments servant à la fabrication de la soie, le modèle d'une scie à placage avec diverses lames de scie; de grands dessins de moulins, machines à filer à faire le papier ; des échantillons de matières brutes, et de fabrication, tableaux accompagnant des appareils technologiques, constructions de lampes; le modèle d'un appareil pour creuser les puis artésiens. La collection d'instruments de mesurage géométrique a reçu des archives helvétiques un instrument de nivellement un pantographe, un compas à verge et un pied de Zurich. Quelques autres appareils ont dû être soumis à une révision et nettoyés.

La collection d'histoire naturelle a acquis environ 409 animaux invertébrés et des poissons de la Méditerranée , moyennant quoi la collection zoologique suffit à l'enseignement, de plus un don du plus grand prix consistant dans la collection entomologique de feu Mr.

Escher-Zollikofer à Zurich, composée de 66,300 exemplaires actuellement amenées dans la maison dite du Neuenegg, et est confiée aux soins de Mr. le Professeur Heer. Nous nous sommes fait un devoir d'adresser aux héritiers de Mr. Escher-Zollikofer, MMr. le Dr. AlfredEscher et Slockar-Escher à Zurich, des remerciements pour ce précieux don. La collection d'insectes déjà existante n'est pas encore entièrement eu ordre vu la défectuosité du local. La collection botani-

553 que s'est accrue d'herbiers du jardin botanique de Pétersbourg, de Vatschy et de Schimper ; de semences et fruits venant pareillement du jardin botanique de Pétersbourg et du Mexique ; enfin d'une foule de lichen et d'algues, du herbarium mycologicum de Rabenhorst et de 2 miroscopes. La collection minéralogique, géologique et paléontologique s'est augmentée de plus de 40 exemplaires donnés, et d'environ 300 pièces achetées, d'une série complète des minerais pisiformes des environs de Delémont (don de Mr. l'ingénieur Quiquerez) et d'une collection complète de pétrifications et de la carrière de pierres lithographiques du Bötzberg (don de Mr. MöscK). Une classification plus convenable de la collection paléontologique avance rapidement par les soins de Mr. le Professeur agrégé Mayer. Une collection lithurgique a été commencée. La collection relative aux sciences forestières n'a pas subi de changement. Elle a été beaucoup utilisée laut pendant que hors des leçons. Il en est de même de la collection archéologique, les 35 morceaux d'antiquités danoise offerts en don par des Suisses à Kopenhague ayant été remis à la Société d'archéologie du Canton de Zurich, avec la réserve du droit de cojouissance et contre reçu comme propriété fédérale. Depuis la démission de Mr. le Professeur Burckhardt la collection d'archéologie est aux soins de MM. le Professeur Keiser et le Professeur agrégé Dr. Fehr.

La bibliothèque de l'école polytechnique renferme déjà environ 4000 volumes et est fort utilisée: il en sort en moyenne plus de 100 volumes par mois, et le cabinet de lecture est très-fréquente. Le local de la bibliothèque a dû être agrandi d'une seconde salle contigue et le jiombre des heures de lecture a été augmenté.

Les ateliers et laboratoires n'ont cessé d'être au nombre des parties les plus importantes de l'établissement. L'atelier de modelage en terre et en plâtre a été fréquenté durant le I. semestre par. 20 élèves et 8 auditeurs, durant le II. semestre par 19 élèves et 8 auditeurs, nombre pour lequel le local était très-restreint, sans qu'on ait pu en obtenir encore l'agrandissement. L'atelier pour les ouvrages ·en bois a été fréquenté dans le I. semestre par 10 élèves et 1 auditeur, dans le II. par 9 élèves; il a livré des modèles en bois tant pour l'école polytechnique que pour d'autres établissements. L'atelier pour les ouvrages en métal a été suivi par un nombre pareil d'étudiants, et a établi divers modèles pour son propre usage. 4 élèves et 19 auditeurs ont travaillé au laboratoire des analyses chimiques dans le I. semestre, 3 élèves et 10 auditeurs dans le II. semestre.

Le local était totalement occupé. A part les provisions de chaque jour il s'est procuré quelques nouveaux appareils. Les praticanti- ont livré 5 dissertations imprimées. Le laboratoire de chimie industrielle a été fréquenté en hiver par 3 élèves et 9 auditeurs, en été par 4 élèves et 10 auditeurs. Il n'a été acquis que ce qui était nécessaire pour l'usage journalier. La somme pour achats d'instruments de phy-

554 sique s'élève à fr. 5,337. 75, pris en partie sur le crédit spécial.

Ils consistent soit en appareils servant à l'enseignement, soit en instruments pour les recherches scientifiques. Divers petits appareils ont été confectionnés dans l'atelier de physique. Quant aux appareils mathématiques on n'a en suite du manque absolu de place pas même pu faire usage de l'instrument principal. L'espace restreint du local utilisé jusqu'à présent comme observatoire a obligé de répartir en plusieurs sections les auditeurs suivant l'enseignement de l'astronomie.

Toutes les collections sont bien arrangées pour autant que les espaces le permettent et sans exception conservées avec soin. Le Conseil d'Ecole a joint à son rapport annuel un catalogue complet des collections de l'école polytechnique. La 111. exposition suisse de l'industrie'n'a pas été sans fruit quant à l'accroissement des collections de l'école, en ce que la liquidation a procuré divers dons et fourni l'occasion de faire des achats à bon r.ompte. Les négociations avec les Autorités du Canton et de la Ville de Zurich concernant l'usage, prévu par la loi, des anciennes collections ont été continuées dans le courant de l'année à ce point que d'après le rapport du Conseil d'Ecole on peut s'attendre à une issue satisfaisante.

En ce qui concerne l'inventaire de l'école polytechnique, la valeur de toutes les collections s'élève à 171,470 fr. 7i cent., dont les principales sommes figurent pour la collection des machines par 18,369 fr. 54 c., pour le laboratoire chimique par 19,917 fr. 74 c., pour la collection de physique par 26,168 fr. 52 c., pour l'appareil astronomique par 9,949 fr. 18 c., pour les collections d'histoire naturelle par 21,601 fr. 66 c., et pour la bibliothèque par 41,000 fr.

Dans l'inventaire de l'école figurent encore divers instruments pour 1,370 fr. 16 c., ce qai en porte la valeur totale à 172,840 fr. 87 c , ainsi qu'on peut le voir plus en détail par un état annexé au rapport annuel du Conseil d'Ecole.

Le compte de l'établissement accuse pour l'année civile de 1858 une avance de 4546 fr. 69 c. Elle provient de ce que plusieurs chaires prévues au règlement ne sont pas occupées et ne suffirait pas à les rémunérer complètement. Le crédit spécial alloué pour la première organisation n'est employé que successivement; il reste encore 45,944 fr.

En terminant ce chapitre et avant de parler de la position du corps enseignant et des autorités de l'école polytechnique, il nous reste à parler de l'état où en est arrivée l'affaire relative aux constructions nouvelles. Ensuite de la mise au concours il est parvenu au Gouvernement de Zurich plusieurs plans qui ont été exposés publiquement. Le Conseil d'Ecole et le corps enseignant furent aussi invités à donner leur préavis sur les ouvrages du concours. Celui-ci ayant été présenté d'une manière très-détaillée, MM. le professeur

555 Semper et l'inspecteur Wolff furent chargés d'élaborer un nouveau plan. Ce projet ayant réuni tous les suffrages, l'exécution ne rencontrera plus d'obstacles et l'on doit mettre la main à l'oeuvre au printemps.

Le personnel du corps enseignant a subi dans le courant de 1858 les mutations suivantes: M. Beaumont ayant obtenu sa démission, 51. le Dr. Dedekind de Brunswick a élé nommé professeur de mathématiques; ont été nommés en outre: aide au laboratoire pour les analyses chimiques Mr. G. Nadler de Frauenfeld; aide au laboratoire pour la chimie industrielle Mr. le Dr. Schulz de Brunswick.

Ont été admis comme professeurs agrégés: Mr. le Dr. Wild de Zurich pour les sciences physiques et mathématiques ; Mr. le Dr. D urège de Danzig et Mr. le Dr. P. Escher de Stuttgart pour les mathématiques.

La démission a été accordé à M. le professeur Burckhardt, qui est retourné à Baie pour y occuper une chaire à l'université de sou , Canton, el n'a pas été remplacé; de plus à M. le professeur Marcali, pour la paléontologie dont l'enseignement est provisoirement confié à M. le professeur agrégé Mayer.

A la fin de l'année le corps enseignant se composait de 32 professeurs, 8 professeurs adjoints et iO agrèges, ainsi qu'on peut le voir par une annexe du rapport annuel du Conseil d'Ecole. Quelques professeurs ont reçu de modiques gratifications pour des prestations en dehors des conditions de la nomination. Plusieurs professeurs ont dû en outre consacrer dans une mesure imprévue leur temps et leurs peines aux nombreux examens pour diplômes vers la fin de l'année.

En général l'activité du corps enseignant est cependant demeurée dans les limites établies par le règlement.

Les c o n f é r e n c e s des professeurs ont eu. régulièrement lieu et ont pris les dispositions nécessaires en vue du contrôle plus exact de la fréquentation des salles de dessin et des laboratoires. Les conférences de l'école des constructeurs, de l'école de technologie mécanique et et de la division des séances littéraires et d'économie politique ont ouvert des concours pour des travaux qui sont indiqués dans une annexe du rapport du Conseil d'Ecole.

BUI. les profess eurs Landoli et Mousson ont été nommés principaux de l'école d es forestiers et de la division des séances littéraires et politiques , après l'expiration de la première durée des fonctions de tous les principaux des écoles spéciales, tandis que tous les autres principaux, ainsi que le Directeur et le Vire-Directeur, avec

556 ceux des collections, ont été confirmés pour une nouvelle durée de deux ans. L'indemnité du Directeur de l'établissement a été augmentée.

Le Conseil d'Ecole a tenu pendant Tannée S sessions dons lesquelles il a pris 94 décisions. Dans l'intervalle le Président a pris, d'après son protocole, 292 dispositions concernant la marche de l'école. Dans ces sessions le Conseil d'Ecole a discuté ensuite du préavis de son président les principales modifications mentionnées dans le présent rapport. Indépendamment des nominations et des démissions des professeurs, on doit mentionner comme objets principaux de l'activité du Conseil d'Ecole les délibérations sur la révision d'un règlement d'admission, la question de la création d'un cours préparatoire, l'introduction de l'enseignement agronomique, la réorganisation de l'école de chimie, l'établissement d'un règlement sur les subsides, les négociations avec le Canton et la ville de Zurich au sujet de leurs collections et du jardin botanique, la question relative au mobilier du nouvel bâtiment. A Ja faveur des messages circonstanciés présentés sur ces questions, il a élé possible de régler entièrement ou à peu près dans le courant de l'année la plupart des objets ci-dessus énumérés.

Si l'on récapitule toutes les affaires plus haut mentionnées, depuis les rapports de comptabilité et les collections jusques et y compris la question de l'organisation interne de l'Ecole, l'économie de l'établissement dans ses six principales divisions d'enseignement, les besoins particuliers de chacune d'elle et les conditions de l'ensemble, on conçoit combien est opportun, indispensable même l'exercice d'une activité s'étendant à tous les détails, jointe à une vigilance incessants, et de quelle utilité pour l'accomplissement de cette tâche sont dans bien des cas les conseils et les lumières du Directeur, des principaux de toutes les classes, ainsi que des professeurs. A cet effet, le Président du Conseil d'Ecole, outre qu'il visite fréquemment l'école, assiste à toutes les conférences des professeurs des diverses divisions, à leurs conférences générales et aux délibérations sur les examens d'admission, aux censures des élèves, aux distributions de diplômes et aux promotions des classes inférieures dans les supérieures, afin d'être à même de fournir immédiatement les renseignements désirables au Conseil d'Ecole sur toutes les questions qui se présentent et sur l'état de l'école et de pouvoir lui assurer l'application d'un mode de procéder conséquent dans toutes les divisions.

Enfin la chef du Département a voulu s'assurer 'personnellement de l'état, de la marche et des besoins de l'établissement, ce qui n'avait pas eu lieu depuis qu'il existe. Pour compléter nos rapports avec le Conseil d'Ecole, il conviendrait petit-être que ces visites à l'établissement se renouvelassent de temps à autre. Nous avons la conviction que l'on parviendra à assurer à l'Ecole polytechnique un développement, toujours plus prépondérant, soit quant à ses prestations, soit

557 quant à son organisation tout en l'identifiant de plus en plus avec le progrès scientifique et pratique, ainsi qu'avec l'existence de la nation suisse. Nous joignons enfin foi la liste des dons qui ont été faits dans les derniers temps à l'Ecole polytechnique.

LISTE d£s «Sons faits dans le courant de l'année scolaire

1857/1858.

A.

Collections d'histoire naturelle.

Donateurs.

Dons.

Mr. le Dr. A. Escher et le conseiller aux mines Stockar-Escher à Zurich La collection entomologique Escher-Zollikofer, consistant dans 22,280 espèces en 66,300 exemplaires.

Mr. le Dr.VonMoos-Vulpera Minéraux et pétrifications.

Dir. Quiquerez, ingénieur des mines à Delémont . Collection de minerais pisiformes avec plan sur leurs gisements à Delémont et environs.

Mr. Merz, auditeur à l'école polytechnique . 3 morceaux remarquables de cristal-Penin.

Mr. l'ingénieur Arbenz à Andelfingen . . . . Pétrifications du Jura et des environs de Stammheim.

Mr. Peslalozzi à St. Gali 2 cornes et 1 fragment de vertèbre d'un Bos antédiluvien.

MM. Anniguet, Nüscheler, Götzger, Meineke, polit. Minéraux, plantes fossiles de Lindau et pétrifications.

Mr. le chapelaîne Blàsi à Olten Pétrifications d'Olten.

Mr. le professeur Bolley . Minéraux.

Mr. l'ingénieur Biïrgi . . Pétrifications.

Mr. l'ingénieur Biirkli . Echantillons d'ardoise pour toiture d'Angleterre.

Mr. l'inspecteur des forêts Coarz à Coire . . . Dépôts de l'eau minérale du Bernardin.

Mr. Dangel, forestier, à Lucerne Pétrifications de Lucerne.

Feuille fédérale. XI. année. Vol. I.

46

558 Donateurs.

Dons.

Mr. le professeur Daubrée à Paris . . . . . Zoolithes dans des briques romaines des thermes de Plombières.

Mr. le professeur Heer . Charbons résineux de Wctzikon.

Mr. Messikommer à Wetzikon Echantillons de tourbe.

Mr. le Dr. F. Keller à Zurich . .

. .· . . Pétrifications du rocher de la chute du Rhin.

Mr. le conseiller aux mines Stockar-Escher .' . Pétrification et charbon molassique de Bavière et Bregenz.

2Ir. l'architecte Kubly à St. Gali Bois pyritisé du Caire.

Mr. le professeur agrégé Mayer Pétrifications de Killwangen.

Mr. le major Scheller à Schoren Matériaux pour la préparation de la faïence.

Mr. Stolner à Dresde . . Roches intéressantes de Saxe.

Mr. Sturzenegger à Trogen Ammonite du galet calcaire.

Mr. le professeur Théobald à Coire Minéraux et roches des Grisons.

Mr. Daniker, maître trier

B. Collection de physique.

viAppareil galvanique.

C. Collection de marchandises pour la technologie chimique.

MM. Bluntschli et Mà'geli à Zurich . . . . . Echantillons d e moules d e chandelle.

Fabrique de papier Hartmann à Lucerne . . Modèle de toiture en carton.

Mr. Seelig, teinturier, à Zurich Série d'échantillons de laine teinte.

D. Collection de modèles de recale des constructeurs.

Mr. J. Stadler à Zurich . Modèle d'une grande toiture compliquée.

Direction de la ligne NordEst Modèle d'une partie de la gare à Aarau.

E. Modèles de machines.

Mr. Hirzel, mécanicien, à Baie Modèle de pompe.

559 F. Bibliothèque.

Livrée et ouvrages de contenu divers, en partie d'un grand prix, donnés par les personnes et autorités ci-après: 1. Le Conseil fédéral, 2. Le cercle de lecture des sciences forestières à Zurich, 3. ,, ,, ,, ,, pharmaceutique à Zurich, 4. L'institut géologique à Vienne, 5. Dame Muller-Gengenbach à Zofingen, 6. Mr. l'inspecteur en chef des forêts Finsler à Zurich, 7. ,, le colonel Weiss à Zurich, 8. ,, l'ingénieur Ziegler à Winterthour, 9- ,, le baron de Rothkirch,, 10. ,, le laudammann Keller à Arau, 11. Stnithsonian institution, 12. MM. les professeurs Wolff, Landoli, Escher de la Linlh, Kenngott, Gladbach, Zeuner, Wild et Bolley à Zurich, 13. MM. le professeur Vattemar et Doré à Paris, 14. ,, Galopin à Genève et Ladame à Neuchâtel, 15. Mr. Hartmann, polytechnicien, 16. Le corps académique Rhenania, 17. La librairie Höhr et Schulthess, et 18. Divers Gouvernements cantonaux.

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RAPPORT présenté à la haute Assemblée fédérale par le Conseil fédéral suisse sur sa gestion pendant l'année 1858.

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Bundesblatt

Dans

Feuille fédérale

In

Foglio federale

Jahr

1859

Année Anno Band

1

Volume Volume Heft

21

Cahier Numero Geschäftsnummer

---

Numéro d'affaire Numero dell'oggetto Datum

17.05.1859

Date Data Seite

525-559

Page Pagina Ref. No

10 057 948

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