241 Document Nr. S.

DÉPÊCHE du Ministère des Affaires intérieures · # S T #

au

Président; de la province de S. Paulo.

:

'· Monsieur le Président,

Rio, !» 17 Mars 1858.

Monsieur Valdetaro, membre de la Cour d'assises, nommé parle Gouvernement., le 2 Septembre de Tannée dernière, afin d'inspecter les colonies existantes dans la province confiée à votre administration, vient de présenter les deux rapports ci-joints par copie, danslesquels, on établit comme vérifiés quelques actes qui ont tourné au.

dommage des colons, aussi bien que des entrepreneurs.

Considérant que ces actes, outre qu'ils sont injustes, tendent à mettre des difficultés et des embarras à la venue de nouveaux colons, au moment où l'agriculture en a besoin et les sollicite avec instance ; Considérant que le Gouvernement impérial, rempli de sollicitude pour ce besoin d'actualité, fait de grands sacrifices pécuniaires pour provoquer l'émigration étrangère : ,,Il vous est ordonné d'examiner les actes illégitimes et offensifs ,,des droits et des intérêts des deux parties, qui ont eu lieu dans les ,,colonies de votre province, et dont il est fait mention dans les rap-- ,,ports ci-joints, en faisant en sorte, par les moyens qui sont à votre» ,,portée, que ces abus cessent cl ne se reproduisent pas. Dans l'e,,xécution de cet ordre impérial vous devez avoir égard aux faits qui.

,,ont été constatés par le rapporteur et qui violent le contrat et 1% ,,justice, sans vous laisser, toutefois, influencer-dans l'appréciation.

,,des dits faits, par 9e seul jugement du rapporteur."

M. DE OLINDA ,

Leiire 4e Mr. le docteur Heusser.

A Mr. -Joseph Vergueiro, chef dé la maison Vergueiro.

Angelica, le 4 Mars 1857» Après avoir séjourné presque 3 semaines dans vos colonies, Sen ad or Vergueiro et Angelica, je ne puis- m'empêcher de vous com-

muniquer eu peu de mets: mon opinion, et de mis présenter, à vous en qualité as Chef as la maison, mes plus sincères remercîments pour la franchise et pour la bienveillance avec lesquelles vous m'avez accueilli el que je ne puis assez reconnaître, J'ai eupleine et entière liberté d'examiner l'état économique et moral de chacun des colons (non-seulement des Suisses, mais aussi des Allemands) depuis leur arrivée à Santos Jusqu'à ce jour. Tons les livres et tous les documents dont j'avais eu besoin à cet effet, ont été misa ma disposition, sans restriction aucune; enfin, Monsieur, vous ave?, fait tout ce qu'il a été possible pour me mettre à même de me rendre un compte clair de la position tout entière. Cette franchise était déjà une preuve que vous dirigez l'entreprise de colonisation dans VIE noble but, et par la connaissance que j'ai prisé de tous les livres, par l'examen spécial de toutes les affaires, je suis en effet convaincu que la maison Vergueiro ne rabaisse pas l'oeuvre de colonisation aux proportions d'une spéculation d'argent, et qu'elle n'a pas perdu de vue le dessein doublement beau : d'une part, d'appeler dans sa patrie les bras que lui sont si nécessaires; d'autre part, de faire en sorte que de nombreuses familles, qui pourraient à peine suffire à leur existence au milieu de la population surabondante de l'Europe, obtiennent une position exempte de soucis.

Je regrette donc franchement ei vivement que les ennemis de votre maison aient pu se prévaloir de quelques plaintes plus ou moinsjustes des colons placés sous votre direction, plaintes auxquelles, dès mon arrivée, vous avez d'ailleurs promis de faire droit, pour exciter les colons contre votre maison et pour les pousser à faire une réclamation qui élève contre la maison Vergueiro des soupçons qui ne pourront jamais être justifiés. Je ne veux pas m'occuper en détail de chacun des points de cette réclamation ; je me bornerai à exprimer mon dégoût de la manière dont elle est rédigée, attendu que, dans chacun de ces points, elle accuse sans motif aucun la maison Vergueiro et Comp. d'avoir voulu, de propos délibéré, duper les colons.

' II est parfaitement inutile, même de justifier Ja maison Vergueiro dos coquinerics infûmes, dont cette réclamation l'accuse avec une légèreté ipardonnable.

D'après la déclaration de mon ami Diethelm, qui m'accompagne en qualité d'expert pour l'examen des plantations de café, il ne m'est même -pas possible, en opposition à ces plaintes, de rendre ce témoiguage, que les colons suisses se sont fidèlement acquittés de leurs devoirs en ce qui regarde l'entretien des plantations. Les cafés des Suisses se trouvent généralement dans un état très-mauvais, auquel nous étions loin de nous attendre; peu de familles ont soigné le café selon les exigences du pays et de manière è en obtenir le plus grand

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avantage. La plupart y ont mis de ta négligence, et obtinrent ainsi âne récolte très-inférieure, tant à leur préjudice qu'à celui de la maison Vergueiro ; plusieurs n'émondaient pas même leurs caféiers.

ensorte que non-seulement la maison Vergueiro souffre le préjudice d'une récolle inférieure, mais encore les plantations se détériorent et menacent de périr peu à peu faute d'entretien.

Pendant mon séjour dans vos colonies, j'ai eu maintes occasions de me convaincre que, loin de refuser aux colons rien de ce dont ils ont généralement besoin, vous avez tenu à l'honneur de contribuer au bien-être de chacun, et que même pendant l'émeute vous aviez des soins pour chacun, sans faire attention qui était ou non compromis.

Je suis donc convaincu que les colons reconnaîtront leur injustice,, et qu'ils vous rendront bientôt leur confiance d'autrefois.

Je termine en exprimant le désir que votre honorable père jouisse encore des boa.« résultats de son oeuvre.

Agréez, etc.

(Signé)

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Dr. J. Ch. HEUSSER.

NOTE

«le la Légation un Brésil

·

au

Président de la Confédération suisse.

Berne, le 5 Juillet 1858: . Monsieur le Président, Je m'empresse -de transmettre à V. E. plusieurs communication?

que je viens de recevoir de mon Gouvernement par la malle expédiée de Rio de Janeiro le 8 Juin dernier.

Je lui avais donné connaissance de la dépêche du Départemen" fédéral du Commerce et des Péages, concernant l'établissement d'u agent consulaire suisse dans la colonie Leopoldina, et j'avais sollicit des renseignements sur le fait que le Consulat suisse à Rio aurait et forcé de dépenser une certaine somme pour venir en aide à plusieur

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DÉPÊCHE du Ministère des Affaires intérieures au Président de la province de S. Paulo.

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24.07.1858

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