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Rapport de la

Commission du Conseil des Etats sur le projet de loi fédérale concernant les mesures à prendre contre l'invasion et la propagation du phylloxéra.

(Du 3 février 1878.)

Monsieur.le Président et Messieurs, Des nombreux moyens et procédés proposés jusqu'ici contre le phylloxéra, un seul parait avoir donné des résultats certains : il consiste à inonder les vignes en automne et pendant 30 à 40 jours sans interruption (système Faucon). Mais ce procédé exige des travaux de canalisation considérables (projet de canal de M. l'ingénieur Dûment) et ne peut être employé que sur line minime partie des vignobles d'Europe. C'est pourquoi il n'a pas empoché la propagation du phylloxéra. Il est du reste reconnu que, parmi les autres remèdes proposés, il n'en est aucun qui arrête la maladie sans détruire en même temps les vignes.

M. le professeur Dr H. -Frei, de Zurich, dans son rapport au rapporteur soussigné, s'exprime comme suit : « Je suis loin de croire à l'efficacité des toxiques employés « jusqu'ici, comme le sulfocarbonate de potasse. Je suis, sur ce « point, complètement de l'avis de M. Lichtenstein, auquel je donne, « avec M. Planchon, la première place parmi tous les membres du « Congrès. »

192

Procès-verbal du Congrès : Question 27 : Quels sont les procédés de désinfection ou de destruction les meilleurs, soit les plus prompts, contre l'insecte et contre les oeufs de celui-ci au dehors du sol ?

Réponse : Pour les plantes et parties de plantes dont on tient à conserver la vie, il y a- encore des expériences à faire.

Le procédé que l'on emploie dès lors presque exclusivement contre le phylloxéra consiste à détruire les plantations infectées ou suspectes et à désinfecter le sol. Mais ces mesures ne peuvent produire d'utiles résultats que si le phylloxéra vastatrix se trouve sur les racines et seulement là.

Mais il paraît peu probable que le phylloxéra vastatrix ne puisse se rencontrer et se développer que sur la vigne. L'expérience n'a pas encore démontré avec certitude, qu'à défaut de vigne, le phylloxéra vastatrix ne puisse pas se transporter sur d'autres plantes (l'expérience faite à Kloster-Neuburg en 1873/74 par le directeur de Babo, ne constitue pas non plus une preuve à cet égard) ; plusieurs entomologistes ont trouvé sur le maïs, sur des arbres fruitiers et sur d'autres plantes, des espèces de phylloxéras qu'ils déclarent identiques au phylloxéra vastatrix ; enfin il existe, sur d'autres plantes que la vigne, des espèces se rapprochant beaucoup du phylloxéra vastatrix ( Phylloxéra Balbiani, Phylloxéra Eileji, Phylloxéra quercus).

Procès-verbal du Congrès : Le congrès pbylloxérique répond négativement à la question 24 : « Le phylloxéra de la vigne peut-il se développer sous ses quatre formes sur d'autres plantes, ou pourrait-il seulement vivre temporairement sur les racines de celles-ci ut être transporté avec ces dernières ? » et il supprime la question 77b : « S'il est prouvé que le p"hylloxera vastatrix peut se développer sous toutes ses formes, sur certains arbres (fruitiers entre autres) ou sur certaines plantes (le maïs en particulier), ne faudrait-il pas encore visiter les racines desdits arbres, traiter ceux qui seraient attaqués et défendre, pour quelques années au moins, les cultures dangereuses ? » Une autre circonstance de nature à faire douter des résultats du procédé dont nous parlons, même si le phylloxéra ne peut vivre que sur la vigne, c'est la vitalité extrême de cet insecte combinée avec sa prodigieuse fécondité. M. le chevalier de Hamm a fait.sur le premier point la communication suivante au congrès phylloxérique : « M. le professeur ßoessler a trouvé des phylloxéras vivants sur un morceau de racine qui avait séjourné trois ans dans un

193

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tube de verre ; on en a trouvé également sur des débris de racinés plongeant à 2 mètres de profondeur dans un sol drainé et désinfecté. On a observé à la station oenologique de Kloster-Neubürg, des insectes ailés vivants et alertes après un laps de trente mois. »

C'est là le motif pour lequel M. le. professeur Dr H. Frei, de Zurich, dans son rapport au soussigné, résout négativement la question de savoir si l'homme peut, d'après les expériences faites jusqu'ici, détruire le phylloxéra répandu sur d'assez grandes étendues.

Le motif pour lequel les remèdes employés contre le phylloxéra n'ont pas produit jusqu'ici l'effet qu'on en attendait, doit être recherché essentiellement dans la circonstance, qu'en cherchant le remède, on a pris seulement en considération l'état d'une vigne dont les racines sont atteintes par un puceron; on n'a pas recherché les causes de cet état, les circonstances qui l'ont favorisé ; on a môme nié l'existence de ces causes.

Congrès phylloxérique. Question 4 : Est-ce à un épuisement des vignobles que l'on doit attribuer le développement anormal du phylloxéra ?

M. Planchon ne croit pas que l'épuisement de la vigne dans un pays provienne de l'ancienneté de la culture, mais qu'il doit ótre attribué à une cause fortuite; il conclut, avec M. le professeur Targioni et l'assemblée unanime, en répondant à la question : « Non ».

Question 5 : Les vignes faibles sont-elles plus vite atteintes que les vignes fortes ?

A l'unanimité l'assemblée répond : « Non ».

Question 6 : L'action d'autres maladies de la vigne peut-elle attirer le parasite ou favoriser le développement de l'insecte ?

Réponse: « N o n » , sans discussion.

Question 7 : Les ravages occasionnés par la maladie en question sont-ils uniquement dus à la présence et à l'action du phylloxéra sur les racines de la vigne ?

Réponse: « O u i » , sans discussion.

Cela est d'autant plus extraordinaire que, dès l'origine, il y a.

eu des faits de, nature à démontrer l'existence de ces causes. Parmi ces faits, mentionnons : la résistance qu'offrent au phylloxéra les plants américains, l'observation faite que la vigne européenne ne souffre pas du phylloxéra dans les terrains riches en substances minérales.

194

II est intéressant de consulter à cet égard les observations faites par M. F. Demole et M. le professeur Schnetzler dans le « rapport de la délégation suisse au congrès viticole de Montpellier (du 10 .novembre 1874)». Il en résulte clairement que la force de résistance des plants américains doit être attribuée à ce qu'ils se rapprochent de l'état naturel et de la plante sauvage. Comme plante se rapprochant de l'état sauvage, la vigne américaine se distingue de la vigne européenne en ce qu'elle produit moins ; ses produits sont aussi de moins bonne qualité (une espèce de Labrusca, la Catauba, qui produit le meilleur des raisins d'Amérique, souffre du phylloxéra) ; elle se caractérise en outre par le grand développement de ses rameaux et de ses feuilles et par la difficulté qu'on rencontre à la planter par marcottes (Northvingia, Herbemont et Guningham, de l'espèce aestivalis, ne peuvent être plantées que par provins ou au moyen de graines et pas par marcottes). La culture de la vigne européenne, au contraire, a eu pour seul but de lui faire produire en quantité et en qualité ; on n'a point eu égard aux autres particularités de la plante ; de là vient qu'elle est fort éloignée de la vigne sauvage et que sa force de résistance au parasite a diminué.

Une cause principale de cette diminution de résistance doit être peut-ôtre recherchée dans le mode de culture par marcottes et par provignement, c'est-à-dire dans les signes qui caractérisent précisément la vigne européenne. M. le Dr H. Frei, de Zurich, dit à cet égard dans son rapport au soussigné : « J'admets parfaitement que notre vigne européenne, cultivée depuis des siècles, a perdu de sa force et une partie de sa résistance. » L'extension de la maladie de l'oïdium doit être attribuée à cet affaiblissement de la vigue résultant de la culture, et la même observation peut être faite sur d'autres plantes. La pomme de terre, par exemple, que l'on cultive dans le but d'obtenir une aussi grande quantité que possible de tubercules farineux, la pomme de terre, disons-nous, a été atteinte de 1830 à 1840 par un parasite (Peronospora infestons), qui a détruit la récolte de contrées entières. On a pu remarquer à cette époque que les espèces les plus modifiées par la culture étaient aussi plus facilement atteintes par la maladie, tandis que les espèces se rapprochant le plus du tubercule sauvage résistaient davantage au mal.

En réalité, c'est en se bornant a planter et à cultiver des espèces résistantes et en employant pour semence des tubercules entiers et non de simples yeux, qu'on est arrivé à restreindre la maladie sans toutefois détruire le parasite.

Une autre cause de nature à enlever à la vigne sa force de résistance contre le parasite doit être recherchée dans l'épuisement

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du sol résultant de la culture. Cet épuisement du sol est plus considérable pour la vigne que pour toute autre plante, parce qu'il n'y y a pas changement de culture ; le même terrain est toujours employé -pour la même culture. Les effets da cet épuisement, en ce qui concerne l'extension du phylloxéra vastatrix, ont été constatés d'une manière directe par de nombreuses expériences. Le rapport de la délégation suisse au congrès viticole de Montpellier, du 10 novembre 1874, contient à cet égard les renseignements suivants : « II est avéré, en second lieu, que les vignes établies dans un sol éminemment siliceux-sablonneux sont indemnes de la contagion phylloxérique. Nous avons visité dans des ensablements maritimes, près de Frontignan, des vignobles implantés de Carignan et d'Aramon, présentant les caractères de la santé la plus resplendissante ; la récolte avait été très-abondante et les bois étaient de toute vigueur. Cette prospérité tenait d'une part au caractère étouffant du sable*), qui éloigne le phylloxéra, d'autre part à la quantité énorme de phosphate de chaux et d'éléments azotés dont ce sable était saturé. A quelques cents mètres de là et du moment où la nature du sol changeait à raison d'un peu plus d'altitude, le phylloxéra exerçait ses ravages.

« Disons de suite que la méthode des insecticides seuls perd chaque jour du terrain. Aucun des insecticides proposés n'a obtenu de succès réel. Ce résultat négatif fait progresser l'idée que le phylloxéra n'est que l'effet et non la cause, car, dit-on, il est prouvé maintenant qu'une vigne fortifiée et réconfortée par certains engrais résiste au phylloxéra; donc le phylloxéra ne peut rien sur une vigne parfaitement saine et n'a de prise que sur des vignes affaiblies par une trop longue production ou implantées sur un sol épuisé. Nous laissons à l'expérience le soin de donner tort ou raison à cette question de la cause ou de l'effet, question aussi ardue que celle de l'origine de l'ennemi même « Les conclusions de la Commission furent que : « Sans faire disparaître le phylloxéra, les fumiers et les engrais, surtout ceux qui sont riches en potasse et en matières azotées, ont produit quelques bons effets sur les vignes malades, en activant la végétation et permettant à la fructification encere peu abondante de s'accomplir.

« En 1874, les expériences
n'ont été continuées que sur les 35 carrés où l'on avait constaté une amélioration.

*) Ce caractère du terrain ne peut cependant avoir une influence bien considérable, en raison de l'extraordinaire vitalité du phylloxéra.

196 « Trois carrés sont revenus définitivement à un état très-florissant, et plusieurs autres s'en rapprochent assez pour qu'il soit permis d'espérer qu'ils reprendront ultérieurement leur vigueur primitive.

« Cependant le phylloxéra n'a disparu nulle part.

« La vigne peut donc vivre et reprendre sa vigueur malgré les attaques du phylloxéra, quand elle est sous l'influence d'un traitement approprié. » Dans sa « Notice sur le Brisé de Sion employé comme matière fertilisante dans la culture de la vigne », M. L. Michaud, chimiste au laboratoire académique de Genève, fait observer que certaines vignes des environs de Sion n'ont jamais souffert de parasites et que ces vignes sont celles dont le terrain est riche en parties minérales et se trouve sans cesse renouvelé par les .débris des rochers qui le surplombent.

D'autres vignes dans les environs, qui ne se trouvaient pas dans les mêmes circonstances, ont été ruinées par l'oïdium.

« Des nombreux renseignements, dit M. Michaud, que j'ai pris auprès des propriétaires de vignes des environs de Sion, il résulte que les ceps plantés sur le sol du Brisé n'ont jamais été atteints par l'oïdium, tandis qu'il a ravagé profondément, à certaines époques, dans la même contrée, les vignes plantées sur d'autres terrains. » Tout terrain qui n'est pas extrêmement riche en substances minérales doit nécessairement s'appauvrir par suite d'une culture prolongée de la vigne, et cet appauvrissement n'est pas compensé par les engrais que l'on emploie ordinairement. La quantité des substances minérales enlevées a été calculée de la manière suivante par M. L. Ladrey (Chimie appliquée à la viticulture et à l'oenologie, par M. L. Ladrey, professeur de chimie à la faculté des sciences.

de Dijon) :

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Quantité dos principales substances minérales enlevées en un an dans une vigne de 17 ares.

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La quantité enlevée se trouve donc être la suivante par hectare : Kilogr.

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1,93 Total 41,46 D'après M. L. Michaud, l'engrais ordinaire, tel qu'on l'emploie pour la culture -de la vigne, contient en moyenne les éléments suivantes: 100 kilogrammes renferment: Eau .

. 79,30 Carbone Oxygène .

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198 Pour rendre au sol la quantité de phosphore 'et de potasse qui lui est enlevée par une récolte, ce qui est absolument nécessaire pour la culture de la vigne dans un. terrain déjà épuisé, il faudrait environ 3500 kilos de fumier par hectare et par an. Mais, comme une pareille quantité d'engrais contient 4 à 5 fois plus d'azote et de carbone qu'il n'en faut, il. en résulte que la composition normale du sol serait modifiée de façon à produire pour la vigne les plus fâcheuses conséquences. Le fumier employé en beaucoup moins grande quantité produit déjà un excédant d'azote par rapport à la quantité de potasse et de phosphore, ce qui amène chez la vigne une végétation luxuriante, mais maladive. Ce sont des vignes, en apparence pleines de santé, qui offrent précisément le moins de résistance au parasite, et ce sont elles qui ont fait naître l'idée erronée que les vignes les plus saines et les plus fortes sont celles qui sont les premières atteintes par le phylloxéra. (Voir question 5 du congrès phylloxérique.)

Les expériences et les observations qui ont été faites permettent donc de conclure avec certitude qu'il est impossible dé détruire le phylloxéra. Or, cette conclusion, on aurait pu la tirer, même sans expériences directes, par la seule analogie des observations faites avec beaucoup d'antres parasites. C'est ainsi que l'homme s'efforce de combattre ses propres parasites, sitôt qu'il les connaît, mais il n'est pas arrivé jusqu'ici à les supprimer. Homère connaissait les poux et Aristophane" parle des punaises. Ainsi, une guerre qui dure depuis des siècles n'a pas réussi à extirper une race de parasites qui, par son genre de vie, est beaucoup plus exposée que le phylloxéra aux atteintes de l'homme..

Un autre but de ce qui a été dit ci-dessus, a été de montrer que la vigne, cultivée d'une manière rationnelle, peut continuer à prospérer et à produire d'abondantes récoltes, même avec le phylloxéra. Il nous reste à examiner quelles sont les mesures les plus propres pour arriver à ce résultat.

Lorsque le manque de résistance de la vigne provient de l'épuisement du sol par suite d'une culture prolongée pendant de longues années, il y a lieu d'employer comme premier 'remède des engrais ; mais ce remède doit être utilisé d'une manière rationnelle.

S'il est possible de se procurer, sans trop de peine, des débris naturels de rochers, cet engrais doit être recommandé en première ligne ; cependant, on ne doit pas l'employer sans le soumettre préalablement à une analyse chimique, car souvent les espèces de rochers les plus analogues contiennent une quantité plus ou moins grande d'éléments fertilisants (potasse, phosphore, chaux). M. L. Michaud, chimiste au laboratoire académique de Genève (Notice sur

Tableau des trains ayant circulé pendant le mois de Décembre 1877 sur les chemins de fer suisses et des retards qu'ils ont subis.

Etabli par le Département fédéral des Chemins de fer et du Commerce.

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Total des trains expédiés.

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Retards à l'arrivée à la gare destinataire.

A

«

2,594,946 5,481.163 153,121 695,094 2,978,307 47,080

16.

1 O

de ces trains.

0

16.

14.

Ce qui donne en moyenne

i

Kilomètres.

109,986 217,806 10,850 54,305 115,917 1,860 5,394 106,215 189,862 1,294 13,888 3,596

13.

Nombre foyogeurs nr la llgn

3.

2.

avant les partentvn adminis

i.

lements

:

Annexe au n'" 7, Feuille fédérale.

1,358 5,887 517 1,358 6,440

32,036 148,140

25,3 27.s

7,291

22,, 17,377 28 165,462 27,8 30,8 - ' 5,394 57,112 25,, 1,193 25,468 22,, 2,042 44,985 26,6 1,294 12,064 15,8 26 1,199 13,126 7

2,356 23,214 1,581 10,143

--

15 18

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15,9 17..

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4 ) y compris Jougne-Eclépena , Simplon, BulleRomont et les lignes de la Broyé.

220

12.712 6,346 2,654

65

882

942,342 6,331,474

783,370 8,360,588

41

963 11,238

342

J\JJ» La plupart des coïncidences munquées et les retards correspondants sur les chemins de fer de l'union Suisse et da NordE9*» et partiellement aussi sur les lianes de la Suisse Occidentale et d * J-a-Berne-Lacerne, ont été ocasionnes par les fortes chûtes de nei e des 27 29 décembre « / -

i

199

le Brisé de Sion employé comme matière fertilisante dans la culture de la vigne; Genève, 12 juillet 1870), a démontré que les schistes talqueux et alumineux des environs de Sion contiennent un excellent engrais.

Lors de la construction du chemin de fer par la vallée de la Toss, M. le D1' A. Rössel, professeur de chimie à l'école technique de Winterthour, a recherché la composition chimique de certaines espèces de marnes, et il a trouvé que plusieurs d'entre elles contenaient un excellent engrais. Il est intéressant de constater qu'un certain nombre de vignerons des environs de Winterthour se servent de ces marnes comme engrais depuis qu'ils en ont constaté par hasard la nature fertilisante. Dans le Eheingau, on a employé de tout temps, comme engrais, avec succès, les schistes des montagnes environnantes.

En présence des expériences faites par Liebig, Persoz, Ladrey et autres, expériences qui ont prouvé clairement qu'une culture prolongée de la vigne appauvrit le sol et lui enlève ses substances minérales, et que cet appauvrissement, n'est pas suffisamment compensé par les engrais employés ordinairement ; il est pour le moins étonnant que l'emploi d'engrais minéraux et chimiques -- le seul moyen de maintenir une végétation normale de la vigne -- n'ait pas pris une extension beaucoup plus grande.

Des substances minérales, comme celles qui ont été analysées par MM. Michaud et Rössel, doivent évidemment se rencontrer dans beaucoup d'autres contrées de la Suisse ; et. là où il ne s'en trouve pas et où les frais de transport sont trop considérables, les engrais chimiques peuvent utilement les remplacer. Le seul inconvénient de ces derniers, c'est que l'acheteur n'est jamais certain que l'engrais qu'il achète contienne effectivement' la quantité de phosphore, de potasse, etc., qui lui est indiquée par le vendeur.

Une certaine quantité de substances minérales est aussi enlevée au sol par les produits accessoires clé la vigne (marc, bois, sarments, feuilles). Or, l'utilité que rendent ces produits accessoires, comme bois à brûler ou comme nourriture pour le bétail, n'est point en rapport avec les frais qu'il faut faire pour rendre au sol, au moyen d'engrais, les substances minérales qui lui ont été enlevées par ces produits. Il est donc rationnel de rendre au sol ces produits, comme constituant l'engrais le plus naturel.

Un autre remède, dont les effets seraient sans doute non moins bienfaisants, consisterait à modifier la culture. Afin d'arriver à développer le fruit autant que possible, on a l'habitude, en Suisse, d'enlever à la vigne la plus grande partie de ses feuilles et de ses sarments : on ne lui laisse que ce qui est absolument nécessaire.

200

II est évident que, si l'on pousse cette opération trop loin, il en résulte une perturbation de la végétation, et c'est ce que l'on peut constater tous les ans -- au moins dans la Suisse orientale. Un traitement semblable enlève au cep une bonne partie de sa force de résistance aux influences extérieures, c'est incontestable. Il est bien probable qu'un plus grand développement de végétation en feuilles se fait au détriment de la quantité et de la qualité de la recolle, mais cette perte doit être diminuée par le moyen des engrais et, en tout cas, elle est bien minime à cflté des énormes frais qu'entrainent les autres remèdes anti-phylloxériques.

On doit considérer comme mauvaise aussi la méthode la plus généralement répandue chez nous de planter la vigne (il n'est pas étranger au rapporteur que d'autres méthodes que celle dont nous allons parler sont aussi employées dans la Suisse occidentale).

Lorsque les ceps, par suite d'une culture prolongée, ont atteint une certaine longueur qui ne leur permet plus de pousser des bourgeons, on les plie et on les couche en terre jusqu'à la naissance des bourgeons de l'année précédente. C'est ce qu'on appelle pro·vigner.

Cette opération a pour effet d'entourer chaque cep d'une quantité de souches ou de racines souterraines dont Ja plupart se décomposent et qui ne peuvent que nuire à la végétation tout en outrant aux parasites une excellente manière de se propager. Le rapporteur a pu se convaincre, par des expériences personnelles, que les ceps provenant de marcottes sont beaucoup plus forts et d'une végétation plus riche que ceux qui proviennent de provignement.

Il est vrai que les premiers ne commencent à produire qu'au bout de quatre ou cinq ans; mais comme, jusqu'à cet âge, tout terrain, quelle que soit sa situation, peut être utilisé pour leur culture et que d'un autre côté les vignes provignées ne produisent qu'une minime récolte pendant un ou deux ans, on peut dire que l'introduction de la culture par marcottes n'aurait pas pour effet de diminuer le produit des vignes.

Si l'on examine le projet de loi sur le phylloxéra, en tenant compte des observations qui précodent, on arrive aux conclusions suivantes : Le plan d'opérations, tel qu'il est contenu dans le projet, repose sur la supposition qu'il est possible non seulement d'empêcher l'invasion et la propagation du phylloxéra, mais môme d'en extirper l'espèce. C'est à ce but que tendent les dispositions du projet; mais ce but est une illusion: môme les plus grands sacrifices ne permettront pas de l'atteindre. On pourra retarder

201

l'extension de la maladie, on pourra la circonscrire, mais pas l'éteindre, et quant les moyens dont on dispose actuellement pour détruire les vignes, comme le projet le veut, seront eux-mêmes épuisés, l'extension de la maladie n'aura plus de limites, et l'on manquera de remèdes pour combattre le mal et chercher à préserver les vignes.

Au lieu de chercher à extirper le phylloxéra, ce qui est impossible, on ferait mieux de chercher à vivre avec lui ; que l'on s'occupe à trouver des remèdes contre la maladie plutôt que de se livrer à cette erreur funeste qu'il est possible de supprimer le mal.

Personne ne soutiendra sérieusement qu'il soit possible à l'homme d'anéantir entièrement une espèce d'insecte microscopique', qui vit sous terre, qui jouit d'une vitalité et d'une fécondité extraordinaires, et dont la diffusion est d'autant plus facile qu'à des époques déterminées il se transforme en ailé. Si l'on admet cette impossibilité, on condamne par là les mesures de destruction prévues par la loi. Ces mesures, du reste, si on les appliquait d'une manière conséquente (ce qui heureusement n'est pas possible : voir" art. 17 de la loi), entraîneraient la destruction de tous les vignobles, ou, si ce n'était pas le cas, on prouverait par là même que ces travaux de destruction, avec les frais énormes qu'ils entraînent, sont parfaitement inutiles ; eh effet, la destruction de quelques points infectés n'est pas de nature à diminuer dans une sensible mesure le nombre des individus vivants, ni à empêcher la propagation de l'espèce entière.

Que l'on prenne donc garde de décréter d'énormes dépenses dans un but impossible à atteindre et de doubler ainsi les sacrifices que le fléau entraînera peut-être par lui seul. Si cependant les auteurs de la loi croient à la possibilité d'éloigner le parasite, c'està-dire de l'extirper de certains endroits, il est bon de leur rappeler qu'une extirpation locale ne diffère d'une extirpation universelle que par la quantité, et que dans des cercles plus étendus une majorité proportionnelle doit être en état de résoudre le même problême sans sacrifices plus considérables (relativement parlant). Celui donc qui croit à cette possibilité doit nécessairement proposer en même temps les mêmes mesures dans toutes les contrées infectées ; l'opération et le but auquel elle tend se trouvent ainsi réalisés définitivement en une seule fois; mais des mesures locales ne peuvent produire que des résultats passagers et doivent être renouvelées à intervalles plus ou moins grands. Une lutte poursuivie pendant de longues années contre le parasite n'aura pas pour effet de réduire le nombre des individus plus que dans les contrées où aucune mesure n'est prise dans ce but ; seule, l'économie de la nature peut produire ce résultat (voir les leçons de Schleiden).

202

Un grand froid à l'époque où l'insecte prend des ailes, un hiver rigoureux qui tue les larves, voilà les phénomènes naturels qui font ce que l'homme ne peut faire; ils ont délivré du fléau des contrées entières, et pour longtemps. Un été pluvieux, surtout dans les vignes dont le sol retient davantage l'humidité, empêchera peutêtre aussi la propagation du phylloxéra, et des rapports directs de la fin de l'été 1877 semblent dire.que cette observation a été faite en Languedoc.

L'affirmation du congrès phylloxérique, que les ceps affaiblis ne sont pas plus exposés à la maladie que les ceps parfaitement sains et forts, est en contradiction avec toutes les expériences faites jusqu'ici sur l'action des parasites sur les corps qu'ils habitent et avec le rôle môme des parasites dans l'économie de la nature, rôle qui consiste à amener la destruction des individus dégénérés et des races inférieures et incapables de se développer.

Or, les vignes d'Europe sont pour la plus grande partie affaiblies, c'est là un fait dont les causes ont été indiquées plus haut et qui frappe tout observateur attentif. A la fin de mai et en juin, et sur de grandes étendues, les feuilles de vigne, au lieu d'être vertes (chlorophylle,), présentent une couleur jaune maladive, et à peine cette couleur est-elle devenue la couleur normale par suite des chaleurs de l'été, que la feuille devient rouge-brun ou rougesang, ce qui indique quelque chose d'anormal dans la végétation.

Ces plantes affaiblies sont bien vite atteintes par l'ennemi, tandis que dans l'état normal elles auraient été capables de lui résister.

La manière normale de combattre la phylloxéra doit donc consister à rétablir une végétation normale chez la plante attaquée, et à lui fournir les substances qui lui sont nécessaires pour être en santé et pour résister aux atteintes de la maladie. Ce n'est pas par des mesures de police qu'on atteindra ce but; mais on pourrait, au moyen de primes, provoquer des recherches et récompenser les services rendus dans le sens dont nous parlons.

Nous croyons donc pouvoir recommander les mesures suivantes : 1. Création d'une station centrale (un ou plusieurs experts) destinée à réunir toutes les observations et les expériences sur le mal et les meilleurs moyens de le combattre. Les résultats suffisamment certains seraient publiés.

2. Offre de primes : n. pour la découverte d'engrais naturels ou d'engrais fabriqués, particulièrement recommandables ;

203

l. pour les essais de plantation de vignes étendues au moyen de graines ou de cépages provenant d'Amérique ; c. pour les essais de plantation de vignes étendues au moyen de graines d'espèces indigènes ; d. pour les essais d'introduction et de culture de la vigne d'Asie ; e. pour les essais de plantation de vignes avec de plus grands espacements et avec des plants qui portent un plus grand nombre de bourgeons, la taille devant avoir lieu en automne et non au printemps ; f. pour les essais de plantation d'espèces américaines provenant de graines ou de cépages, et leur greffage avec des espèces européennes ; g. pour la découverte de remèdes ou de procédés qui tuent le phylloxéra sans nuire à la vigne.

3. Création d'une station de contrôle qui aurait à analyser les engrais naturels ou artificiels produits en Suisse ou importés par le commerce, et à publier le résultat de ses recherches.

La manière de résoudre le problème du phylloxéra, telle qu'elle est exposée dans les rapports de la Commission dn Conseil national, ne diffère pas essentiellement de la nôtre, mais les conclusions telles qu'elles sont formulées dans le projet de loi ne sont pas toujours conformes au prémisses. 'S'il est certain, comme le dit un des rapports du Conseil national, qu'un train de chemin de fer venant de France en Suisse, un corps quelconque vivant ou mort qui traverse un essaim de phylloxéras ailés peut servir de véhicule à l'insecte, on doit reconnaître que la destruction successive des places atteintes par l'infection, comme cela a eu lieu à Colombier et dans d'autres endroits, ressemble fort à un travail des Danaïdes, et que les sacrifices qu'elle exige épuiseraient bien vite les forces de la Confédération et des Cantons.

C'est sans doute cette considération qui a dicté l'art. 17 de la loi, qui prévoit l'abandon des opérations de destruction pour le cas d'éventualités qui ne manqueront pas de se produire. Mais il est contraire au but de la loi, et il n'est pas de la dignité d'un corps législatif, d'ordonner des mesures qu'on devra suspendre lorsque le besoin s'en fera le plus sentir et en cas d'éventualités qui se présenteront certainement.

Quant aux modifications que votre Commission vous propose d'introduire au projet, en se fondant sur les considérations ci-dessus, elles sont en particulier les suivantes :

204

.

Art. 7\ II résulte de ce que nous avons dit plus haut que les opérations de destruction des vignes reposent sur une supposition erronée et ne peuvent produire que des résultats insuffisants en regard des frais énormes qu'elles entraînent ;. votre Commission vous propose donc d'en restreindre l'application à des cas très-rares.

Dans le même article, nous recommandons aussi de supprimer la défense de toute culture pendant trois ans sur l'emplacement de la vigne. Si, comme le prétend le congrès phylloxérique, le phylloxéra n'est pas en état de passer sur les racines d'autres plantes et d'y vivre, la mesure coûteuse nous parlons est inutile ; et, si c'est le contraire qui est vrai, les bases mêmes de la loi sont atteintes.

Art. 9, 16, 17 alinéa 2. On ne doit pas forcer les Cantons à mettre à exécution les mesures recommandées par les experts conformément à la loi. En présence de la forte participation de la Confédération, telle qu'elle est prévue dans la loi, il n'y a pas à craindre que les Cantons viticoles se refusent à prendre les mesures qui leur sont indiquées. Mais une contrainte exercée directement sur eux pourrait provoquer de l'opposition et mettre en question le sort même de la loi.

Art. 14. Jl n'est pas équitable, en principe, que les propriétaires fonciers n'aient aucun frais à supporter, et l'on ne s'est pas conformé à l'usage en faisant supporter à la Confédération plus d'un tiers (la moitié) des frais de traitement. Les Cantons doivent pouvoir faire supporter aux propriétaires des vignes traitées une partie des frais du traitement, et, dans les communes viticoles, la commune doit répondre pour les propriétaires.

Nous proposons donc de fixer la participation de la Confédération à un tiers au plus et de faire supporter le reste (2 tiers) aux Cantons : ceux-ci auraient la faculté de s'en tenir pour un tiers à la commune ou aux propriétaires fonciers.

Le projet du Conseil national du 22 décembre 1877, comme celui du Conseil fédéral, se borne à prévoir des mesures contre l'invasion et la propagation du phylloxéra. Le projet ne parle donc pas des mesures à prendre pour fortifier la vigne et pour lui donner la force de résister au parasite. Nous avons exposé les motifs qui nous font voir dans les dernières mesures le moyen de donner au problème du phylloxéra sa meilleure solution. Ce n'est plus le moment actuellement de modifier l'économie même du projet, c'est pourquoi nous nous bornons à présenter quelques modifications et à vous proposer l'adoption de deux nouveaux articles (17bis et 17ter), qui ont pour but de provoquer une réforme dans le mode de culture de la vigne en vue de combattre le mal.

205 (Voir les propositions de la Commission du Conseil des Etats eu regard des décisions du Conseil national.)

Berne, le 4 février 1878.

Au nom de la Commission du Conseil des Etats :

Sulzer.

Membres de la Commission : MM. Sulzer, Estoppey, Reali.

Pour traduction conforme : D' COURV01SIER.

Feuille fédérale suisse. Année XXX.

Vol. I.

15

206

# S T #

Message du

Conseil fédéral à la haute Assemblée fédérale concernant la taxe d'exemption du service militaire.

(Du 4 février 1878.)

Monsieur le Président et Messieurs, Dans notre message du 6 novembre 1877, relatif au budget pour 1878, nous avons parlé des difficultés possibles que rencontrerait la rentrée de la taxe d'exemption du service militaire, et nous avons, en vue do ce cas, annoncé un projet spécial. Nous avons l'honneur de présenter aux hauts Conseils législatifs de la Confédération un rapport sur les faits.

La première opposition formelle présentée contre le versement de la taxe d'exemption du service militaire a été faite par le Canton de Neuchâtel, qui, par lettre de son Conseil d'Etat du 28 août 1877, se référant au fait que l'obligation imposée à la Confédération par l'art. 18 de la Constitution fédérale, d'édicter des prescriptions uniformes sur cette taxe, n'avait pas été remplie, refusait de verser la moitié de la taxe perçue par lui pour 1876, soit fr. 55,852. 25.

Vis-à-vis des refus réitérés de Neuchâtel, le Conseil fédéral, s'appuyant sur la prescription parfaitement claire de l'art. 42, lettre e, de la Constitution fédérale, qui attribue à la Confédération la moitié de la taxe militaire perçue par les Cantons, et sur l'art. 102, chiffres 2, 12 et 14 de ladite Constitution, qui astreignent le Conseil fédéral à mettre à exécution cette prescription vis-à-vis du Canton

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Rapport de la Commission du Conseil des Etats sur le projet de loi fédérale concernant les mesures à prendre contre l'invasion et la propagation du phylloxera. (Du 3 février 1878.)

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Bundesblatt

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Feuille fédérale

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1878

Année Anno Band

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08

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Numéro d'affaire Numero dell'oggetto Datum

16.02.1878

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191-206

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